skip to content
Date
04 août 1932
Tags
Los Angeles 1932 , Actu CIO

Le cyclone d’or Babe Didrikson foudroie LA

Les Jeux Olympiques ont toujours révélé des athlètes brillants dans de multiples disciplines, mais peu de sportifs polyvalents ont été plus précoces que Mildred Ella « Babe » Didrikson.


Bien avant d’éclater à la face du monde aux Jeux de Los Angeles, Babe Didrikson, d’origine texane, s’est affirmée dans une myriade de sports, de la course au basketball, en passant par la natation, le plongeon, le saut en hauteur et le baseball.

Mais ce sont ses exploits en athlétisme, où elle s’exprime sur le circuit amateur dans les rangs de l’équipe féminine des « Golden Cyclones » de Dallas, qui vont la propulser au firmament olympique.

Ses performances remarquables lors Championnats amateurs américains (AAU) de 1932 lui permettent ainsi de réserver directement son billet pour la grand-messe olympique de Los Angeles : en une seule après-midi, en effet, elle bat quatre records du monde au javelot, au 80 m haies, au saut en hauteur et au lancer de balle de baseball.

En réalité, ce jour-là, Babe Didrikson se qualifie pour cinq épreuves olympiques, mais les règlements officiels des Jeux de l’époque n’autorisent les femmes à participer qu’à trois épreuves. Étant donné sa capacité à s’imposer à peu près partout, cette règle permettra au moins de fournir un itinéraire bis à certaines de ses rivales potentielles, en leur épargnant de se frotter à ce génie du sport.

De nombreux sportifs se préparent progressivement pour atteindre leur pic de forme au moment de la compétition. Babe Didrikson, elle, a opté pour une approche plus accélérée. Dans l’écrin somptueux du stade olympique de Los Angeles, pour sa toute première sortie des Jeux, elle lance le javelot à proximité des 44 mètres, obtenant l’or et un nouveau record du monde au passage. Pour une première finale olympique féminine du javelot, on ne peut rêver mieux.

Babe Didrikson cherche ensuite à renforcer sa gloire olympique dans le 80 m haies féminin, dont c’est également la première édition. Réunissant toute la force, la technique et la discipline qui lui ont valu le surnom de « Babe » (en l’honneur de Babe Ruth, batteur de baseball à la force de frappe remarquable), elle double sa moisson de médailles d’or et établit un nouveau record du monde de 11’’7, bien qu’elle ait dû vraiment tirer le meilleur d’elle-même pour obtenir ce résultat. Selon le rapport officiel, la course a ainsi « partagé les lauriers avec le 100 m masculin, au titre d’arrivée la plus serrée des Jeux ».

Pour sa troisième et dernière finale, le saut en hauteur, seule une règle hautement discutable la prive d’un rare triplé de médailles d’or. Babe Didrikson et sa compatriote Jean Shiley ont en effet battu toutes les deux le record du monde en franchissant 1,65 m, mais les juges estiment que la tentative de Babe n’est pas régulière (ils considèrent que sa tête a franchi la barre avant le reste du corps) et ils attribuent l’or à Jean Shiley.
Grâce à ses deux médailles d’or californiennes, Babe Didrikson devient célèbre, mais ses exploits sportifs ne font que commencer. Dans les années qui suivent, elle se mettra au golf avec une féroce détermination. Ainsi, selon sa nécrologie dans le New York Times, elle « tapait jusqu’à 1 000 balles par jour et jouait jusqu’à ce que ses mains soient si douloureuses qu’il faille les bander».

Après être passée professionnelle en 1947, elle gagnera tous les titres de golf disponibles et sera élue en 1949 Meilleure sportive du demi-siècle par Associated Press.

Elle mourra tragiquement sept ans plus tard, à 45 ans à peine, après une bataille de trois ans contre le cancer. Sa flamme continuera toutefois à brûler avec éclat et en 1976, un musée dédié à sa vie et à sa carrière sera construit chez elle, à Beaumont au Texas, rendant un vibrant hommage à l’une des plus grandes olympiennes de l’histoire.

back to top