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Date
20 août 2008
Tags
Beijing 2008

Les mains diligentes du CIO mènent Nikpai à la médaille de bronze

Rohullah Nikpai

 

Parfois la gloire olympique n’est pas qu’une histoire de prouesses sportives au plus haut niveau mais aussi de chemin à parcourir pour l’atteindre.

Ce n’est pas nécessairement non plus celle d’un champion car l’Afghan Rohullah Nikpai ne décrocha pas l’or aux Jeux à Beijing, il n’en conquit pas moins les cœurs de ses compatriotes et une place unique dans l’histoire nationale.

Quand Nikpai battit le champion du monde espagnol Juan Antonio Ramos en match de médaille de bronze, ce fut au terme d’un chemin semé d’innombrables embûches.

Il avait passé la majeure partie de sa vie dans un de ces camps de réfugiés où atterrissent les familles déplacées par la guerre qui s’éternise dans son pays, sans doute le pire des sites d’entraînement qui soit pour le taekwondo. C’est là, cependant, qu’à 10 ans, Nikpai apprit les rudiments de l’art martial coréen qui devait un jour le conduire au podium olympique.

Il revint à Kaboul en 2004 et, grâce à un équipement financé par l’État et à l’appui du programme de financement et d’entraînement de la Solidarité Olympique du Comité International Olympique, développa une carrière d’ordre international.

Ainsi aux Jeux asiatiques en 2006 à Doha, il se classa parmi les 16 derniers en lice et ce n’est pas sans assurance qu’il se présenta au Gymnase de l’Université de technologie et des sciences de Beijing.

Il dut s’incliner en quarts de finales mais le système de repêchage du taekwondo lui offrit la chance de gagner l’une des deux médailles de bronze. Après s’être imposé de peu, 2-1, sur le Britannique Michael Harvey, au premier repêchage, il réalisa une performance qui lui valut sa place dans les annales olympiques.

Il battit Ramos 4-1 et décrocha la première médaille jamais remportée par l’Afghanistan, ce qui déclencha des scènes de liesse dans ce pays dévasté par la guerre.

Le président Karzaï en personne appela Nikpai pour le féliciter et lui offrit un appartement exclusif à Kaboul, rendant hommage à ce qui peut être accompli en dépit des pires conditions d’entraînement.

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