skip to content
Getty Images
Date
03 nov. 2016
Tags
Rio 2016 , Actu CIO , Haltérophilie

Les haltérophiles asiatiques assurent le spectacle dans les sept catégories féminines

La Chine (trois médailles d’or) et la Thaïlande (deux titres et une médaille d’argent) ont été les deux nations les plus brillantes de l’haltérophilie féminine à Rio. Avec également Hsu Shu-Shing pour le Chinese Tapei et Rim Jongsim devenue double championne olympique pour la République populaire démocratique de Corée, l’Asie a trusté la totalité des titres.

Le premier titre en haltérophilie féminine a été décerné à la Thaïlandaise Sopita Tanasan dans la catégorie des 48 kg le 6 août sur le plateau du pavillon 2 du complexe Riocentro. 

La Thaïlandaise, âgée de 21 ans et qui disputait ses premiers Jeux Olympiques, a totalisé 200 kg, avec les deux meilleures performances du jour : 92 kg à l'arraché et 108 kg à l’épaulé-jeté. Tanasan a ainsi apporté ainsi à son pays sa huitième médaille d’or olympique, la quatrième en haltérophilie et la première depuis Prapawadee Jaroenrattanatarakoon en 53 kg dames à Beijing 2008. 

« Je m’attendais à cette victoire, je l’espérais et je suis très fière d’avoir gagné l’or, a déclaré Sopita Tanasan. Je suis super contente parce que c’est le premier titre de la Thaïlande dans ces Jeux Olympiques. Je suis très fière de l’avoir remportée pour mon pays. » 

L'Indonésienne Sri Wahyuni Agustiani a pris la médaille d'argent avec 85 kg à l’arraché puis 107 kg à l’épaulé-jeté, non sans avoir tenté sans succès de soulever la plus lourde barre du concours, 115 kg. Elle a totalisé 192 kg au final. « Je suis ravie ! Ce sont mes tout premier Jeux, a déclaré l’haltérophile de 21 ans. Je suis juste très reconnaissante d’avoir remporté une médaille. Je la dédie à ma nation, à mes parents et à ma famille. »

La Japonaise Hiromi Miyake est venue compléter le podium en soulevant 81 kg à l’arraché et 107 kg comme Agustiani à l’épaulé-jeté pour parvenir au total de 188 kg. « J’ai disputé quatre Jeux Olympiques. Compte-tenu de mon expérience, cela a été très dur pour moi cette fois ». Miyake avait pris l’argent en 2012 à Londres. « Mais je n’ai pas voulu laisser tomber. Je voulais ma médaille, et je l’ai. Je suis très heureuse avec le bronze. Il reste quatre ans avant les Jeux de Tokyo 2020, donc, je vais y réfléchir au fur et à mesure qu’ils vont s’approcher! »

Hsu Shu-ching se montre la plus forte ! 

L’haltérophile du Chinese Taipei Hsu Shu-ching a remporté le 7 août la médaille d'or dans la catégorie des 53 kg, profitant de l'échec de la favorite chinoise Li Yajun à l’épaulé-jeté. Hsu, 25 ans, médaillée d'argent à Londres 2012 et championne du monde 2015, a soulevé 100 kg à l'arraché puis 112 kg à l'épaulé-jeté pour un total de 212 kg qui lui a permis de devancer la Philippine Hidilyn Diaz, en argent avec 200 kg et Yoon Jin-hee (République de Corée), en bronze avec 199 kg.

La Chinoise Li, 23 ans, a soulevé 101 kg à l'arraché pour établir un nouveau record olympique et prendre la tête du concours. Elle a alors tenté d'établir un nouveau record du monde en s'attaquant à une barre de 104 kg, mais a échoué à trois reprises. A l'épaulé-jeté, la championne du monde 2013 et actuelle No 1 mondiale a tenté et échoué une fois à 123 kg, réservant ses deux dernières tentatives à une barre de 126 kg. Avec deux nouveaux échecs, elle a terminé dernière. « Je n’ai pas vu si elle avait réussi ou si elle avait raté, car j’étais à l’échauffement, a indiqué Hsu Shu-ching. Je suis très heureuse. Je veux dédier ma médaille d’or à ma famille, mon entraineur et à tous ceux qui me soutiennent. » 

