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Rio 2016

Les cavaliers français en or en saut d’obstacles, 40 ans après !

L'équipe de France de saut d'obstacles a remporté mercredi la médaille d'or par équipes des Jeux de Rio 2016. L’argent est revenu aux Etats-Unis. Le bronze est allé à l'Allemagne du N°1 mondial Christian Ahlmann, après un barrage contre le Canada.

Il s’agit du premier titre des cavaliers français dans la discipline depuis 40 ans, aux Jeux de Montréal en 1976. Cette médaille d'or est la deuxième pour l'équitation française dans les Jeux de Rio, après l'or du concours complet par équipes.

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Pour le saut d'obstacles, il s'agit de la première médaille française depuis 20 ans et le bronze d'Alexandra Ledermann à Atlanta en 1996. Les « Vestes bleues » font ainsi oublier leur fiasco de Londres 2012 avec zéro médaille, particulièrement en saut d'obstacles, où les Français ne s'étaient même pas qualifiés pour la finale du concours par équipes.

Après un bon premier tour mardi (1 point), grâce notamment à une Pénélope Leprévost parfaite, les Français ne pointaient qu'à la 5e position, l'Allemagne, le Brésil, les Etats-Unis et les Pays-Bas ayant réussi un sans-faute.

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Mercredi, Philippe Rozier, dont le père Marcel avait été sacré à Montréal, a réalisé une superbe ouverture. Le remplaçant de Simon Delestre, le N°2 mondial forfait après la blessure de son cheval, a seulement été pénalisé sur le temps (1 pt). Puis Kevin Staut a réalisé l'un des seuls sans faute complets sur ce long parcours, sans même de pénalité de temps.

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La pression était alors sur les Américains, les seuls à n'avoir pas encore craqué. Mais Lucy Davis faisait tomber une barre (4 points), et en raison de l'abandon de la dernière cavalière Elizabeth Madden, les Américains ne disposaient plus de chance de se rattraper.

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Au cavalier suivant, Roger-Yves Bost tirait le meilleur de sa Sydney Une Prince, en prenant un tout petit peu de temps (1 pt) pour un total par de 3 points qui permettait aux Français de finir devant les Américains (5 pts), champions olympiques à Athènes puis Beijing (2004 et 2008). Devancés, les Allemands ont dû se remettre en selle pour disputer un barrage pour le bronze face aux Canadiens dont ils sont sortis vainqueurs.

Les trois cavaliers français médaillés d’or sont aussi qualifiés pour les finales individuelles vendredi.

Une histoire qui finit bien

Quel retournement de situation ! L'histoire brésilienne des « Vestes bleues » avait en effet vraiment mal commencé. Il y a d'abord eu l'abandon de Simon Delestre sur blessure de son cheval. « J'ai une pensée émue pour Simon », a expliqué Philippe Guerdat, l’entraîneur suisse des Français, en pleurs. « Je l'ai eu au téléphone. Pour lui c'est dur, c'était notre N°1. Les honneurs ce sera pour les quatre autres. »

Mais la descente aux enfers ne s'est pas arrêtée au forfait de Delestre. Il y a eu ensuite la colique de Fleur de Mariposa, la jument de Pénélope Leprévost et puis, enfin, la chute de la N°4 mondiale dès le premier jour des qualifications. Un cauchemar. « Je pensais que j'avais vieilli de 20 ans », sourit Guerdat. « Mais là, je les ai récupérés. Il y a eu trop de choses, on pourrait écrire un livre sur ce qu'il s'est passé. J'ai passé une nuit aux écuries avec deux de mes cavaliers, couchés sur des matelas par terre. Moi j'étais debout à tourner en rond, à se demander s'il fallait rentrer à la maison. Ce sont des états d'âme que l'on ne peut pas décrire. »

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Il a fallu pourtant se remobiliser et espérer une éclaircie. Elle est peut-être venue de la personnalité, de l'enthousiasme et de l'expérience du remplaçant de Simon Delestre, Philippe Rozier. « La médaille est dans le salon chez mon père, maintenant j'ai la mienne ! C'est un vieux rêve d'enfant. C'est arrivé ! Mon père m'a dit que c'était le plus beau cadeau que l'on pouvait lui faire... quarante ans après. »

« On y a cru jusqu'au bout », jubile Roger-Yves Bost. « Les chevaux c'est jamais fini. On ne pensait jamais avoir l'or. A priori, il y en avait quatre, cinq meilleurs que nous, on n'était pas favori. »

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« C'est une apothéose dans une carrière, on va se rappeler d’eux ! », lançait Guerdat, avant d'enfiler à nouveau sa veste de sélectionneur : « On va fêter ça ce soir et puis on va se reconcentrer sur l’individuel pour que chacun ait une chance de médaille. Mais ce soir, on va quand même un peu se lâcher. » Histoire de se reposer un peu nerveusement après dix jours dans les tréfonds.

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