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Date
24 févr. 2002
Tags
Actu CIO , Communiqué de presse

Le CIO sanctionne trois athlètes


SALT LAKE CITY, Utah (24 février 2002) La commission exécutive du CIO a pris aujourd’hui les décisions suivantes :

 

COMITÉ INTERNATIONAL OLYMPIQUE
COMMISSION EXÉCUTIVE

 

DÉCISION

 

(Règle 25.2.2.1 de la Charte Olympique)

 

1.      Concernant Olga DANILOVA, née le 10 juin 1970, athlète (Fédération de Russie), ski de fond féminin.

 

2.      L’athlète a été priée le 21 février 2002, avant le début de l’épreuve féminine du relais
4x5 km en ski de fond, de fournir un échantillon de sang et, par la suite, un échantillon d’urine.

 

3.      Le président suppléant de la commission médicale du CIO a été informé le 23 février 2002, aux alentours de 17h00, de la découverte d’un résultat anormal concernant un échantillon “A” recueilli le 21 février 2002, lors des XIXes Jeux Olympiques d’hiver à Salt Lake City.

 

4.      Conformément au règlement d’application du Code antidopage du Mouvement olympique, le président suppléant de la commission médicale du CIO, le Prof. Arne Ljungqvist, a constitué une commission d’enquête composée des personnes suivantes : 

 

-         Denis Oswald (président)
-         Eduardo de Rose
-         Peter Hemmersbach.

 

5.      La commission d’enquête a convoqué une audience d’instruction le 23 février 2002 à  23h00, audience à laquelle assistait une délégation (ci-après “la délégation (I)”) composée des personnes suivantes :

 

-         Viktor Mamatov, chef de mission
-         Nikolai Durmanov, chef, inspection antidopage

 

6.      La délégation a été informée des résultats de l’analyse de laboratoire qui, selon le rapport de la commission d’enquête, sont les suivants :

L’analyse des deux échantillons (A et B) a révélé la présence de darbepoetin dans les urines de l’athlète. Le professeur Catlin, chef du laboratoire, a confirmé ces résultats. Il a décrit la méthode utilisée qui est celle couramment utilisée et reconnue pour la détection de l’EPO. Cette méthode permet également de détecter la présence de darbepoetin. Les résultats des analyses d’urine ont été confirmés par les résultats de l’analyse des prélèvements sanguins.

 

Selon le Prof. Catlin, la darbepoetin stimule la production de globules rouges et peut par conséquent augmenter la performance dans les sports d’endurance. Elle peut également être dangereuse pour la santé de l’athlète car elle augmente la viscosité du sang. Cette substance peut être aisément différenciée de l’EPO. Il s’agit d’une substance artificielle non produite naturellement par le corps humain. Sa présence dans les urines ne peut être que d’origine exogène.

 

Le Prof. Catlin a indiqué que la darbepoetin n’est pas inscrite, en tant que telle, dans le Code antidopage du Mouvement olympique mais il s’agit clairement d’une substance apparentée à l’EPO et elle est en conséquence interdite.

 

7.      D’après la commission d’enquête, la présence de darbepoetin dans les urines de l’athlète est confirmée sans le moindre doute par le rapport du laboratoire. La darbepoetin est une substance analogue à l’EPO. Elle a le même effet pharmacologique et possède une structure chimique similaire à celle de l’EPO, laquelle est une substance interdite conformément au Code antidopage du Mouvement olympique. La darbepoetin peut améliorer les performances et présente un risque pour la santé de l’athlète. En conséquence, elle est également interdite en application de l’article 2.1 du Chapitre II du Code antidopage du Mouvement olympique. La commission d’enquête en a conclu qu’Olga Danilova avait commis un délit de dopage en ayant eu recours à une substance interdite conformément aux articles 2.1 et 2.2 du Chapitre II du Code antidopage du Mouvement olympique  (Appendice A I E – actuelle liste des substances interdites par le CIO).

 

8.      La délégation (I) a nié qu’il y avait délit de dopage.

 

9.      Le président du CIO a désigné les cinq membres suivants de la commission exécutive pour former la commission disciplinaire :

 

-      Thomas Bach (président)
-      Richard Kevan Gosper
-      Marc Hodler
-      Ottavio Cinquanta
-      Gunilla Lindberg

             

10.  La commission disciplinaire a tenu une audience le 24 février 2002 au matin en présence de la délégation (ci-après “la délégation (D)) composée des personnes suivantes :

 

-         Viktor Mamatov, chef de mission
-         Nikolai Durmanov, chef, inspection antidopage

 

11.  La Fédération Internationale de Ski (FIS) était représentée à l’audience de la commission disciplinaire par son président, Gianfranco Kasper.