Pour les Philippines, la médaille d’argent est une première olympique en 20 ans et la toute première en haltérophilie. « Je remercie Dieu, je suis si reconnaissante ! Cette médaille est pour ma mère dont c’est l’anniversaire aujourd’hui, et pour les Philippines. Nous avons attendu ça durant 10 ans, 20 ans. » 

Nouveau titre et doublé pour la Thaïlande avec Srisurat et Sirikaew 
La Thaïlande a poursuivi son parcours d’excellence le 8 août sur le plateau d’haltérophilie du Pavillon 2 Riocento. Après l’or pour Sopita Tanasan en 48 kg, Sukanya Srisurat et Pimsiri Sirikaew ont réalisé le doublé en 58 kg. Pour s’imposer, Srisurat a totalisé 240 kg (110 kg à l'arraché et 130 kg à l'épaulé-jeté), battant Sirikaew de huit kilos (102 kg + 130 kg). L’haltérophile du Chinese Taipei Kuo Hsing-Chun a pris la médaille de bronze avec 231 kg (102 kg + 129 kg). 

En soulevant 110 kg à l’arraché, nouveau record olympique, Sukanya Srisurat a entamé la deuxième partie de la finale avec un avantage de 8 kg sur sa compatriote et rivale Pimsiri Sirikaew. Comment-a-t-elle géré cette avance ? « Je planifie tout ce que je fais. Aujourd’hui, j’ai tout réalisé dans le bon ordre et j’ai juste suivi mon propre plan. Je suis très heureuse car je ne pensais pas que je pouvais le faire. Ce sont mes premiers Jeux, je suis donc ravie de ramener une médaille d’or en Thaïlande. Je me suis entraînée très, très dur. Cela a nécessité beaucoup de persévérance pour être capable de me tenir sur la plus haute marche du podium ». Cet avantage est resté intact dans la mesure où les coéquipières ont toutes deux réussi 130 kg à l’épaulé-jeté. 

Pimsiri Sirikaew a tout d’abord tenu à féliciter chaudement sa coéquipière médaillée d’or. « Nous travaillons en équipe, c’est donc bien pour moi de gagner l’argent puisque nous sommes toutes deux membres de l’équipe nationale de Thaïlande. Nous sommes comme une famille, alors tout va bien. Je suis très contente d’être une des médaillées de mon pays, car nous représentons le peuple thaï et la Thaïlande où il y a 60 millions d’habitants, et nous sommes heureuses d’être parmi les personnes qui peuvent les rendre heureux! » 

Kuo Hsing-Chun était pour sa part déçue : « Je n’ai pas fait aussi bien que je l’aurais voulu. J’espère avoir un meilleur résultat aux prochains Jeux Olympiques ! Cette médaille de bronze ne correspond pas à mes attentes, mais je vais continuer à donner le meilleur de moi-même et essayer de briller dans les prochaines compétitions.»

 

Les records tombent chez les 63 kg dames, Deng Wei triomphe 
Le 9 août, la Chinoise Deng Wei est sortie gagnante d’une formidable compétition féminine dans la catégorie des 63 kg, qui a vu cinq record olympiques et deux records du monde être battus et re-battus en moins de deux heures. Les pronostics pour cette catégorie allaient dans le sens d’un match entre Deng et la débutante de la République populaire démocratique de Corée, Choe Hyo Sim, et c’est bien ce qui s’est passé ! 

Après que Deng, 23 ans, a égalé le record olympique à l’arraché en soulevant 115 kg, la Chinoise et sa principale rivale ont toutes deux réussi de nouveau records aux Jeux à l’épaulé-jeté, dans l’ordre, 138kg pour Deng, 143kg pour Choe, puis 147kg pour Deng, record du monde ! En parvenant à un total olympique de 262 kg, Deng Wei a amélioré d’un kilo son précédent record mondial. Choe a dû se contenter de la médaille d’argent en totalisant 248 kg et la Kazakhe Karina Goricheva a pris le bronze avec 243 kg. 

