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Date
17 janv. 2018
Tags
PyeongChang 2018 , , Norvège , Ski alpin , Actualités Olympiques
PyeongChang 2018

Le rêve olympique de Kjetil Jansrud

Il possède déjà des médailles de toutes les couleurs aux Jeux Olympiques, il est le tenant du titre du super-G. Kjetil Jansrud, qui s'est imposé en descente à Jeongseon lors de l'épreuve pré-olympique, compte bien embellir sa collection à PyeongChang en 2018 où il s'élancera parmi les principaux favoris dans ses deux disciplines de prédilection.

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La piste de descente de Jeongseon est testée une fois par les hommes en Coupe du monde, lors de la saison 2015-2016, sous un beau soleil, une température clémente et une neige dure. Sur le tracé où les rois de la vitesse vont se mesurer pour l'or olympique à PyeongChang 2018, Kjetil Jansrud prend date le 6 février 2016 en remportant la course avec 20/100e d'avance sur l'Italien Dominik Paris, l'Américain Steven Nyman se classant 3e à 41/100e.

Les coureurs, tout comme les observateurs de la FIS, ne tarissent pas d'éloges sur la toute première piste de descente en République de Corée. "Si vous voulez être le meilleur, vous devez être capable de skier sur tout. C'est une piste de descente olympique plus qu'acceptable", observe alors le champion olympique norvégien du super-G à Sotchi 2014. Kjetil Jansrud s'est aussi montré le plus rapide lors des deux descentes d'entraînement à Jeongseon. "C'est sans doute la première course de l'hiver où je n'ai fait aucune erreur," observe-t-il également après sa victoire.

Kjetil Jansrud est aujourd'hui le leader de l'équipe de ski alpin norvégienne, le champion qui bataille avec Marcel Hirscher pour le classement général de la Coupe du monde, qu'il achève deux fois à la deuxième place, en 2015 et en 2017, s'adjugeant au passage trois petits globes de spécialités : celui de la descente en 2015, et du super-G en 2015 et 2017.

L'homme de Lillehammer

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Né dans la grande ville portuaire de Stavanger le 28 août 1985, Kjetil Jansrud a grandi dans l'Oppland, à Vinstra, "au milieu du paradis norvégien des sports d'hiver" comme il l'explique, et à une heure de route de Lillehammer où il va faire ses gammes en ski alpin à partir de ses sept ans. L'Olympiabakken de Kvitfjell est son royaume : c'est là qu'il remporte sa première victoire en Coupe du monde, en 2012 dans le super-G. Il s'y impose six autres fois, réalisant le doublé descente/super-G en 2014 et en 2015, gagnant encore le super-G en 2016 et la descente en 2017 ! D'ailleurs, cette année, le 25 février, Kjetil Jansrud est le premier Norvégien à gagner sur le parcours complet de l'Olympiabakken, devenue depuis les Jeux d'hiver 1994 l'une des classiques du circuit international.

S'il commence plutôt par les épreuves techniques (il est médaillé d'argent en slalom géant aux Mondiaux juniors de Maribor en 2004), si c'est en slalom qu'il débute en 2003 sur la Coupe du monde, si c'est encore en géant qu'il remporte sa première médaille olympique, terminant deuxième derrière le Suisse Carlo Janka à Whistler lors des Jeux de Vancouver 2010, Kjetil Jansrud va se spécialiser en vitesse. Il compte aujourd'hui huit victoires en descente, notamment sur la Streif de Kitzbühel en 2015, neuf en super-G, une en géant parallèle et une autre en combiné pour un total de 19 succès en Coupe du monde et 41 podiums en tout.

Kjetil Jansrud connaît les trois marches du podium olympique !

