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PyeongChang 2018

Le titre olympique en descente, consécration ultime pour Aksel Lund Svindal

Il a peut-être remporté 36 titres de Coupe du monde, il est peut-être cinq fois champion du monde, il a peut-être même remporté la médaille d'or en super G à Vancouver 2010, mais le jour où, il y a un an, le skieur alpin Aksel Lund Svindal a été couronné champion olympique de descente se distingue de tous les autres.

 

"Cela vous donne un coup de fouet quand vous êtes annoncé comme champion olympique de descente", confie en riant l'homme qui a descendu la pente la plus éprouvante de PyeongChang 2018 en une minute et 40,25 secondes.

"En général, je ne pense pas que vous devriez énumérer les (titres) qui sont les plus cool parce que vous êtes opposés aux meilleurs du monde. Mais certains ont un peu plus de charme que d'autres, et pour nous, la descente, c'est notre Formule 1 et les Jeux Olympiques la compétition la plus importante de toutes."

"Donc quand on met ces deux facteurs ensemble, la médaille d'or olympique en descente a cette petite saveur supplémentaire que vous ne goûterez peut-être jamais avec une autre médaille d'or."

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Le Norvégien est l'un très grand noms du ski de compétition à l'heure actuelle, mais debout sur les pentes d'entraînement de PyeongChang en février dernier, à l'âge de 35 ans, il savait qu'il tenait là sa dernière chance de remporter l'un des plus grands prix de ce sport. Le fait que les vents forts aient forcé les organisateurs à retarder de quatre jours l'épreuve phare a mis à rude épreuve les nerfs du vétéran qui a toutefois approuvé cette décision.

"J'ai pensé que les organisateurs avaient fait du bon boulot avec les préparatifs, c'était un report très intelligent et plutôt judicieux en termes d'équité – au lieu d'essayer d'y arriver par un temps venteux –  de repousser l'épreuve suffisamment pour s'assurer d'avoir une bonne fenêtre", a-t-il indiqué.  

"Tout s'est parfaitement assemblé, la neige était bonne, il y avait du soleil et pas de vent. Tout était réuni pour une compétition équitable et je pense que c'est très important quand les Jeux Olympiques n'ont lieu que tous les quatre ans."

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Au total, 55 des meilleurs descendeurs du monde se sont alignés sous le soleil pour suivre un parcours conçu par Bernhard Russi, champion olympique de descente en 1972. De l'avis général, le Suisse a tracé une piste relativement courte et peu exigeante, mais qui nécessitait un ski fluide et sans erreur. Les quatre jours de vent avaient poli les pentes luisantes et rapides et avec une neige sèche et granuleuse, tout était fait pour un descendeur fort et puissant. Du pain béni pour Aksel Lund Svindal du haut de ses 1, 89 m.

"Je me souviens juste qu'au départ, je savais que c'était ma seule chance et j'ai poussé sur mes bâtons aussi fort que j'ai pu", se souvient le champion du monde de descente 2007 et 2013.

Le temps qu'il prenne le départ, Beat Feuz, champion du monde de descente suisse de 2017 et skieur réputé pour ne jamais faire d'erreurs, était l'homme à rattraper.

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"En fait, j'ai fait deux erreurs au sommet – nous n'avions testé la partie supérieure qu'une seule fois à l'entraînement et j'ai été blessé quand ils ont fait l'épreuve test là-bas," a déclaré Aksel Lund Svindal.

"Mais ensuite, j'ai très bien skié sur les portions intermédiaire et basse de la piste. Je me souviens avoir parfaitement exécuté mon plan sur la partie intermédiaire, puis d'avoir pris un peu de risque sur la partie basse, et ce risque a payé et j'ai été capable d'aller très vite".

Aksel Lund Svindal a terminé avec 0,18 seconde d'avance sur Beat Feuz. Mais son coéquipier Kjetil Jansrud n'était pas encore passé. Le médaillé de bronze en descente de Sotchi 2014 et médaillé d'or en super G a dévalé la première moitié de la piste, attaquant de l'extérieur comme il le fait souvent. Même s'il commençait à montrer des signes de faiblesse dans la partie basse, juste là où la force légendaire d'Aksel Lund Svindal avait fait des merveilles, Kjetil Jansrud pouvait, semble-t-il, encore l'emporter jusqu'à cette coûteuse erreur lors du dernier saut. Ce fut au final un doublé norvégien, l'aîné des deux arrivant en tête avec 0,12 seconde d'avance.  

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"Si vous regardez mes écarts, vous pouvez voir que j'ai perdu trop de temps au sommet, j'ai pensé que j'en avais peut-être perdu trop", a déclaré Aksel Lund Svindal. "Mais parce que j'ai skié vraiment très vite dans les portions intermédiaire et basse de la piste, j'ai pu y arriver."

C'était la sixième fois en sept éditions des Jeux Olympiques que les meilleurs Norvégiens se retrouvaient sur le podium masculin en descente, mais c'était la première fois que l'un d'entre eux était sur la plus haut marche. Pour celui qui a écrit l'histoire ce jour-là, le sens de la camaraderie a joué un rôle déterminant.

"Ce n'est pas un sport d'équipe pour ces deux minutes durant lesquelles nous concourons effectivement, mais je pense que c'est un sport d'équipe pour tous les autres aspects. Nous avons discuté au début de notre stratégie, puis nous nous sommes tous retrouvés dans la zone d'arrivée. C'était vraiment une super journée pour l'équipe."

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La journée suivante, l'équipe a récidivé, avec Kejtil Jansrud troisième au super G derrière Beat Feuz et Matthias Mayer, l'Autrichien ajoutant la médaille d'or en super G au titre qu'il avait remporté en descente quatre ans plus tôt à Sotchi. Sur un parcours rapide et exigeant, Aksel Lund Svindal a commis beaucoup trop d'erreurs et a terminé cinquième. Mais ce grand athlète a remporté celle qu'il voulait vraiment, celle dont tout le monde rêve.

"Il ne faut absolument pas tenir pour acquis d'être en forme, d'être rapide, d'avoir les écarts de son côté et que tout s'assemble ce jour-là , confie-t-il. "Toute la tension qui s'accumule, les nerfs, on veut vraiment cette victoire et quand on est capable d'y parvenir ce jour-là, c'est quelque chose dont on se souvient pour le reste de sa vie."

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