« Je suis très excitée et ravie de gagner ce titre, a dit Deng Wei. Pour commencer, j’étais très nerveuse, parce que ce sont mes premiers Jeux Olympiques, mais après coup, je suis très contente! Mes performances étaient suffisantes pour être dans l’équipe aux Jeux de Londres en 2012, mais une autre coéquipière avait été choisie à ma place. J’ai dit ici à mon entraîneur que je pouvais battre le record du monde, donc, cela faisait partie de mes attentes. Je vais continuer à travailler dur pour gagner d’autres médailles. J’ai visé l’or depuis très longtemps, alors je suis particulièrement satisfaite.» 

Choe Hyo Sim ne compte pas en rester là! « Je vais redoubler d’efforts pour gagner l’or la prochaine fois. Je ne suis pas contente de ce résultat. J’aurais pu essayer de faire plus fort! » 

La médaillée de bronze Karina Goricheva a pour sa part expliqué tout ce que terminer parmi les trois première signifiait pour elle : « Quand je suis montée sur le podium et qu’on m’a donné cette médaille, un sentiment d’euphorie m’a envahi. J’ai tout oublié, l’entraînement si dur, les larmes, les regrets, pour laisser place à la lumière et à la joie intérieure. Ça a été une grosse responsabilité de représenter mon pays, et demain, je ressentirai liberté et soulagement! » 

Xiang Yanmei s’impose, Sarah Ahmed écrit l’histoire 
Lors de la 5e journée des compétitions féminines d’haltérophilie, le 10 août, la Chinoise Xiang Yanmei a remporté le titre dans la catégorie des 69 kg. Xiang a soulevé au total 261 kg pour devancer la Kazakhe Zhazira Zhapparkul (259 kg) et l'Égyptienne Sara Ahmed (255 kg). Cette dernière a offert à l'Égypte sa toute première médaille féminine en haltérophilie. 

Pour s’imposer, Xiang Yanmei a pris la tête du concours en soulevant 116 kg à l’arraché, puis en tentant sans succès 118 kg, avant de réussir 145 kg à l’épaulé-jeté. Après sa victoire, ses pensées se sont tournées vers son père. « J’ai commencé l’haltérophilie quand j’étais petite à cause de mon papa. Il adore le sport, mais sa famille et son entourage ne lui ont pas vraiment permis de réaliser ses rêves. Pour plein de raisons, je suis un peu comme lui et j’essaye toujours d’obtenir le meilleur résultat, quoi que je fasse. C’est pourquoi j’espère avoir accompli ses rêves. » 

Zhazira Zhapparkul a réussi 115 kg à l’arraché et 144 kg à l’épaulé-jeté pour monter sur la deuxième marche du podium : « Je ne peux pas décrire mes sentiments! La seule chose que je veux dire, c’est que j’ai travaillé très dur pendant quatre ans, et que c’est ma récompense. » 

Avec 112 kg et 143 kg (255 kg au total), Sara Ahmed devient la première haltérophile égyptienne à monter sur un podium olympique. Mais elle a aussi bénéficié de l’expérience de sa participation aux Jeux Olympiques de la Jeunesse 2014 où elle l’avait emporté dans la catégorie 63 kg ! « Les JOJ, c’est un petit peu plus petit, et les athlètes sont tous du même âge. C’était une expérience merveilleuse, mais ici, elles ont toutes énormément d’expérience, et je suis jeune par rapport à elles. Ce n’était pas facile de les affronter! ». Elle a en tout cas écrit une page d’histoire à Rio. « C’est vraiment un très grand honneur. Je ne peux pas exprimer mes pensées! » 

Rim-Jong-Sim en or comme à Londres en 2012 
La compétition féminine dans la catégorie des 75kg, disputée le 12 août, a vu la victoire de l’haltérophile de la République démocratique populaire de Corée Rim Jong Sim qui a ainsi remporté un 2e titre consécutif après sa victoire à Londres 2012, et qui est la première athlète de son pays à s’adjuger deux médailles d’or. 

