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Les leçons tirées de Nanjing 2014 aident Farès Ferjani à atteindre ses objectifs

L'escrimeur tunisien Farès Ferjani revient sur son expérience aux Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de Nanjing 2014 et révèle ses ambitions pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020.


Les JOJ offrent quantité d'expériences positives qui aident à préparer les jeunes athlètes à leur future carrière sportive ; elles comprennent les échanges culturels avec des athlètes d'autres pays ou encore les sports différents pratiqués dans le village olympique de la jeunesse, mais aussi la possibilité de glaner de précieux conseils inspirants auprès des athlètes modèles qui les ont précédés dans la compétition.

Mais en tant qu'événement sportif de haut calibre où le niveau de compétition semble s'élever à chaque édition, les JOJ peuvent aussi donner de dures leçons.

Prenez par exemple l'escrimeur tunisien Farès Ferjani. À 17 ans, il a raté le podium de peu en arrivant en quatrième position dans la compétition masculine de sabre aux JOJ de Nanjing 2014, et ce alors même qu'il avait pris une avance considérable dans son combat de demi-finale où la victoire lui aurait garanti une médaille d'or ou d'argent.

Farès Ferjani décrit ici comment les leçons qu'il a apprises à Nanjing - ainsi que quelques mots encourageants soufflés par un champion – l'ont accompagné pendant toute son ascension jusqu'au 15e rang du classement mondial senior au cours des six années qui ont suivi, alors qu'il vise désormais une médaille aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020.


Que retiens-tu de ton expérience aux JOJ de Nanjing 2014 ?

"C'était une très bonne et une très mauvaise expérience ! Au début, mon objectif était juste de gagner mon premier combat, et j'étais très heureux d'avoir réussi - et puis j'ai gagné mon deuxième combat et je me suis retrouvé en demi-finale. Je gagnais ce match par 8-2 ou 8-3 contre un escrimeur russe [celui qui décrocha finalement la médaille d'or, Ivan Ilin], et à un moment donné, j'ai commencé à penser que je pouvais gagner tout le tournoi. Mais ensuite, j'ai craqué. Au lieu de prendre plaisir à la prestation, je voulais juste finir le combat, et de 8-2 ou 8-3 où j'étais, j'ai ensuite perdu par 15-10 ou 15-11. C'était très décevant. 

J'ai ensuite perdu contre un bon ami à moi [le Chinois Yan Yinghui] dans le combat pour la médaille de bronze, et les voir tous recevoir des médailles et pas moi a été très, très dur. Même si j'ai découvert que j'avais un certain talent en escrime, j'ai appris que je n'étais pas assez professionnel pour gagner une médaille parce que je n'étais pas prêt mentalement. C'était il y a longtemps maintenant, mais j'en suis encore blessé".

Farès Ferjani OIS
As-tu d'autres souvenirs positifs du village olympique de la jeunesse ou d'autres faits vécus en marge de la compétition ?

"Oui, j'ai rencontré beaucoup de gens étonnants et je me suis fait des amis avec lesquels je parle encore aujourd'hui. Et je me souviens d'avoir été invité à un petit déjeuner réunissant  d'autres athlètes des JOJ et le président du CIO, Thomas Bach ; et ce dernier m'a dit quelque chose de très gentil. Il m'a dit que j'avais du talent et qu'il pensait que j'aurai un bel avenir.  C'était intéressant pour moi, d'avoir devant moi un champion olympique d'escrime tel que lui m'assurant un bon avenir, et j'en étais très heureux. Je pense que les paroles  d'encouragement de tout grand champion peuvent aider un jeune athlète. Si vous lui dites un ou deux mots gentils, cela peut changer sa vie.   

Es-tu fier de représenter la Tunisie sur la scène internationale ?

"Cela m'a rendu très heureux, car j'aime mon pays plus que tout autre pays au monde. Mon pays compte tant de héros, d'athlètes, de personnalités politiques et d'écrivains extraordinaires, et je suis fier d'être tunisien et d'avoir cette grande histoire derrière moi. Voir le drapeau lors de la cérémonie d'ouverture [de Nanjing 2014] m'a rendu très enthousiaste pour l'avenir". 

Tu n'avais encore que 19 ans lorsque tu as fait tes débuts aux Jeux Olympiques deux ans plus tard à Rio. Comment as-tu vécu cette expérience ?

"Les Jeux Olympiques de 2016 m'ont procuré énormément de plaisir. J'ai affronté un de mes modèles, Aldo Montano [le quadruple médaillé olympique italien], et j'étais très fier de moi, car j'ai montré certaines qualités. J'étais jeune et je ne savais pas vraiment ce que je faisais, pour être honnête. Je n'avais pas une super technique et je cherchais juste à m'amuser. J'ai été très satisfait de 2016 et j'espère que les choses en 2021 seront plus sérieuses". 

Qu'as-tu ressenti au moment du report des Jeux de Tokyo 2020 ?

"J'ai d'abord été déçu. Mais mon entraîneur, Yury Gelman, est très sensé et il m'a raisonné : 'Tu n'as pas à être déçu'. Il m'a dit qu'une année me permettait d'atteindre le niveau de certains des escrimeurs qui sont placés au-dessus de moi dans le classement. Et quand j'y ai repensé, j'ai réalisé que c'était vrai. J'ai commencé à voir le côté positif, et cela m'a en fait rendu plus confiant dans le fait que je pourrais avoir une meilleure chance de faire quelque chose aux Jeux Olympiques que si ceux-ci s'étaient déroulés cette année. 

L'an prochain à Tokyo, j'aurai 24 ans. Mon rêve, comme celui de tous les escrimeurs, est de remporter une médaille aux Jeux Olympiques. J'en rêve chaque jour et même si cela ne se réalise pas l'année prochaine, eh bien je réessaierai en 2024.”


Comment vas-tu te préparer pour les Jeux Olympiques de 2021 ?

"Je resterai installé à l'université de St John [à New York, États-Unis d'Amérique], où j'étudie la finance, et je vais essayer de garder le même rythme : m'entraîner deux fois par jour, six jours par semaine. Je vais essayer de rester en bonne santé, de poursuivre mon entraînement mental et ma méditation, et d'essayer d'en apprendre toujours plus sur moi-même. Et le plus important : je vais juste prendre du plaisir à ce que je fais".

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