 

12.  L’Agence Mondiale Antidopage (AMA) était représentée à l’audience de la commission disciplinaire par David Howman, observateur.

 

13.  La délégation (D) a accepté que l’audition concernant le cas présent soit associée à celle concernant le cas de Larissa Lazutina. La délégation (D) a posé une question au sujet de la signature du rapport de la commission d’enquête, demandé que lui soit remise la copie du rapport signée par les trois membres de la commission d’enquête, mais a accepté de discuter des faits de la cause. La délégation (D) a argué que la substance en question, la darbepoetin (Aranesp=NESP) n’est pas expressément mentionnée dans la liste des substances interdites. La délégation (D) a reconnu toutefois que cette substance était une substance mimétique, analogue à l’EPO. La délégation (D) a contesté la validité de la méthode de dépistage. La délégation (D) a de plus fait observer que l’athlète avait été sélectionnée pour subir un test de dépistage à la demande de la commission médicale du CIO. Le directeur médical du CIO a confirmé ce fait, ajoutant que cette pratique était conforme au point 1.5 de l’appendice C du Code antidopage du Mouvement olympique  qui stipule “la commission médicale du CIO sera en droit de demander, sans justification, à n’importe quel concurrent de se soumettre à un contrôle de dopage à n’importe quel moment des Jeux”.

 

14.  Après avoir entendu la délégation (D) et les arguments développés par cette dernière, ainsi que le représentant de la Fédération Internationale de Ski, la commission disciplinaire s’est retirée pour délibérer. Dès que la commission disciplinaire a été informée du résultat de l’épreuve féminine de 30 km de ski de fond, M. Ottavio Cinquanta (Italie) a été absent des délibérations de la commission.

 

15.  La commission disciplinaire a conclu que l’athlète avait commis un délit de dopage selon le Chapitre II, articles 2.1 et 2.2, du Code antidopage du Mouvement olympique.

 

16.  La commission disciplinaire a recommandé à la commission exécutive du CIO, conformément au Code antidopage du Mouvement olympique et à la Charte Olympique, de prononcer les sanctions suivantes :

 

-         disqualification de l’athlète de l’épreuve féminine de 30 km classique en ski de fond
-         retrait du diplôme
-         exclusion des XIXes Jeux Olympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake City.

 

17.  La commission exécutive du CIO a retenu les faits exposés et communiqués par la commission d’enquête.

 

18.  La commission exécutive du CIO a pris note ce jour des conclusions de la commission disciplinaire qui s’appuient, entre autres éléments, sur le rapport et l’audience de la commission d’enquête.

 

COMPTE TENU de ce qui précède, conformément à la Règle 25, paragraphe 2.2.1 de la Charte Olympique et des dispositions du Code antidopage du Mouvement olympique,

   

LA COMMISSION EXÉCUTIVE DU
COMITÉ INTERNATIONAL OLYMPIQUE

DÉCIDE :
1.        L’athlète Olga Danilova (Fédération de Russie), membre de l’équipe féminine de ski de fond, est :
(i)        disqualifiée de l’épreuve féminine de 30 km classique en ski de fond
(ii)      exclue des XIXes Jeux Olympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake City,
conformément au Chapitre II, articles 2.1 et 2.2, du Code antidopage du Mouvement olympique,
2.        La Fédération Internationale de Ski est priée de modifier en conséquence les résultats de l’épreuve susmentionnée et de considérer toute autre mesure relevant de sa compétence.
3.        Le Comité National Olympique de la Fédération de Russie reçoit par la présente l’ordre de rendre au CIO, ce jour même à 17h00 au plus tard, le diplôme remis à l’athlète pour sa participation à l’épreuve susmentionnée.
4.        Cette décision entrera en vigueur immédiatement.

 

Salt Lake City, le 24 février 2002

 

Pour la commission exécutive du CIO
François CARRARD
Directeur général

 

COMITÉ INTERNATIONAL OLYMPIQUE
COMMISSION EXÉCUTIVE

 

DÉCISION

 

(Règle 25.2.2.1 de la Charte Olympique)

   

1.      Concernant Larissa LAZUTINA, née le 1er juin 1965, athlète (Fédération de Russie), ski de fond féminin.

 

2.      L’athlète a été priée le 21 février 2002, avant le début de l’épreuve féminine du relais
4x5 km en ski de fond, de fournir un échantillon de sang et, par la suite, un échantillon d’urine.

