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Le report de Tokyo 2020 : une opportunité inestimable pour le champion olympique Eleftherios Petrounias

Petrounias 2016 Getty Images
Eleftherios Petrounias, champion olympique aux anneaux, avait à cœur de conserver son titre à Tokyo cette année. Néanmoins, ayant subi une importante reconstruction de l'épaule à la fin de l'année 2018, il est convaincu que les 12 mois supplémentaires dont il dispose maintenant pour se préparer aux Jeux sont une mauvaise nouvelle pour ses rivaux. 


Le gymnaste grec Eleftherios Petrounias est bien sûr dévasté par l'impact de la pandémie de COVID-19 dans le monde entier, mais sur un plan purement personnel et sportif, le report forcé des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 présente certains avantages.

"C'est positif pour moi pour deux raisons. La première est que je serai encore meilleur l'été prochain et que j'aurai encore plus de puissance", a déclaré joyeusement le champion aux anneaux de Rio 2016, avant d'ajouter : Et puis ma fille [née en novembre 2019] sera là et elle aura plus de chance de s'en souvenir."

La deuxième était peut-être une blague. La première ne l'était pas du tout. Eleftherios Petrounias était intouchable aux anneaux de 2015 à 2018, remportant des titres aux Jeux Olympiques, à trois Championnats du monde, à quatre Championnats d'Europe et aux Jeux européens. Mais la partie la plus importante du corps pour un spécialiste des anneaux l'a lâché. Son épaule gauche ne pouvait plus supporter son poids et il a été opéré du muscle sus-épineux.

 
 
 
 
 
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Όλα πήγαν καλά !!! Έχω ακόμη αγωνία για να ολοκληρωθεί και η αποκατάσταση με επιτυχία και σε τρεις μήνες περίπου ευελπιστώ ότι θα είμαι πάλι πίσω στην προπόνηση μου. Η αγάπη και η δύναμη που μου δώσατε για να ανέβω στους κρίκους πριν από λίγες ημέρες, θα είναι η ώθηση μου και για την ανάρρωση μου. Ευχαριστώ από καρδιάς τον Γιατρό μου Οδυσσέα Παξινό που βρίσκεται δίπλα μου απο την πρώτη στιγμή, τον Dr Lafosse με το ιατρικό του επιτελείο που με φρόντισαν και με έκαναν να νιώθω ασφαλής.Ευχαριστώ την Ελληνική Γυμναστική Ομοσπονδία που μερίμνησε για όλα. Ευχαριστώ τον καθένα σας ξεχωριστά για το κουράγιο που μου δίνετε. Δύσκολος αυτός ο αγώνας που ξεκίνησε σήμερα αλλά είμαστε μαθημένοι στους αγώνες και θα τα καταφέρουμε... #roadtotokyo #petrounias

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À son réveil, son monde s'est effondré.

"Ils m'ont dit que le meilleur chirurgien de l’épaule du monde avait estimé que le tendon du biceps ne durerait pas éternellement. Il [le médecin] a dit : 'Vous m'avez dit que vous vouliez être champion olympique encore et encore et que vous continueriez jusqu'en 2024. Ce que je vous ai fait [changer l'angle du tendon bicipital] prendra plus de temps [pour guérir], mais ce sera permanent. Si je n'avais traité que le tendon sus-épineux, cela aurait peut-être duré le temps des Jeux de Tokyo, mais rien n'est moins sûr et, quoi qu'il en soit, cela n'aurait pas tenu plus'", a expliqué Eleftherios Petrounias, d'une voix maintenant plus légère et enjouée que jamais.

Mais à l'époque, il était loin d'être détendu. Le jeune homme de 29 ans, expert en épaules depuis longtemps, était convaincu d'avoir compris le message du médecin.

"J'ai appelé mon entraîneur et ma mère – j'étais en France pour l'opération - et je leur ai dit : "J'arrête la gymnastique, je n'en ferai plus jamais. C'était un réveil terrible."

Petrounias Getty Images

Pour un homme qui a l'habitude de faire des choses à couper le souffle pour le commun des mortels, les semaines suivantes furent terrifiantes.

"Je ne pouvais pas me doucher ou m'habiller, a-t-il déclaré. Je n'ai pas pu bouger mon bras pendant trois mois. C'était vraiment bizarre. J'ai pratiquement dû tout réapprendre à mon bras [notamment à cause de l'opération effectuée sur son tendon bicipital], comme s'il venait de naître. J'ai même dû apprendre à bouger mon bras."