Au Jeux Olympiques, l'ambassadeur norvégien des JOJ de Lillehammer 2016 est monté sur toutes les marches du podium. Sa première expérience a lieu à Turin en 2006. "Je venais de gagner la Coupe d'Europe en slalom, en géant et au général, j'étais au sommet, je me sentais imbattable, j'avais 20 ans", raconte-t-il. Après s'être classé 10e du combiné à Sestrières, il se casse le pouce dans la première manche du slalom géant. Il rentre immédiatement en Norvège, se fait opérer d'une "fracture compliquée" et sa saison s'achève là. Il met ensuite du temps à s'installer parmi les meilleurs skieurs au monde, et finalement, son premier grand résultat international est sa médaille d'argent olympique en 2010.

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Alors qu'il se met ensuite à accumuler les podiums sur la Coupe du monde, Kjetil Jansrud subit une nouvelle blessure, lors du super-G des Mondiaux FIS de Schladming 2013 : chute et rupture du ligament croisé antérieur du genou droit. Il raconte la suite : "De ma position de favori, ces Mondiaux se sont achevés pour moi le tout premier jour, avec un ticket retour pour la Norvège. Déterminé à revenir, j'ai travaillé avec acharnement, en approfondissant ma recherche de détails pour m'améliorer. Ma guérison est intervenue plus vite qu'on ne l'aurait cru, et en février 2014, tout juste un an après ma blessure au genou, j'ai réussi à réaliser mon rêve en gagnant aux Jeux de Sotchi l'or au super-G et le bronze en descente. Cela a complété ma collection de médailles olympiques, et cela m'a aussi emmené vers la fin de saison où j'ai signé mon premier succès en descente sur la Coupe du monde", à Kvitfjell, bien entendu.


"Quand je me retourne sur cet hiver 2013-2014, je vois cet accomplissement comme la conséquence directe de mon côté buté, de mon travail acharné, et plus important encore, de n'avoir jamais abandonné." Kjetil Jansrud Norvège

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Faire durer l'hégémonie norvégienne en super-G

Le guitariste émérite ("mais pas aussi bon que Jimi Hendrix", indique-t-il), fan de hockey sur glace, globe-trotter qui dit adorer la Thaïlande et les États-Unis, s'installe donc parmi les favoris à chaque épreuve de vitesse depuis son triomphe olympique 2014. Lors de la saison 2016-2017, il s'impose en descente à Val d'Isère et à Kvitfjell, et en super-G à Val d'Isère, Val Gardena et Bormio. Il prend aussi la médaille d'argent dans cette discipline aux Mondiaux FIS de Saint-Moritz, derrière le Canadien Eric Guay. "Je serai le premier à admettre que je suis très privilégié de pouvoir poursuivre mes rêves dans un loisir qui est devenu un travail à temps complet. Mais le voyage n'est pas terminé, et l'envie d'en gagner persiste encore plus", écrit Kjetil Jansrud sur son site web officiel.

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Sur les neiges coréennes, où il a déjà connu le goût de la victoire, le champion du Peer Gynt Alpinklubb est en mesure de faire durer l'hégémonie olympique norvégienne en super-G (aucun titre ne lui a échappé depuis 2002 avec Kjetil Andre Aamodt par deux fois, Aksel Lund Svindal en 2010… et Kjetil Jansrud en 2014), bref, conserver son titre, et il fera partie des principaux favoris dans la descente. "J'ai beaucoup appris durant toutes mes années de skieur. Mes victoires, mais plus que tout, mes blessures, m'ont fait grandir en tant qu'athlète, mais plus important encore, en tant qu'être humain. J'espère pouvoir utiliser ce savoir de façon positive, qu'il m'apportera un coup de pouce supplémentaire pour devenir une meilleure personne, et un athlète qui va gagner plus de courses à l'avenir". Le 27 octobre 2017, à la veille du début de la saison olympique à Sölden, se tient le forum alpin de la FIS, qui réunit dirigeants, médias et athlètes. Interrogé en compagnie de Mikaela Shiffrin, Kjetil Jansrud donne le ton pour l'hiver olympique : "Travaillons dur et amusons-nous !" Il attaque d'ailleurs sa saison sur les chapeaux de roue en remportant brillamment le premier Super-G de l'hiver, à Lake Louise le 26 novembre, sa 10e victoire en Coupe du monde dans la discipline.

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