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1960 / Comité International Olympique (CIO)

Les Etats-Unis remportent leur première médaille d’or en Hockey sur glace

Qui croit dans les chances qu’a l’équipe américaine de hockey sur glace de remporter le titre « à domicile » devant un public enthousiaste qui remplira à ras bord les gradins de la Blyth Memorial Arena jour après jour du 19 au 28 février ?

A vrai dire, pas grand monde. L’URSS est la tenante du titre olympique et a joué les trois dernières finales des championnats du monde IHF, battue par la Suède en 1957, puis par le Canada en 1958 et en 1959. Dans cet évènement, la Tchécoslovaquie est montée deux fois sur le podium. Ces quatre pays s’y sont partagés toutes les médailles et sont favoris pour continuer sur le même rythme à Squaw Valley.

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Déjà six fois vainqueur sur huit tournois olympiques disputés depuis les Jeux d’été d’Anvers 1920, le Canada est à nouveau et pour la dernière fois représenté par un club venu du championnat national amateur, la Allan Cup. Mais les vainqueurs 1959, les Whitby Dunlop, déclinent l’invitation de se rendre à Squaw Valley, et ce sont comme en 1956 les Kitchener-Waterloo Flying Dutchmen qui enfilent le maillot à la feuille d’érable en Californie. L’équipe américaine est-elle composée de jeunes joueurs universitaires majoritairement issus du Minnesota et de Boston.

Le tournoi olympique 1960 se dispute sous forme de trois poules de trois équipes au premier tour dont les deux premières s’extraient pour disputer un tour final à six formations. Dès leur premier match dans la poule C, le 19 février, les Américains font sensation en battant la Tchécoslovaquie 7-5. Ils remportent leur poule en dominant ensuite l’Australie 12-1. Le Canada dans la poule A
(avec notamment une victoire 5-2 sur la Suède) et l’URSS dans la poule B sont également invaincus au premier tour.

Les joueurs américains poursuivent leur parcours étincelant dans le tour final avec des victoires sur la Suède 6-3, l’Allemagne 9-1 et à nouveau la Tchécoslovaquie 9-5. Mais les deux grands matches, décisifs et attendus par tout un peuple, sont ceux qui vont les opposer au Canada et à l’URSS.

Le 25 février, le coup d’envoi de la rencontre USA-Canada est donné à 15h30 devant 8500 spectateurs et plusieurs millions de téléspectateurs. Robert Cleary ouvre le score pour les USA après 12:47 en première période à la réception d’une passe décisive de John Mayasich. Paul Johnson double la mise à la 14e minute. Dans la 3e et dernière période, James Connelly réduit le score pour le Canada. On en reste à 2-1 grâce aux exploits répétés du gardien américain John McCarten, crédité de 39 arrêts dans ce match !

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Le 27 février, le nombre d’Américains qui s’installent devant leurs téléviseurs en noir et blanc pour assister au match USA-URSS est estimé à plus de 20 millions. C’est encore un Cleary qui ouvre le score après 4 minutes, mais William, sur un « assist » de son frère Robert Cleary. L’URSS passe devant dans la première période en marquant deux fois, avec Yeniamin Alexandrov qui égalise une minute plus tard, et Mikhail Bychkov qui double le score après 9:37. Les USA égalisent à 2-2, de nouveau en famille, en 2e période avec un but de William Christian sur passe de Roger Christian (11:01). La tension est à son comble en 3e période, lorsque les frères Christian remettent ça : passe de Roger, but de William (14:59). Victoire 3-2 des USA. Les spectateurs de la Blyth Memorial Arena sont debout, les Américains sont pour la première fois champions olympiques après avoir remporté tous leurs matches, laissant l’argent au Canada vainqueur de l’URSS 8-5 lors de l’ultime rencontre, laquelle termine en bronze.

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20 ans avant le « miracle sur la glace » de Lake Placid 1980, cette épopée (et plus particulièrement le succès face à l’URSS) sera baptisée des années plus tard le « miracle oublié ». Robert « Bill » Cleary, meilleur marqueur américain du tournoi avec 14 points, décidera de ne pas passer professionnel et d’arrêter sa carrière sur ce triomphe, déclarant « Je n’échangerai pas la possibilité de défiler dans une cérémonie d’ouverture olympique contre 100 championnats de la Stanley Cup. Quand ce fut terminé, nous sommes tous revenus à nos vies. C’est cela que nous souhaitions ».

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