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Desiet Kidane and Danait Tsegay (OIS)
Buenos Aires 2018

Les Érythréens célèbrent leur passion pour les deux-roues à Buenos Aires

Un sombre passé colonial a amené le vélo en Érythrée, mais le pays d’Afrique de l’Est est rapidement tombé amoureux des deux-roues.

Le football règne en maître dans la plupart des pays africains, mais pas en Érythrée, où le cyclisme est devenu l’obsession sportive du pays. « Le cyclisme est vraiment notre sport numéro 1 », confie l’Érythréenne Desiet Kidane, après avoir terminé l’élément contre-la-montre de l’épreuve combinée par équipes femmes en compagnie de Danait Tsegay, samedi aux Bosques de Palermo. « J’adore ça depuis que je suis petite fille, comme tout le monde. Il y a énormément de grands cyclistes qui sont admirés dans notre pays, comme Daniel Teklehaimanot. »

« Ce sont nos modèles. En Érythrée, Daniel est un héros pour les enfants, comme c’est le cas des footballeurs dans d’autres pays. Je l’adore. Le voir participer au Tour de France est incroyable. C’est probablement l’Érythréen le plus célèbre du monde. D’autres, comme Merhawi Kudus, ont suivi. On avait leurs posters sur les murs, on regarde nos champions à la télé. Et beaucoup de nos athlètes vont maintenant devenir cyclistes professionnels. C’est super », dit Desiet Kidane, âgée de 18 ans.

Le boom du deux-roues dans ce pays d’Afrique de l’Est remonte à Benito Mussolini : en 1935, pour satisfaire la volonté du dictateur italien de bâtir un empire, des milliers de travailleurs et de soldats italiens sont arrivés en Érythrée pour préparer une seconde invasion de l’Éthiopie. Beaucoup d’entre eux avaient apporté leur vélo et ces machines ont très vite séduit les ressortissants locaux, qui ont fondé leurs propres clubs.

En Érythrée, tout le monde veut être champion de cyclisme Luul Zecarias Président du Comité National Olympique érythréen

« Si vous regardez l’histoire, tout est parti des Italiens et l’Érythrée possède donc une longue culture du cyclisme qu’elle a acquise bien avant tout autre pays africain », explique Luul Zecarias, président du Comité National Olympique érythréen.

« Cela vient de notre passé colonial, mais le succès de ce sport est entièrement de notre fait. Nous avons de bons coureurs, de bons athlètes, mais le cyclisme est notre sport numéro un. Les gens adorent faire du vélo, c’est un endroit formidable pour en faire et ils adorent regarder du sport. En Érythrée, tout le monde veut être champion de cyclisme. Il a été démontré que lorsqu’il y a une grande course cycliste, notre taux de criminalité diminue. Les champions cyclistes sont nos superstars. »

Il n’y a qu’un seul problème pour de nombreux autochtones : avoir les moyens de se payer un vélo. « Les vélos sont chers et cela peut être difficile pour beaucoup d’Érythréens », précise Desiet Kidane. « Mon père est commerçant et il a travaillé très dur pour mettre de l’argent de côté pour m’en acheter un. Je suis très heureuse qu’il l’ait fait. C’est tellement agréable d’être ici à ces Jeux Olympiques de la Jeunesse. »

Le format de Buenos Aires 2018 – qui combine le VTT et la course sur route – leur a cependant posé quelques problèmes : « Nous n’avons pas de VTT avec nous », a déclaré Shewit Tesfagebriel Asgodom, l’entraîneur de l’équipe érythréenne. « Nous allons donc devoir en louer. »

Jeux Olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires 2018

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