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Date
03 janv. 2018
Tags
Actualités Olympiques, Biathlon, Norvège
PyeongChang 2018

Le roi Ole Einar Bjoerndalen prêt à cimenter un peu plus sa légende à PyeongChang 2018

Il aura déjà fêté ses 44 ans et deviendra un des rares athlètes à avoir disputé sept éditions des Jeux Olympiques d'hiver. Et le roi du biathlon norvégien Ole Einar Bjoerndalen, déjà l'athlète le plus médaillé aux Jeux sur la glace et la neige avec treize podiums, n'a pas l'intention de s'arrêter là ! Il se prépare avec son sens du détail pour tenter de cimenter un peu plus sa légende sur les neiges coréennes.

Il est déjà le plus vieux médaillé d'or olympique dans une épreuve individuelle aux Jeux d'hiver (à 40 ans, à l'arrivée du sprint à Sotchi 2014), il est le plus titré en compagnie de son compatriote fondeur Bjorn Daehlie, huit fois, mais il l'a dépassé pour devenir le plus décoré des olympiens sur la neige et la glace, avec treize podiums en tout. Ole Einar Bjoerndalen est également l'athlète hivernal comptant le plus de victoires en Coupe du monde, toutes disciplines confondues, avec 115 succès dont 95 individuels, comme dans les Championnats du monde IBU, totalisant depuis 1997 45 médailles dont 20 titres ! 

Il se trouve par ailleurs que… c'est dans le stade de biathlon d'Alpensia à PyeongChang lors de l'édition 2009 qu'il a disputé ses Mondiaux les plus accomplis : quatre victoires (sprint, poursuite, individuelle, relais) et au pire 4e dans le départ groupé et le relais mixte. Le champion norvégien n'est pas seulement le plus grand biathlète de tous les temps, il est un des meilleurs sportifs de l'histoire.

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Médaillé dans chaque Championnat du monde depuis 1997 !

Si on pensait que les Jeux de Sotchi où il s'est adjugé deux nouveaux titres (le relais mixte en plus du sprint) étaient son chant du cygne, qu'il allait raccrocher les planches et se consacrer à une nouvelle vie, notamment à travers son élection par ses pairs à la commission des athlètes du CIO, on s'est trompés sur toute la ligne. Le roi Ole a au contraire décidé de se lancer sur la route de sa septième participation aux Jeux Olympiques, et il n'a pas fait les choses à moitié. Il a par exemple encore été le meilleur biathlète norvégien dans les Mondiaux d'Oslo en 2016, avec quatre médailles (une en or, deux en argent, une en bronze). 

Compte tenu de son emploi du temps et de ses objectifs sportifs, il annonce le 5 avril 2016 sa démission du CIO. En juillet cette année-là, il épouse la biathlète biélorusse triple championne olympique 2014 Darya Domracheva. Leur petite fille Xenia naît le 1er octobre. En février 2017 à Hochfilzen (Autriche), pour ses vingt-deuxièmes championnats du monde, Ole Einar Bjoerndalen remporte le bronze de la poursuite, selon une règle encore jamais démentie depuis 1997 qui veut qu'il rapporte au moins une médaille dans chaque championnat du monde qu'il dispute. 

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Martin Fourcade lui rend hommage 

En fin de saison 2016-2017, lors de l'étape de Coupe du monde de PyeongChang, le Français Martin Fourcade, qui vient de l'égaler doublement en remportant son sixième classement général de la Coupe du monde, et sa douzième victoire de l'hiver, lui rend un très vibrant hommage en disant : "Vous savez, je fais partie de cette génération qui a grandi en regardant Ole Einar à la télévision. Cela veut dire beaucoup pour moi d’arriver à son niveau. Il m’a tellement inspiré, hier et aujourd’hui !" 

Et d'ajouter : "Je suis arrivé en Corée mort de fatigue avec le décalage horaire, et j’ai vu Ole en train de tester ses skis pour les prochains Jeux, comme un junior ! Il a 43 ans, il compte presque 100 victoires et il continue à rechercher les moindres détails. Je tiens à le remercier pour m’avoir tant inspiré, et je pense que ma 12e victoire de la saison est une forme d’hommage à cet immense champion. Ce qu’il a réalisé est fantastique, et je suis si fier de le rejoindre !" 

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Ne rien laisser au hasard

En octobre 2017, les journalistes de la NRK (chaine publique norvégienne) retrouvent Bjoerndalen  à l'entraînement en compagnie de son épouse, Darya, à Minsk (Biélorussie). Et comme toujours, c'est sa volonté de régler les moindres détails qui transparait. Ainsi, il s'entraîne au stade de biathlon de Raubichi au nord de la capitale. Celui-ci est entouré de montagnes, et il s'est lui-même constitué un parcours approchant la configuration des pistes du stade olympique d'Alpensia, qu'il emprunte inlassablement sur des skis à roulettes. "Un tracé exigeant, plein de pentes raides, et où le vent souffle sur le pas de tir. C'est la raison pour laquelle nous sommes ici. Il est idéal pour nous, il est situé juste à côté de notre maison. C'est parfait." Et d’ajouter : "Travailler ici fait partie de notre plan pour préparer les Jeux, mais je ne vous donnerai pas plus de détails, on préfère garder le secret." Il se déplace dans un camion à ses couleurs, où figure une grande photo de lui en position de tir, et où se trouve l'inscription "Ole Einar Bjoerndalen, 8-Times Olympic Champion". À l'intérieur, une vraie salle de sport, et toute la place nécessaire pour transporter son matériel. 

Après avoir fêté ses 44 ans (le 27 janvier 2018), le roi Ole va donc entrer dans le club très fermé des athlètes qui ont disputé sept éditions des Jeux d'hiver. À ce jour, son "record" toujours à battre est celui établi à Salt Lake City en 2002, où il avait réalisé le Grand Chelem, s'adjugeant la totalité des titres mis en jeu (quatre à l'époque puisque le départ groupé et le relais mixte n'étaient pas encore au programme) et où il s'était également aligné dans le 30 km libre en ski de fond pour se classer 5e. Et il n'ira pas à PyeongChang pour faire de la figuration!

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Il entend bien ne rien laisser au hasard. "Lorsque que l'on se prépare pour un tel évènement, on doit penser au pire, à tous les dangers possibles. Pour la Corée, on pense à la météo, neige, pas neige ? Du vent, pas de vent ? Pluie, tempête, chaleur, on doit être prêt pour affronter toutes les situations. J'aime intégrer le pire durant mes séances de préparation afin de me retrouver dans une zone "de confort" le jour J avec le sentiment de connaître la situation. J'ai souvent gagné grâce à cela dans le passé", explique-t-il. "Je teste de nouveaux skis, je procède à des changements sur ma carabine, j'entends être un nouveau et un meilleur Bjoerndalen. Et le plan reste le même : être dans la forme de ma vie, et réaliser les meilleures performances les jours où c'est possible." 

Bref, il ne serait pas étonnant de retrouver celui qui fut aussi surnommé "le Cannibale" sur un podium à Alpensia dans une ou plusieurs des six épreuves dont deux collectives. Afin de porter son record de médailles encore plus haut. Ne dit-il pas : « Les Jeux, ça veut tout dire pour moi. C’est le plus gros évènement pour nous les athlètes. C’est tous les quatre ans, et les meilleurs se rassemblent pour disputer de fantastiques courses ! »

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