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PyeongChang 2018

Les athlètes des JOJ sautent sur l'or à PyeongChang

Ils avaient brillé aux Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver (JOJ), ils ont concrétisé à PyeongChang 2018 : le patineur sur piste courte de la République de Corée Lim Hyo-jun, le sauteur à ski allemand Andreas Wellinger et le lugeur David Gleirscher d'Autriche sont devenus champions olympiques au cours du premier week-end de PyeongChang 2018. Parallèlement, deux anciennes gloires des JOJ, Sara Takanashi du Japon et l'allemande Katharina Althaus sont montées sur le podium du saut à ski dames au troisième jour des Jeux, prenant respectivement l’argent et le bronze. 

Les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) ont montré qu’ils étaient un mélange novateur de sport d’élite, de culture et d’éducation, mais ils sont aussi l’incubateur idéal pour ceux qui ont des ambitions sérieuses. Si tous ces jeunes athlètes ne représentent plus forcément leur pays par la suite, ceux qui le font citent souvent leur expérience aux JOJ lorsqu’il s’agit de s’adapter à la scène olympique.


Vainqueur du 1000 m et finaliste sur 500 m lors des premiers JOJ d'hiver à Innsbruck en 2012, Lim Hyo-jun, 21 ans, a patiné vers la gloire sur la glace de la Gangneung Arena en finale du 1500 m. Wellinger, d'un an plus âgé, vainqueur par équipes avec l'Allemagne aux mêmes JOJ il y a six ans, s'est adjugé l'or sur le petit tremplin du Centre de saut à ski d’Alpensia un peu plus tard samedi. C'est déjà sa 2e médaille d'or sur la plus grande scène olympique, puisqu'il avait remporté la compétition par équipes avec Andreas Wank, Marinus Kraus et Severin Freund sur le grand tremplin à Sotchi 2014.

De son côté, l’Autrichien David Gleirscher, autre lauréat des JOJ d’Innsbruck 2012, a causé l’une des grosses surprises des Jeux d’hiver 2018 jusqu’ici, en détrônant le double champion olympique de luge messieurs et grand favori de l’épreuve, Felix Loch (GER). 
 

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Le roi du 1500 m

Hyo-jun a réalisé une performance étincelante pour gagner le premier titre du pays hôte à PyeongChang 2018, en remportant sa série et sa demi-finale avant de déclencher l’hystérie du public de la Gangneung Arena en remportant avec autorité la finale à neuf concurrents. En se portant en tête dans le dernier tour, il a repoussé les assauts du détenteur du record du monde de la distance, le Néerlandais Sjinkie Knegt, pour concrétiser les espoirs nés de ses exploits d’Innsbruck 2012. 

"Je suis stupéfait, c'est incroyable, mais ce n'est pas encore fini. Je vais aussi essayer de donner le meilleur de moi-même dans le relais le 22 février a-t-il déclaré. Je suis submergé par l‘émotion, parce que je gagne dans mon pays. Je voulais vraiment me montrer sous mon meilleur jour et donner le maximum, mais mon coach m'a dit de ne pas me mettre trop de pression et de me mettre à l'aise. Je l’ai écouté et je pense que c'est ce qui m'a conduit à ce résultat !"
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L'homme volant
Quant à Andreas Wellinger, il doit sa médaille d'or à un énorme deuxième saut qui l'a vu retomber à 113,5 m, pour totaliser 259,3 points et battre les deux Norvégiens Johann Andre Forfang et Robert Johannson. Deuxième de la Tournée des quatre tremplins remportée par le Polonais Kamil Stoch en janvier dernier, Wellinger a dû attendre que les quatre sauteurs placés devant lui après le premier saut, dont le Polonais, tenant du titre olympique, s'élancent à leur tour. Cette attente si dure pour les nerfs a pris fin avec un large et superbe sourire du jeune sauteur allemand. 

"Je n’arrive pas à y croire ! En particulier, mon deuxième saut a été fantastique. Se retrouver au sommet comme ça, c'est indescriptible ! Ma famille et mon équipe derrière moi, tous ceux qui me soutiennent, je voudrais les remercier. Rien n’aurait pu arriver sans eux", a déclaré Andreas Wellinger, submergé par l'émotion. "Je savais depuis quelques jours que je pouvais me hisser au plus haut niveau. J'ai gagné le tour de qualification et je me sentais vraiment bien. Je me savais capable de réaliser mon meilleur saut. Mais de là à gagner la médaille d'or olympique ? Je ne sais pas quoi dire d'autre !". 