Rim s’est imposée avec une marge de 16 kg. Elle est également devenue la seule femme à avoir gagné l’or dans deux catégories : les 69 kg en Angleterre et les 75 kg à Rio. Pour s’imposer au Brésil avec un total de 274 kg, elle a largement dominé l’arraché (121 kg) comme l’épaulé-jeté (153 kg) pour devancer la Biélorusse Daria Naumava (116 kg + 142 kg soit 258 kg) et l’Espagnole Lidia Valentin Perez (116 kg + 141 kg soit 257 kg). Valentin Perez s’est adjugée la première médaille de son pays en haltérophilie. 

« Je n’ai ressenti aucune pression, a expliqué Rim Jong Sim. Je me suis juste concentrée sur chaque barre. L’entraînement a été très dur, et j’ai souvent pleuré en fin de séance. Mais je savais que chaque fois que cela arrivait, ça me rapprochait de la médaille d’or. Je suis folle de bonheur avec ce titre. »

Naumava a apporté un 2e podium successif à la Biélorussie dans cette catégorie. « Je suis très heureuse mais je vais me préparer à des objectifs plus élevés. Je ne m’attendais à rien ici et je suis contente d’avoir soulevé ce que j’ai soulevé et d’avoir gagné cette médaille. »

Lidia Valentin Perez a fêté sa médaille en formant un cœur avec ses mains sur le podium, « Pour tous les gens qui me soutiennent et qui m’aiment », a-t-elle expliqué, ajoutant : « Ce n’est peut-être que du bronze, mais c’est si bon! Je suis vraiment excitée d’avoir pu monter sur le podium après toutes ces années. Je vais sortir et fêter ça! » 

Arrivée tardivement à Rio, Meng Suping soulève son poids d’or!
En conclusion des épreuves d’haltérophilie féminine, le 15 août, la Chinoise Meng Suping s’est imposée dans la plus lourde des catégories, les + 75 kg, alors qu’elle venait d’arriver à Rio. 

Remplaçante de dernière minute dans l’équipe des quatre haltérophiles chinoises pour prendre la place de Hou Zhihui (48 kg) venue à Rio, mais qui n’avait pas réussi à se remettre d’une blessure contractée avant les Jeux, Meng, 27 ans, a totalisé de 307 kg, pour devancer de justesse l’haltérophile de la République populaire démocratique de Corée Kim Kuk Hyang (306 kg) et l’Américaine Sarah Robles (286 kg). La médaille d’argent de Kim est la première de son pays dans la catégorie la plus lourde de l’haltérophilie féminine. 

La route vers l’or de Meng n’a pas été de tout repos : elle a dû s’y reprendre à deux fois pour soulever sa première barre de 125 kg à l’arraché. La Chinoise a ensuite fini cette première partie de la finale avec une tentative réussie à 130 kg, tandis que Kim passait en tête après avoir soulevé ses trois barres, la dernière à 131 kg. 

Bien qu’arrivée à la dernière minute à Rio, Meng a réussi à s’imposer au bout du suspense, propulsant au-dessus de ses épaules un poids de 177 kg à l’épaulé-jeté qui lui a donné la victoire. Kim a eu beau réussir la totalité de ses six tentatives dans les deux versants de la compétition, elle s’est arrêtée à 175 kg pour un total de 306 kg, soit en conclusion 1 kg de moins que son adversaire chinoise. 

« Je pense que chaque athlète rêve de gagner une médaille d’or olympique, a dit Meng, triomphante. Depuis le départ, beaucoup de gens m’ont soutenue et ça a été un parcours particulièrement difficile. Je suis heureuse d’avoir insisté et je remercie tous mes entraîneurs et tous les gens qui ont cru en moi depuis si longtemps. »

Pour remporter la médaille de bronze, Sarah Robles a dû mener un match très indécis face l’Egyptienne Shaimaa Haridy. Tout s’est joué au dernier essai à l’épaulé-jeté quand Haridy a raté sa dernière tentative à 169 kg, alors que l’Américaine a réussi à soulever 160 kg, pour la battre de 8 kg au total. 
 
Évoquant cette ultime tentative qui lui a permis de s’adjuger le bronze, Sarah Robles a expliqué : « Mon coach m’a dit ‘ce sont 8 secondes pour le reste de ta vie’ et je me suis dit que 8 secondes, ça n’était pas beaucoup. Ma principale pensée était de soulever la barre, passer en dessous, et le reste suivrait naturellement. » 
back to top En