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Date
02 août 2019
Tags
Actualités Olympiques, Handball, Islande
Actualités Olympiques

Légendes olympiques nationales : le départ canon du gardien de handball de l’Islande

Björgvin Pall Gustavsson a éprouvé le crève-cœur de ne pas être retenu dans une sélection olympique. Cette déception a cependant nourri son ambition de se produire sur la plus grande scène sportive. Il a finalement touché au but à un stade remarquable de sa carrière…

 

La carrière de Björgvin Pall Gustavsson en handball a atteint son apogée lors de sa première grande compétition internationale, puisqu’il a conduit l’équipe d’Islande au meilleur résultat olympique qu’elle ait jamais obtenu.

L’île scandinave a atteint la finale masculine des Jeux Olympiques de Beijing 2008, mais a dû se contenter de la médaille d’argent après une défaite 28-23 contre la France. Après les Jeux, Björgvin Pall Gustavsson et ses coéquipiers ont été accueillis comme des héros à leur retour, où 20 % de la population islandaise s’était déplacée pour célébrer la quatrième médaille olympique gagnée par le pays.

"La façon dont nous avons été reçus m’a fait voir les choses dans une tout autre dimension", déclare Björgvin Pall Gustavsson, âgé de 34 ans. "Le public est venu de tout le pays pour fêter ça avec nous. Il y avait environ 60 000 personnes dans la rue, ce qui est plutôt sympa pour un pays d’environ 300 000 habitants. Tout Reykjavik était dehors. Nous avons survolé la ville en avion et nous avons vu toutes les personnes qui nous attendaient en bas. C’était une expérience extraordinaire, et cela reste l’un des plus beaux jours de ma vie."

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Lorsqu’il avait 19 ans, le gardien de but s’était rendu en Grèce avec l’équipe nationale pour préparer les Jeux d’Athènes 2004, mais il n’avait finalement pas été retenu dans le groupe. Cette éviction tardive lui a servi de motivation lors des quatre années qui ont suivi. "J’ai eu un très bel aperçu de ce que cela recouvrait, ce qui m’a permis de me fixer un objectif", confie-t-il. "Je savais exactement ce qu’ils allaient vivre et j’étais prêt à me battre pour gagner ma place dans l’équipe nationale." En 2008, le débutant olympique Björgvin Pall Gustavsson devait partager la cage avec Hreidar Levy Gudmundsson, mais il a fini par jouer un rôle majeur dans le résultat historique de l’Islande.

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"La plupart des personnes pensaient que j’allais être écarté, une fois de plus, juste avant les Jeux Olympiques. Le choix de l’entraîneur de faire appel à un jeune gardien de but pour une compétition aussi importante était donc un peu risqué", explique Björgvin Pall Gustavsson. "Mais il a eu du flair. Dans un premier temps, j’ai partagé le poste avec l’autre gardien, puis en phase finale, j’ai joué de plus en plus." Björgvin Pall Gustavsson a arrêté 41 % des tirs de la Pologne en quarts de finale et bloqué un tiers des tentatives espagnoles en demi-finale, propulsant ainsi son équipe en finale.

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Le buzz qui s’est répandu dans le village olympique et alentour — si souvent considéré comme une perturbation pour les débutants aux Jeux — a eu l’effet inverse sur Björgvin Pall Gustavsson, qui s’en est servi pour se motiver.

"J’ai simplement savouré le moment. Toute cette expérience semblait sortie d’un rêve", déclare-t-il. "Au début du tournoi, je me sentais quasiment comme un touriste et je me suis contenté de profiter au maximum de chaque journée. Par comparaison avec les Jeux Olympiques de 2012, en 2008, j’arrêtais tous les athlètes célèbres et je leur demandais de poser en photo. Les autres joueurs de l’équipe étaient un peu gênés, mais j’étais jeune et idiot. J’adorais ces moments et ça ne me dérangeait pas de le faire de temps à autre. C’était donc très amusant."

"Mes plus beaux souvenirs sont bien sûr mes rencontres avec Kobe Bryant et LeBron James (stars américaines de basketball) et Ronaldinho (footballeur brésilien). C’était assez impressionnant pour un jeune homme d’évoluer au même niveau que ces athlètes. Ça m’a donné beaucoup de puissance et d’énergie pour être performant dans la compétition."

Sa plus grande idole olympique, cependant, a toujours été sa compatriote Vala Flosadottir. La médaille de bronze de cette dernière au saut à la perche femmes à Sydney 2000 est la seule autre médaille olympique obtenue par l’Islande à l’époque. "Elle représente mon premier souvenir de héros olympique", indique Björgvin Pall Gustavsson.

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"C’est arrivé très soudainement. L’athlétisme n’est pas un sport très populaire en Islande et personne n’avait suivi sa préparation. C’est arrivé du jour au lendemain et cela a été une très belle surprise. Elle est passée du statut de quasi-anonyme en Islande à celui de célébrité."

La médaille d’argent remportée par Björgvin Pall Gustavsson et son équipe à Beijing 2008 a égalé le résultat de Vilhjalmur Einarsson, vice-champion olympique du triple saut hommes à Melbourne 1956. Ces deux médailles restent les meilleurs résultats de l’Islande aux Jeux Olympiques. "Le Président nous a décerné une médaille d’honneur, et honnêtement, elle voulait dire beaucoup pour moi", reconnaît-il. "Cela signifiait que c’était important pour l’Islande, et cela a donné un autre sens à toute cette aventure."

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Ce succès a également donné le coup d’envoi d’une longue carrière professionnelle au cours de laquelle il a évolué en Suisse, en Allemagne et au Danemark, où il joue actuellement au sein du Skjern Handbold. Après avoir remporté la toute première médaille internationale de handball jamais remportée par l’Islande à Beijing, la génération dorée a enchaîné avec une médaille de bronze aux Championnats d’Europe en Autriche en 2010.

Aujourd’hui, Björgvin Pall Gustavsson rêve de remonter sur le podium olympique.

"Cette médaille d’argent obtenue au début de ma carrière a placé la barre très haut", confie-t-il.

"Mais c’est une bonne chose, car du coup je travaille quotidiennement pour pouvoir retourner un jour aux Jeux Olympiques."

"J’ai commencé à regarder du handball lorsque j’avais huit ans et à partir de là, j’ai suivi toutes les compétitions. Bien entendu, les Jeux Olympiques ont toujours eu une saveur spéciale."

Björgvin Pall Gustavsson estime que sa carrière peut encore durer entre cinq et huit ans, en fonction de son état physique. Le jour où il enlèvera définitivement le bandeau caractéristique qu’il porte autour du crâne, il espère que sa carrière se terminera comme elle a commencé.

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"Je considère toujours les Jeux Olympiques comme un point de repère dans ma carrière", déclare-t-il.

"Ils constituent une grande étape et pour beaucoup de handballeurs, parfois la dernière aussi."

"Beaucoup d’entre eux planifient leur vie de handballeur autour des Jeux et je rêve, moi aussi, de disputer mon dernier match en sélection nationale lors d’un tournoi olympique. J’espère que j’aurai encore une ou deux occasions de le faire."

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