 

3.      Le président suppléant de la commission médicale du CIO a été informé le 23 février 2002, aux alentours de 17h00, de la découverte d’un résultat anormal concernant un échantillon “A” recueilli le 21 février 2002, lors des XIXes Jeux Olympiques d’hiver à Salt Lake City.

 

4.      Conformément au règlement d’application du Code antidopage du Mouvement olympique, le président suppléant de la commission médicale du CIO, le Prof. Arne Ljungqvist, a constitué une commission d’enquête composée des personnes suivantes : 

-         Denis Oswald (président)
-         Eduardo de Rose
-         Peter Hemmersbach.

 

5.      La commission d’enquête a convoqué une audience d’instruction le 23 février 2002 à  23h00, audience à laquelle assistait une délégation (ci-après “la délégation (I)”) composée des personnes suivantes :

-      Viktor Mamatov, chef de mission

-      Nikolai Durmanov, chef, inspection antidopage
 

6.      La délégation a été informée des résultats de l’analyse de laboratoire qui, selon le rapport de la commission d’enquête, sont les suivants :

L’analyse des deux échantillons (A et B) a révélé la présence de darbepoetin dans les urines de l’athlète. Le professeur Catlin, chef du laboratoire, a confirmé ces résultats. Il a décrit la méthode utilisée qui est celle couramment utilisée et reconnue pour la détection de l’EPO. Cette méthode permet également de détecter la présence de darbepoetin. Les résultats des analyses d’urine ont été confirmés par les résultats de l’analyse des prélèvements sanguins.

Selon le Prof. Catlin, la darbepoetin stimule la production de globules rouges et peut par conséquent augmenter la performance dans les sports d’endurance. Elle peut également être dangereuse pour la santé de l’athlète car elle augmente la viscosité du sang. Cette substance peut être aisément différenciée de l’EPO. Il s’agit d’une substance artificielle non produite naturellement par le corps humain. Par conséquent, sa présence dans les urines ne peut être que d’origine exogène.
Le Prof. Catlin a indiqué que la darbepoetin n’est pas inscrite, en tant que telle, dans le Code antidopage du Mouvement olympique mais il s’agit clairement d’une substance apparentée à l’EPO et elle est en conséquence interdite.

 

7.      D’après la commission d’enquête, la présence de darbepoetin dans les urines de l’athlète est confirmée sans le moindre doute par le rapport du laboratoire. La darbepoetin est une substance analogue à l’EPO. Elle a le même effet pharmacologique et possède une structure chimique similaire à celle de l’EPO, laquelle est une substance interdite conformément au Code antidopage du Mouvement olympique. La darbepoetin peut améliorer les performances et présente un risque pour la santé de l’athlète. En conséquence, elle est également interdite en application de l’article 2.1 du Chapitre II du Code antidopage du Mouvement olympique. La commission d’enquête en a conclu que Larissa Lazutina avait commis un délit de dopage en ayant eu recours à une substance interdite conformément aux articles 2.1 et 2.2 du Chapitre II du Code antidopage du Mouvement olympique  (Appendice A I E – actuelle liste des substances interdites par le CIO).

 

8.      La délégation (I) a nié qu’il y avait délit de dopage.

 

9.      Le président du CIO a désigné les cinq membres suivants de la commission exécutive pour former la commission disciplinaire :

 

-        Thomas Bach (président)
-        Richard Kevan Gosper
-        Marc Hodler
-        Ottavio Cinquanta
-        Gunilla Lindberg

 

10.  La commission disciplinaire a tenu une audience le 24 février 2002 au matin en présence de la délégation (ci-après “la délégation (D)) composée des personnes suivantes :

 

-        Viktor Mamatov, chef de mission
-        Nikolai Durmanov, chef, inspection antidopage

 

11.  La Fédération Internationale de Ski (FIS) était représentée à l’audience de la commission disciplinaire par son président, Gianfranco Kasper.

 

12.  L’Agence Mondiale Antidopage (AMA) était représentée à l’audience de la commission disciplinaire par David Howman, observateur.

 

13.  La délégation (D) a accepté que l’audition concernant le cas présent soit associée à celle concernant le cas de Larissa Lazutina. La délégation (D) a posé une question au sujet de la signature du rapport de la commission d’enquête, demandé que lui soit remise la copie du rapport signée par les trois membres de la commission d’enquête, mais a accepté de discuter des faits de la cause. La délégation (D) a argué que la substance en question, la darbepoetin (Aranesp=NESP) n’est pas expressément mentionnée dans la liste des substances interdites. La délégation (D) a reconnu toutefois que cette substance était une substance mimétique, analogue à l’EPO. La délégation (D) a contesté la validité de la méthode de dépistage. La délégation (D) a de plus fait observer que l’athlète avait été sélectionnée pour subir un test de dépistage à la demande de la commission médicale du CIO. Le directeur médical du CIO a confirmé ce fait, ajoutant que cette pratique était conforme au point 1.5 de l’appendice C du Code antidopage du Mouvement olympique  qui stipule “la commission médicale du CIO sera en droit de demander, sans justification, à n’importe quel concurrent de se soumettre à un contrôle de dopage à n’importe quel moment des Jeux”.