Au fil des semaines et des mois, les doutes quant à la possibilité de retrouver sa place de meilleur spécialiste des anneaux au monde ne se sont pas dissipés. En fait, ils n'ont fait que s'accentuer.

"Quand [après trois mois] j'ai retiré le support qui maintenait mon épaule, je ne pouvais même pas me coucher sur le lit du kiné. Je pleurais de douleur", se souvient-il. Je n'oublierai jamais ce moment, je pensais que je ne serais même pas capable de me suspendre aux anneaux."

Sa femme, la gymnaste et triple championne olympique Vasiliki Millousi, a joué un rôle essentiel. Elle l'a soutenu, poussé et dorloté. Tout doucement, les choses ont commencé à se remettre en place. Au bout de six mois, il s'entraînait sur la barre fixe, au sol, sur le cheval d'arçon et les barres parallèles. Puis dix mois après l'opération, il a décidé de reprendre les anneaux – fidèle à lui-même, aux Championnats du Monde de gymnastique artistique 2019 à Stuttgart, en Allemagne.


"C'était très risqué de participer aux Championnats du monde. En fait j'aurais eu besoin de 18 mois, voire plus", a admis Eleftherios Petrounias. Mais il n'a jamais été du genre à faire dans la demi-mesure. Loin d'avoir retrouvé toutes ses capacités, le champion en titre a terminé quatrième, à 0,200 points du vainqueur turc Ibrahim Colak.

Alors que seuls les trois premiers se sont qualifiés pour Tokyo 2020, l'athlète grec s'est rapidement fixé pour mission d'obtenir sa place grâce aux séries de Coupe du monde individuelles par engin de la Fédération Internationale de Gymnastique (FIG).

Il s'est ainsi classé deuxième lors de la première étape à Cottbus, en Allemagne, avant de remporter une victoire à Melbourne, en Australie, début 2020 – compétition à l'issue de laquelle il a fait don de ses gains aux victimes des récents feux de forêt qui ont dévasté le pays. Il était en tête de l'épreuve de qualification à Bakou, en Azerbaïdjan, lorsque la pandémie de COVID-19 a mis un coup d'arrêt à la compétition.

"À Bakou, j'avais l'impression d'être de nouveau dans mon élément", a déclaré Eleftherios Petrounias. "2019 a été une année très difficile pour moi. La situation a été vraiment pénible aussi bien sur le plan mental que corporel."

"Mais maintenant je me sens parfaitement bien. Je suis de retour !"

 

Tout au long du confinement pour cause de COVID-19, le gymnaste grec a été content d'avoir une paire d'anneaux suspendus dans le salon de son appartement à Athènes. En plus de leur utilisation sportive, ils ont aussi l'avantage d'avoir fait sourire sa petite fille lorsqu'elle observait, allongée, son père s'entraîner.

Il est maintenant de retour à la salle de sport et les mois qui s'offrent à lui sont une véritable aubaine.

"Je m'entraîne comme je m'entraînais quand j'avais 17 ans et je suis complètement crevé", a déclaré Eleftherios Petrounias, qui est l'un des quelques espoirs olympiques autorisés à revenir dans l'immense salle d'entraînement olympique d'Athènes. "Je commence à comprendre que je vieillis. J'ai mal partout. Je redécouvre des muscles dont j'avais oublié l'existence. Mais je me sens vivant."

Il poursuivra sa préparation physique jusqu'à la fin du mois de juin, avant de prendre un mois de congés en juillet, puis il reprendra le même programme en août. En novembre, il a l'intention de revenir à un entraînement plus ciblé, avec un nouvel objectif en tête.

Petrounias Getty Images

"Je veux enregistrer un nouveau score record lors de ce cycle olympique, a-t-il déclaré. Mon but est d'obtenir un score supérieur à 15,400 ; si j'y arrive, je pourrai obtenir le titre à Tokyo."

Eleftherios Petrounias s'est toujours senti dans son élément en compétition, preuves en sont ses médailles d'or, notamment celle qu'il a décrochée à Rio de Janeiro en 2016.

"Je n'oublierai jamais le sentiment que j'ai ressenti ce jour-là et je ferai tout ce qu'il faut pour le ressentir à nouveau, a-t-il déclaré. Si l'émotion est là et si je suis prêt, je suis presque sûr de gagner."

 
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