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NIF
Date
14 févr. 2017
Tags
JOJ , Actualités Olympiques , Lillehammer 2016

Les jeunes Norvégiens secouent le sport sur la lancée de Lillehammer 2016

Parmi les 230 participants au programme Jeunes leaders des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) d’hiver de Lillehammer 2016, nombreux réussissent à s’imposer aujourd’hui dans le sport en Norvège, qu’ils soient membres de conseils d’administration au niveau national ou formateurs de volontaires dans des clubs locaux.

Kathrine Godager, conseillère jeunesse du CNO norvégien, revient sur 12 mois encourageants, sur l’héritage durable des Jeux et confie ses espoirs pour le futur.

« Il y a eu un véritable changement. On voit beaucoup plus les jeunes. Le sport fait plus attention à eux et on les écoute différemment », explique Kathrine Godager, conseillère jeunesse du Comité Olympique Norvégien (Norges idrettsforbund, NIF), près d’un an après la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Lillehammer 2016.

TIl y a eu un véritable changement. On voit beaucoup plus les jeunes. Kathrine Godager

Tous les étages de la pyramide du paysage sportif norvégien ont été touchés et les Jeux ont joué un rôle de déclencheur essentiel.

En 2011, Kathrine Godager et ses collègues ont lancé The Youth Strategy (La stratégie de la jeunesse), un programme de 11 ans destiné à inverser une tendance nationale déprimante montrant que 40 à 50 % des Norvégiens de 14-15 ans abandonnaient complètement le sport.

Après deux premières années difficiles, au cours desquelles les fédérations sportives norvégiennes ont eu du mal à s’écarter de pratiques au long cours centrées uniquement sur le talent, la signification de Lillehammer 2016 s’est davantage précisée.

« Les Jeux Olympiques de la Jeunesse n’étaient pas un objectif de cette stratégie, mais une étape importante et nous avons pensé à utiliser ces Jeux pour stimuler de jeunes leaders, de jeunes formateurs potentiels et des volontaires », ajoute Kathrine Godager.

© Getty Images

Le Comité d’organisation des Jeux s’est engagé à laisser un héritage au NIF. L’intérêt d’impliquer les jeunes à tous les niveaux du sport a été facile à expliquer et c’est pourquoi, comme le souligne Kathrine Godager, « les résultats ont été si bons ».

En tout, 230 jeunes de 15 à 21 ans issus de 19 régions norvégiennes se sont engagés dans le programme Jeunes leaders de Lillehammer 2016, une initiative dérivée d’un projet du NIF. Les Jeux n’ont essentiellement constitué qu’une rampe de lancement, mais quelle rampe !

« En intégrant le programme, ils avaient l’obligation de conclure un accord avec leur club respectif, stipulant qu’ils auraient certaines responsabilités là-bas et qu’ils reviendraient après les Jeux », explique Kathrine Godager.

« Il leur était impossible de participer au programme s’ils arrêtaient leur travail de bénévole. »

Le concept a porté ses fruits.

« Plusieurs d’entre eux font partie de conseils d’administration (dans leur club et leur ligue régionale). Si quelqu’un abandonne le sport, on lui demande pourquoi. Ils estiment que leur mission essentielle est de faire passer le message selon lequel le sport s’adresse à tous les jeunes, et pas seulement à ceux qui veulent faire de la compétition », ajoute Kathrine Godager.

La Norvégienne est ravie de constater que le changement se propage à travers tout le sport de son pays.

« Les jeunes sont les éléments les plus importants des organisations sportives. Nous devons disposer de cellules visant à recueillir les souhaits des jeunes. »

Sa propre organisation a montré la voie en intégrant deux jeunes représentants dans son bureau.

La simple multiplication de jeunes dans tout le processus d’organisation, de mise en place et de création d’un héritage pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse a permis de confirmer ce changement de perspective.

« Tout est passé par les jeunes. Ils étaient partout, à la télévision, avec le Premier ministre, avec le roi. Du coup, les administrateurs sportifs norvégiens les regardent différemment », poursuit Kathrine Godager.

© Getty Images

« Dans les Fédérations nationales, le regard porté sur les jeunes volontaires, leaders et athlètes non professionnels est totalement différent aujourd’hui de ce qu’il était six ans en arrière. »

S’il n’a pas toujours été facile durant toute cette année de maintenir la dynamique héritée des Jeux, Kathrine Godager s’amuse cependant d’une difficulté particulière.

« Les jeunes leaders confient qu’après avoir été au cœur d’un événement d’une telle dimension pour leur premier poste de bénévole ou presque, le volontariat leur a paru après coup quelque peu ennuyeux », dit-elle en riant.

« J’ai essayé de leur dire au préalable qu’habituellement la plupart des gens sont volontaires depuis 20, 30 ou 40 ans avant d’avoir éventuellement la chance de faire partie d’un événement olympique, alors qu’eux ont commencé par là et qu’ils avaient donc une dette envers le monde sportif et que c’était une façon de la rembourser. »

Le travail de Kathrine Godager est de s’assurer que les JOJ de 2016 n’ont pas été uniquement un rendez-vous au sommet glorieux et momentané. Cet événement lui a indiscutablement facilité la tâche : « énormément de gens comprennent ce que nous essayons de mettre en place et pourquoi c’est important ». Pourtant, elle prévoit qu’il faudra au moins cinq années supplémentaires de travail acharné, à remettre sans cesse le dossier du sport des jeunes sur le dessus de la pile, avant que son intérêt ne devienne une évidence pour tous.

© Getty Images

En attendant, la Norvégienne attend avec impatience le jour où ses protégés deviendront enfin ses collègues.

« Assister à ce changement parmi les jeunes a été assez fantastique, c’est un groupe extraordinaire. Je suis pratiquement certaine que beaucoup d’entre eux vont intégrer l’administration sportive dans les années qui viennent », conclut-elle.
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