skip to content
Date
12 avr. 1896
Tags
Athènes 1896

Les frères Paine font mouche vers la gloire

Choisi pour représenter les États-Unis dans les épreuves de tir à Athènes, John Paine, diplômé d’Harvard, s’embarque pour la Grèce en faisant escale en France où il compte bien demander à son frère aîné Sumner, qui travaille à Paris, de venir avec lui.


Sumner se rappellera plus tard du moment où ils se sont retrouvés : « Fin mars, je suis rentré un jour chez moi pour déjeuner et j’ai trouvé mon frère, le lieutenant J. B. Paine, assis dans mon bureau. Je ne savais absolument pas qu’il avait traversé l’Atlantique. « Quand part le prochain train pour Athènes ? », m’a-t-il demandé. « Je ne sais pas », ai-je répondu. C’est alors qu’il m’a dit : « Prend tes revolvers et on s’en va là-bas. Le club de Boston (dont nous sommes tous deux membres) y a envoyé une équipe, et comme il y a deux épreuves de pistolet au programme, on pourra peut-être donner un coup de main aux Américains. »

Ne sachant pas exactement les armes ni le nombre de munitions requis pour Athènes, les frères Paine emportent dans leurs valises tout un arsenal : deux revolvers Colt de l’armée, deux revolvers Smith & Wesson N°3 modèle Russian, un pistolet Stevens de calibre 22, un Wurflein, deux armes de poche et 3 500 munitions !

Ils arrivent à Athènes le soir précédant le concours du pistolet d’ordonnance à 25 m. Après avoir obtenu un certificat attestant de leur qualité d’amateurs, ils vont directement au lit afin d’être le lendemain matin à 8 heures sur le pas de tir.

La compétition se déroule sur ce que Sumner appelle « le plus beau stand de tir du monde : 60 mètres de long et construit entièrement en marbre blanc ». Conformément aux règlements en vigueur, ils remettent leurs armes à un comité chargé de les inspecter. Malheureusement, leurs pistolets de calibre 22 sont retoqués, n’étant pas de série, et les deux frères doivent utiliser à la place leurs revolvers Colt .45.

Leur cible est une mouche noire au centre de laquelle se trouve un point blanc, ce qui selon Sumner provoque avec la lumière aveuglante « le même effet visuel que ces cartons « magiques » sur lesquels figurent des anneaux peints qui semblent tourner lorsqu’on les regarde fixement ».

Malgré cette gêne apparente, les frères Paine sont bien trop forts pour leurs adversaires. John s’impose avec un score de 442 points, alors que Sumner le suit avec 380 points. Le troisième a marqué 205 points. Le lendemain, en vertu d’un accord fraternel préalable, le vainqueur du premier jour passe son tour. Sumner est donc le seul Américain à disputer l’épreuve du pistolet à 50 m  et il gagne, en réalisant le même score que son frère la veille. Arrivés à Athènes avec 3 500 munitions, les deux frères Paine n’ont eu besoin que de 96 tirs pour obtenir leurs titres olympiques.

 

back to top