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Date
12 févr. 1976
Tags
Innsbruck 1976 , Biathlon , Actu CIO

Le sang-froid de Kruglov double sa mise en biathlon

Le biathlon est souvent considéré comme l’une des épreuves les plus surprenantes des Jeux d’hiver, mais sa combinaison de ski nordique et de tir a donné lieu au fil des ans à quelques passes d’armes passionnantes. La compétition de 1976 à Innsbruck, remportée par Nikolay Kruglov, un électricien soviétique de 25 ans, ne fait pas exception à la règle.


Bien que la discipline ait été inventée en Norvège au XVIIIe siècle, il fallut attendre 1958 pour assister aux premiers championnats du monde. Après ses débuts olympiques deux ans plus tard à Squaw Valley où une course de 20 km figurait au programme, le relais 4x7,5 km masculin fut ajouté en 1968 à Grenoble.

En biathlon, les concurrents courent contre la montre, en utilisant soit la méthode classique de ski nordique qui fait appel au pas alternatif, soit le pas de patineur, plus rapide. Dans le 20 km, chaque skieur fait quatre haltes au cours desquelles il doit tirer cinq balles sur une cible avec un petit calibre, une carabine 22 long rifle, pesant au minimum 3,5 kg. Chaque cible manquée est sanctionnée par une minute de pénalité.

Déjà champion du monde du 10 km sprint en 1975, Kruglov arriva à Innsbruck comme l’un des favoris pour le podium de l’épreuve éprouvante du 20 km, mais jamais il ne s’attendait à rapporter deux médailles à l’URSS.

Cette dernière compétition avait pour grands favoris le Finlandais Heikki Ikola, champion du monde en titre, et Aleksandr Tikhonov, coéquipier de Kruglov qui était passé à côté de l’or à Grenoble et quatre ans plus tard à Sapporo.
 
L’épreuve fut palpitante. Après la première séance de tir, Tikhonov prit le contrôle des opérations devant Ikola et malgré une cible manquée à l’arrêt suivant au stand de tir, il augmenta encore son avance jusqu’à 26 secondes. Dans l’intervalle, Kruglov était remonté à la troisième place, 25 secondes derrière le Finlandais.

Après le troisième passage au tir et un carton plein pour les trois hommes de tête, Kruglov, skiant superbement, termina sur les talons d’Ikola, réduisant son retard à huit secondes à peine.

Mais lors du dernier cycle de tirs – généralement décisif – Kruglov conserva son sang-froid. Ikola, qui accusait déjà un retard de plus d’une minute sur lui, écopa de deux minutes de pénalité alors que Tikhonov s’effondra.

Kruglov, qui servait alors dans l’Armée rouge, garda la tête jusqu’à l’arrivée et devança Ikola d’une minute et demie, en 1h12’12’26, temps ramené à 1h14’12’’26 avec les pénalités. Pour parachever cette victoire méritée dans le 20 km, il y ajouta celle du 4x7,5 km avec l’équipe de l’URSS. Avec Tikhonov comme dernier relayeur, les Soviétiques prirent à nouveau le meilleur sur la Finlande, qui dut se contenter de la médaille d’argent.

Après sa victoire dans le 20 km, Kruglov eut ces mots pour la presse : « Tout le monde attendait Tikhonov pour la médaille d’or, mais la compétition a été difficile et ouverte. J’espérais bien l’une des autres médailles, mais bien entendu, la médaille d’or me comble. »

Après son doublé olympique, Krulov transmit le témoin à son fils, né en 1981 et prénommé lui aussi Nikolay. Nikolay junior a été double champion du monde du relais et a également remporté des médailles d’argent aux Championnats du monde de 2005 et aux Jeux olympiques d’hiver de 2006.

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