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Le Raw Air s’envole dans le sillage des JOJ de 2016

Présenté comme le « tournoi de saut à ski le plus intense et le plus extrême du monde », le Raw Air 2017, qui a lieu en Norvège, s’est emparé de l’élan suscité par les Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver de Lillehammer 2016.

« Dès le début du projet, nous avons regardé ce qui s’était passé à Lillehammer lors des Jeux Olympiques de la Jeunesse », dit Arne Abraten, directeur général du Raw Air.

Son tournoi se déroule dans les villes d’Oslo, Trondheim, Vikersund et Lillehammer, qui vont accueillir du 10 au 19 mars les meilleurs sauteurs à ski de la planète pour dix jours de compétition ininterrompue, un total de 16 tours en individuel et par équipes, et un classement général à la fin. Et cela, un peu plus d’un an après la tenue des JOJ 2016 à Lillehammer, le deuxième événement olympique de la ville.

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« J’ai écouté un exposé du directeur général des JOJ et j’ai constaté que Lillehammer faisait quelque chose de très bien en recrutant une nouvelle génération de volontaires. Ils se sont servis des Jeux pour faire venir les jeunes. En saut à ski, comme dans beaucoup d’autres sports, nous avons besoin des jeunes. Leur présence est indispensable comme athlètes, comme spectateurs et comme volontaires. »

Arne Abraten, qui travaille au quotidien avec la Fédération norvégienne de ski, a été conquis par la façon dont les organisateurs de Lillehammer 2016 ont abordé le sujet souvent délicat de l’antagonisme entre jeunesse et expérience.

« D’après ce que j’ai retenu de cet exposé, leur plus grand bénéfice a été d’avoir pu combiner la motivation des jeunes avec l’expérience des membres plus âgés du personnel des Jeux Olympiques de 1994 (organisés également à Lillehammer) qui travaillaient encore sur le tremplin comme volontaires, dit Arne Abraten. Tout le monde veut toucher les jeunes, mais pour y parvenir, le fait d’avoir utilisé l’expérience des gars plus âgés a été quelque chose de fantastique. »

Le Raw Air, dans lequel les trois premiers reçoivent 100 000 euros chacun, a ciblé sans relâche un public jeune depuis le lancement du tournoi, il y a 14 mois. Le nom, le logo et l’atmosphère du circuit mené tambour battant étaient des indicateurs suffisamment évidents, mais Arne Abraten et ses collègues ont également poursuivi un programme ambitieux hors du tremplin.

« Nous avons davantage mis l’accent sur les artistes, la musique et sur des événements annexes conçus pour les étudiants. Nous avons même mis sur pied une conférence sur les technologies à Trondheim », explique le Norvégien. Trondheim, troisième étape du circuit, compte une population de 30 000 étudiants, principalement à l’université des sciences et technologies de Norvège.

« D’un côté, une soirée après-ski, et de l’autre, une conférence sur les technologies », dit Arne Abraten en riant.

Trondheim est un superbe exemple de la manière dont les jeunes se sont vraiment investis dans le tournoi : ainsi, le président du syndicat étudiant de l’université est également devenu président des volontaires pour le Raw Air.

Chacune des quatre villes du circuit s’enorgueillit de tremplins célèbres dans la légende du saut à ski, de l’emblématique Holmenkollen à Oslo au Hoppsenter de Vikersund, habitué des records. Chacun d’eux a accueilli auparavant ses propres tournois d’élite, indépendants les uns des autres. Le travail d’Arne Abraten consiste à rassembler ces comités d’organisation, comprenant plus de 3 000 membres issus de clubs de ski et d’autres sports locaux.

L’une de ses premières missions a été de les aider à ouvrir leurs portes à un afflux de volontaires, inspirés par les JOJ.

« En Norvège, nous sommes très fiers des épreuves de 1994 et des sports d’hiver. Les JOJ de Lillehammer ont intégré cela dans une nouvelle prospective et brossé un tableau du futur très positif : ce que les jeunes ont fait pour les jeunes », dit-il.

Les efforts d’Arne Abraten pour intégrer du sang neuf au sein de l’organisation ont cependant connu divers degrés de réussite.

« Dans certains domaines, nous avons des gens très jeunes. Lorsqu’il s’agit de médias et de réseaux sociaux, ce n’est pas un problème d’impliquer des gens plus jeunes, car c’est le langage qu’ils parlent. Et cela ne constitue ni une menace ni un danger pour les gens expérimentés », ajoute-il.

« Mais lorsqu’on arrive à des postes impliquant de prendre des décisions et aux secteurs officiels, je constate que l’intérêt est moindre pour s’ouvrir à des jeunes et les inclure. »

« Nous devons changer cela. »

L’exemple montré par les JOJ de Lillehammer 2016, dont le directeur général avait à peine 34 ans, représente une motivation de tous les instants.

Si Daniel Andre Tande ou Andreas Stjernen, les Norvégiens les mieux classés à ce point de la saison de Coupe du monde de la Fédération Internationale de Ski (FIS), venaient à remporter le Raw Air, le public local, profondément patriotique, serait aux anges.

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Mais pour Arne Abraten et son rêve de transformer le Raw Air en un spectacle annuel fabuleux porté par les jeunes, il serait peut-être légèrement plus approprié que le Slovène Bor Pavlovcic crée une énorme surprise et s’empare de la première place. Le jeune lauréat de 18 ans des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Lillehammer 2016 connaît d’ailleurs très bien la recette pour décrocher le gros lot en Norvège.

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