skip to content
Date
16 août 2016
Tags
Rio 2016 , Actu CIO , Natation synchronisée

Les nageuses de synchro font les yeux doux aux juges

Les plus douillets, ceux qui n’osent même pas jeter le moindre coup d’œil sous l’eau, sont subjugués par les spécialistes de natation synchronisée olympique qui effectuent des figures renversantes et s’élèvent hors de l’eau, leurs yeux maquillés écarquillés fixant droit les juges.

À l’entraînement, les nageuses de synchro mettent des lunettes, mais ces dernières sont interdites en compétition où les athlètes brillent dans des tenues scintillantes, effectuant des mouvements de ballet sous l’eau dans une communion apparemment instinctive avec leurs partenaires.

Getty Images

« La dimension artistique est la façon dont nous interprétons l’émotion véhiculée par la musique, et les yeux constituent un vecteur très puissant », explique la Britannique Olivia Federici, qui concourt en duo avec sa partenaire Katie Clark. « C’est délibérément que nous fixons les juges afin de les accrocher », ajoute-t-elle.

Plus les compétitions approchent, et plus les spécialistes de synchro abandonnent peu à peu leurs lunettes, en espérant que la mémoire des muscles et l’adaptation progressive au chlore compenseront leur vision floue. Certes, cela peut s’avérer compliqué pour les nageuses qui ont une mauvaise vue, comme la Canadienne Jacqueline Simoneau, 19 ans, qui est myope et qui a cependant une astuce pour mettre ses lentilles de contact avant la compétition.

Getty Images

« Je les remplis d’eau, puis je les mets en place et je cligne un peu des yeux », dit la Canadienne qui fait équipe avec Karine Thomas. « Je ne sais pas pourquoi, mais ça marche », dit-elle en riant.

L’interdiction des lunettes est symbolique de la rigueur de la natation synchronisée. Les athlètes s’entraînent jusqu’à 10 heures par jour pour répéter des enchaînements qui combinent des mouvements de natation comme la nage sur le dos avec des phases chorégraphiées qui comprennent des portés et des saltos arrière - le tout sans jamais toucher le fond de la piscine.

La Russie, que ce soit en duo ou par équipes, est considérée depuis des années comme le fer de lance de la discipline. Pour Natalia Ishchenko et Svetlana Romashina, médaillées d’or à Rio, nager sans lunettes est une seconde nature. « C’est normal et cela ne pose aucun problème », dit Svetlana Romashina.

Certaines nageuses estiment cependant que l’interdiction devrait être levée. « Cela ne me gênerait pas si on pouvait le faire [en porter] », acquiesce la Britannique Katie Clark.

Getty Images

Bien entendu, les nageuses continuent d’évoluer avec leur pince-nez et tout le monde reconnaît que c’est un luxe irremplaçable ! « Si nous n’en avions pas, nous serions toutes au fond de l’eau », glisse malicieusement la Grecque Evangelia Papazoglou.

back to top En