Un parfum de conte de fées

Après avoir décroché une médaille d’or spectaculaire lors de la dernière descente du simple hommes de luge le 11 février, l’Autrichien de 23 ans a laissé éclater sa joie. "C’est à peine croyable", a déclaré un David Gleirscher aux anges. "Cela s’est passé comme dans un conte de fées. Je n’étais encore jamais monté sur un podium de Coupe du monde et me voilà ici sur la plus haute marche !"

Après seulement trois jours de compétition à PyeongChang 2018, ces cinq jeunes médaillés ont souligné, une fois encore, que les JOJ pouvaient offrir aux jeunes athlètes talentueux un véritable tremplin vers le succès dans les rangs seniors.  

A propos des JOJ

Dix ans se sont écoulés depuis la 119e Session du CIO, lorsque l’ancien président du CIO Jacques Rogge annonça officiellement la création des Jeux Olympiques de la Jeunesse, et les participants à ces quatre premières éditions sont impressionnants. Prenez Chad le Clos, qui a utilisé Singapour 2010 comme tremplin pour Londres 2012, où il a décroché l’or au 200m papillon. “Singapour a été ma première grande expérience”, a-t-il dit lors de sa visite aux JOJ de Nanjing 2014. “J’y ai appris plein de choses : la gestion du temps, la gestion des médias, les contrôles antidopage, les conférences de presse, les cérémonies de remise des médailles, etc. Ces Jeux m’ont ouvert les yeux. Avant cela, je pensais qu’il fallait juste plonger et nager. Du coup, j’étais beaucoup plus à l’aise à Londres.”

Et Le Clos n’est pas le seul exemple. Le boxeur cubain Robeisy Ramirez qui avait remporté l’épreuve des 54kg à Singapour a également décroché l’or à Londres 2012. Il est ensuite venu à bout de Shakur Stevenson (lui-même champion des JOJ de Nanjing 2014) pour s’imposer à Rio 2016. Stevenson est devenu professionnel et a été surnommé “le nouveau Floyd Mayweather” par Mayweather en personne.

La Britannique Jade Jones s’est aussi démarquée dans son sport, le taekwondo. Elle a développé son style combattif lorsqu’elle a remporté le titre à Singapour. “J’ai acquis mon expérience ici. C’est une configuration olympique”, a-t-elle dit après la finale. “Je sais donc à quoi m’attendre à Londres. Il faut juste que je gagne toujours et encore.” Et elle a gagné. Elle a perfectionné ses mouvements jusqu’à monter sur la plus haute marche du podium aux Jeux Olympiques tenus dans son pays natal, mais aussi à Rio 2016.

Autres athlètes notables des premiers JOJ : l’Australienne spécialiste du canoë Jessica Fox, qui a décroché le bronze à Rio 2016 après l’argent à Londres; Tom Daley, le plongeur britannique champion du monde du tremplin 10m puis médaillé de bronze à Londres 2012; et Koki Niwa, le double médaillé d’or des JOJ aujourd’hui considéré comme le grand espoir du tennis de table japonais.

L’escrimeur Alex Massialas est quant à lui devenu le premier athlète des États-Unis à décrocher une médaille à la fois aux JOJ et aux Jeux Olympiques, en remportant l’argent au fleuret à Singapour et à Rio 2016. Aujourd’hui numéro un mondial, il vise la plus haute marche du podium à Tokyo 2020.

Les athlètes des JOJ d’hiver ne sont pas en reste. À Innsbruck 2012, la Japonaise de 15 ans Sara Takanashi a remporté la première compétition des Jeux, le saut à ski féminin (cette épreuve a fait ses débuts olympiques aux JOJ, avant d’être ajoutée au programme des Jeux de Sotchi 2014). Takanashi est devenue depuis une des athlètes les plus couronnées de succès dans l’histoire de ce sport, avec cinq médailles aux Championnats du monde.


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