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Date
06 févr. 2014
Tags
Sotchi 2014 , Actu CIO , Solidarité Olympique , Biathlon , Ukraine

Les jumelles ukrainiennes Valya et Vita Semerenko espèrent ajouter des médailles olympiques à leur collection

Les jumelles ukrainiennes Valya et Vita Semerenko ont obtenu des succès individuels et en relais sur la scène mondiale en biathlon, remportant toutes les deux des médailles d'argent et de bronze aux Championnats du monde de biathlon en 2013. Les sœurs espèrent aujourd'hui ajouter des médailles olympiques à leur collection qui ne cesse de grandir.


Les jumelles ont concouru ensemble et l'une contre l'autre au cours de nombreuses épreuves de biathlon. "C'est sympa d'avoir quelqu'un de votre famille proche de vous car le biathlon n'est pas un sport facile. Vous avez des moments de joie et de tristesse aussi. Lorsque vous êtes triste, vous pouvez pleurer sur l'épaule de quelqu'un de votre famille", a déclaré Vita Semerenko.

Vita Semerenko concourra pour sa deuxième édition des Jeux Olympiques à Sotchi après s'être classée sixième dans l'épreuve du relais à Vancouver en 2010. Sa sœur, Valya, qui faisait partie de la même équipe pour le relais a également concouru dans l'épreuve individuelle sur 15 km aux Jeux de 2006 à Turin.

La Revue Olympique les a rencontré avant leur départ à Sotchi.

Vita Semerenko

Comment, Valya et vous, vous êtes-vous mises au biathlon?

Nous faisions du ski de compétition quand notre entraîneur, Grigoriy Ivanovich Shamraj, a été nommé à la tête de l’équipe féminine de biathlon. Il nous a suggéré d’essayer ce sport. «Si ça marche, nous a-t-il dit, vous continuerez sinon vous pourrez toujours revenir au ski.

Est-ce difficile de concourir contre sa sœur?

En fait, sur le terrain il n’y a ni frère ni sœur, seulement des adversaires. Mais une fois la compétition finie, c’est agréable de savoir que vous pouvez compter sur la famille. Il y a toujours des moments difficiles et quand ça vous tombe dessus, vous avez quelqu’un avec qui les partager, quelqu’un de proche qui est toujours là. Une épaule sur laquelle vous appuyer en cas de coup dur. 

Vous avez toutes les deux reçu une bourse de la Solidarité Olympique. Comment cela vous a-t-il aidées dans votre carrière?

La bourse nous a permis d’acheter des équipements ainsi que des médicaments, une crème spéciale pour faciliter la récupération musculaire après l’entraînement. Cela nous a aussi aidées à améliorer notre régime alimentaire. C’est un soutien réel, très appréciable.

Valya Semerenko

Quand avez-vous réalisé, Vita et vous, que vous pouviez concourir en haut niveau?

Au début, nous manquions souvent nos séances d’entraînement. Vous savez ce que c’est quand vous êtes jeunes! Nous préférions rester dehors avec nos amis. Au bout d’un an, l’entraîneur nous a prévenues: «Écoutez Valya et Vita! Vous êtes douées, vous avez ce qu’il faut pour réussir, alors réfléchissez bien. Si vous voulez continuer, si c’est ce que vous souhaitez, il faudra vous entraîner tous les jours.» Nous avons tenté le coup et tout de suite, ça s’est très bien passé. Les entraîneurs se sont mis à parler de ces deux filles de Krasnopol, très bonnes skieuses à l’excellent potentiel. Nous n’y avons pas trop prêté attention, nous avons seulement continué, empilant les heures d’entraînement. Nous aimions vraiment ça, juste ravies de pouvoir skier.

Ça doit être bien de courir toutes les deux dans le relais plutôt qu’avec une autre équipière, non ?

Oui, c’est un vrai soutien de la savoir à mes côtés. Quand j’étais petite, je n’y pensais pas vraiment mais maintenant, je vois bien la différence que ça fait d’être toutes les deux dans la même équipe. Cela veut dire que vous pouvez vous confier quand vous voulez et que vous avez toujours une épaule sur laquelle pleurer. Tout le monde nous répète que nous avons de la chance d’être coéquipières et c’est vrai!

Comment était-ce de concourir aux Jeux Olympiques d’hiver de 2006 et de 2010?
 
