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Date
14 juil. 1912
Tags
Stockholm 1912 , Actu CIO

Le coup de génie d’Hodgson

Le nageur canadien George Hodgson a à peine 18 ans lorsque les Jeux de 1912 surviennent. Il a commencé à imprimer sa marque brièvement, mais de manière tonitruante, en gagnant deux médailles d’or et en plaçant sous l’éteignoir un certain nombre de ses adversaires bien plus huppés.


L’exploit de Hodgson est l’un des plus surprenants que l’on ait vus, tous Jeux confondus. Il n’a pas bénéficié d’un entraînement formel, se rabattant sur son talent pur. Ce qui frappe les esprits, c’est sa nage peu orthodoxe baptisée la « trudgen », véritable mélange de crawl et de nage indienne. Cela fait de Hodgson un concurrent fascinant dans les épreuves de nage libre et, en 1911, il bat le détenteur du record du monde du mile, le Britannique Sydney Battersby, sur sa distance lors du championnat interempire.

Avant les Jeux de Stockholm, Hodgson est en fait invaincu depuis deux ans aux championnats du Canada. Il est le seul nageur de la délégation canadienne et s’aligne sur 400 m et 1 500 m nage libre.

Cette dernière épreuve débute le 6 juillet et 19 nageurs se présentent au départ. Comme l’écrit de façon pittoresque le rapport officiel, Hodgson « a gagné à sa main » la troisième série, en établissant un nouveau record du monde de 22’23’’0. Trois jours plus tard en demi-finale, le jeune Canadien va nettement accélérer après le deuxième virage pour devancer le Britannique Jack Hatfield.

Hodgson est bien évidemment l’homme à battre en finale et il va le prouver de manière spectaculaire. Il s’élance en adoptant un train surprenant et après le premier virage, il compte déjà 10 mètres d’avance. Au passage aux 500 m, l’écart s’est accentué jusqu’à 25 mètres et, au dernier virage, il caracole 40 mètres devant Hatfield. Son chrono de 22’22’’0 est tout simplement un autre record du monde, mais ce n’est pas tout : au lieu de s’arrêter, il continue à nager jusqu’à la marque du mile pour essayer de battre le record du monde de la distance, ce qu’il réussit comme à la parade.

Dans le 400 m, Hodgson remporte assez aisément la première série devant William Foster après un faux départ initial. En demi-finale, il retrouve Hatfield et, en 5’25’’4, il s’en va battre le record du monde que Cecil Healy avait amélioré au premier tour. La course a cependant été très serrée et Hodgson n’a pris le large que dans la dernière longueur de bassin.

En finale, le match Hodgson – Hatfield va connaître un nouvel épisode. Le Canadien mène de bout en bout mais manque de se faire rattraper par son grand rival dans les dernières longueurs. Il s’impose encore en coiffant l’Anglais de 1’’4 et en établissant un nouveau record du monde de 5’24’’4. Le jeune virtuose vient d’éblouir le monde à la vitesse de l’éclair.

Rentré chez lui, Hodgson rejoindra l’université McGill tout en continuant à nager et à briller en water-polo. Il retournera aux Jeux Olympiques en 1920, cette fois sans se mêler à la lutte pour le podium. Après avoir servi dans le Royal Air Naval Service durant la Première Guerre mondiale, il créera plus tard sa propre affaire de courtier en investissement. Si sa carrière sportive a été de courte durée, il peut néanmoins être considéré comme le meilleur nageur canadien de tous les temps, et l’auteur de l’une des plus belles histoires à succès de Stockholm 1912.


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