Aller aux Jeux Olympiques pour la première fois, c’était tout pour moi! Le rêve de tout athlète, depuis tout jeune, c’est de participer aux Jeux. Quand j’ai vu que je m’étais qualifiée et que j’allais à Turin, je ne m’attendais pas à grand-chose. J’avais déjà réalisé mon rêve. J’étais d’autant plus nerveuse que j’étais la benjamine de l’équipe ukrainienne mais le groupe était très sympa et je n’ai pas eu le bourdon. Quand sont arrivés mes deuxièmes Jeux, je savais que je n’étais plus une novice, ni un bébé non plus! Et j’avais donc l’espoir d’obtenir des résultats.

À quoi ressemble une journée d’entraînement?

C’est quelque chose comme ça: exercices d’échauffement tôt le matin, puis petit-déjeuner, puis première séance d’entraînement suivie du déjeuner, puis une heure de repos avant la deuxième séance d’entraînement, puis le dîner et enfin une autre séance d’entraînement dans la soirée.

Comment la bourse de la Solidarité Olympique vous a-t-elle aidée?

La bourse de la Solidarité nous a énormément aidées, cette saison mais aussi l’an dernier. Nous avons amélioré notre régime alimentaire et notre condition physique. Cela nous a aussi permis de séjourner dans un spa pour bien récupérer et d’acheter des vélos et d’autres pièces d’équipement pour bien nous préparer aux prochaines compétitions. Je suis très reconnaissance envers le CIO de l’aide qu’il prodigue aux athlètes comme nous.

Comment était-ce de concourir aux Jeux d’hiver de 2010 à Vancouver?

C’était mes premiers Jeux Olympiques et j’avais imaginé que ce serait comme de participer aux Championnats du monde. Mais pour une raison ou une autre, j’étais beaucoup plus nerveuse car je voulais absolument faire de mon mieux. 

Avez-vous déjà couru sur le site olympique à Sotchi? Qu’en avez-vous pensé?

Oui, j’ai eu la chance d’essayer la piste. Nous avons eu une épreuve préolympique cette année, une épreuve de Coupe du monde, et nous avons pu skier pratiquement sur l’ensemble du parcours. C’est un site particulièrement exigeant!

Qu’aimez-vous faire en dehors de la compétition et des entraînements?

Si j’ai du temps libre quand je suis avec l’équipe nationale ou durant une compétition, j’essaie de dormir ou je sors me promener pour que mon corps se repose et retrouve les bons niveaux d’énergie, pour faciliter la course suivante. Chez moi ou quand je ne suis pas avec l’équipe, j’aime faire les magasins. J’aime aussi la broderie ou réaliser des images en perles. Je ne m’ennuie jamais. On peut toujours ouvrir un livre ou un journal et lire un article intéressant, parler à ses amis, à sa famille sur Skype. En fait notre vie est extrêmement variée et nous ne sommes jamais à court.

Qui sont vos héros sportifs?

J’ai été longtemps une grande fan des Poirée [Raphaël, septuple champion du monde de biathlon, et sa femme Liv Grete Skjelbreid, vainqueur de deux médailles d’argent à Salt Lake City en 2002]. J’aimais bien les regarder courir; j’adorais leur façon de concourir. Maintenant, je regarde tout le monde avec plaisir pour voir qui fait quoi en compétition.

La Solidarité Olympique

La Solidarité Olympique est l’organisme qui permet aux athlètes de talent d’avoir la même chance de participer et de réussir aux Jeux Olympiques. Elle administre et gère la part des revenus provenant des droits de diffusion des Jeux Olympiques qui revient aux Comités Nationaux Olympiques (CNO). Collaborant en particulier avec les CNO les moins favorisés et leurs associations continentales, la Solidarité Olympique met en place des programmes d’aide. Le plan quadriennal actuel, qui court de 2013 à 2016, dispose d’un budget d’aide et de développement de 438 millions USD, soit une augmentation d’environ 40 % par rapport au budget précédent 2009-2012. C’est la seconde fois que les athlètes de sports d’hiver reçoivent des bourses individuelles. Le programme initial, lancé en vue des Jeux de 2010 à Vancouver, a connu un vif succès et a permis à 325 athlètes (193 hommes et 132 femmes) de 60 CNO de recevoir un financement. Parmi ceux-ci, 227 athlètes se sont qualifiés aux Jeux et, à eux seuls, ont remporté 13 médailles.

 

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