 

14.  Après avoir entendu la délégation (D) et les arguments développés par cette dernière, ainsi que le représentant de la Fédération Internationale de Ski, la commission disciplinaire s’est retirée pour délibérer. Dès que la commission disciplinaire a été informée du résultat de l’épreuve féminine de 30 km de ski de fond, M. Ottavio Cinquanta (Italie) a été absent des délibérations de la commission.

 

15.  La commission disciplinaire a conclu que l’athlète avait commis un délit de dopage selon le Chapitre II, articles 2.1 et 2.2, du Code antidopage du Mouvement olympique.

 

16.  La commission disciplinaire a recommandé à la commission exécutive du CIO, conformément au Code antidopage du Mouvement olympique et à la Charte Olympique, de prononcer les sanctions suivantes :

 

-         disqualification de l’athlète de l’épreuve féminine de 30 km classique en ski de fond
-         retrait du diplôme
-         exclusion des XIXes Jeux Olympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake City.

 

17.  La commission exécutive du CIO a retenu les faits exposés et communiqués par la commission d’enquête.

 

18.  La commission exécutive du CIO a pris note ce jour des conclusions de la commission disciplinaire qui s’appuient, entre autres éléments, sur le rapport et l’audience de la commission d’enquête.

 

COMPTE TENU de ce qui précède, conformément à la Règle 25, paragraphe 2.2.1 de la Charte Olympique et des dispositions du Code antidopage du Mouvement olympique,

   

LA COMMISSION EXÉCUTIVE DU
COMITÉ INTERNATIONAL OLYMPIQUE

DÉCIDE :
1.      L’athlète Larissa Lazutina (Fédération de Russie), membre de l’équipe féminine de ski de fond, est :
(iii)    disqualifiée de l’épreuve féminine de 30 km classique en ski de fond
(iv)    exclue des XIXes Jeux Olympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake City,
conformément au Chapitre II, articles 2.1 et 2.2, du Code antidopage du Mouvement olympique,
2.      La Fédération Internationale de Ski est priée de modifier en conséquence les résultats de l’épreuve susmentionnée et de considérer tout autre mesure relevant de sa compétence.
3.      Le Comité National Olympique de la Fédération de Russie reçoit par la présente l’ordre de rendre au CIO, ce jour même à 17h00 au plus tard, le diplôme remis à l’athlète pour sa participation à l’épreuve susmentionnée.
4.      Cette décision entrera en vigueur immédiatement.

 

Salt Lake City, le 24 février 2002

 

Pour la commission exécutive du CIO
François CARRARD
Directeur général


COMITÉ INTERNATIONAL OLYMPIQUE
COMMISSION EXÉCUTIVE

 

DÉCISION

 

(Règle 25.2.2.1 de la Charte Olympique)

   

1.      Concernant Johann MUEHLEGG, né le 8 novembre 1970, athlète (Espagne), ski de fond masculin.

 

2.      L’athlète a été prié le 21 février 2002 au soir de fournir des échantillons de sang et d’urine dans le cadre d’un contrôle hors compétition.

 

3.      Le président suppléant de la commission médicale du CIO a été informé le 23 février 2002, aux alentours de 19h00, par le laboratoire accrédité par le CIO à Salt Lake City, de la découverte d’un résultat anormal concernant un échantillon “A” recueilli le 21 février 2002, lors des XIXes Jeux Olympiques d’hiver à Salt Lake City.

 

4.      Conformément au règlement d’application du Code antidopage du Mouvement olympique, le président suppléant de la commission médicale du CIO, le Prof. Arne Ljungqvist, a constitué une commission d’enquête composée des personnes suivantes : 

 

-                Denis Oswald (président)
-                Eduardo de Rose
-                Peter Hemmersbach.

 

5.      La commission d’enquête a convoqué une audience d’instruction le 23 février 2002 à  22h00, audience à laquelle assistait une délégation (ci-après “la délégation (I)”) composée des personnes suivantes :

 

-                Johann Muehlegg, athlète
-                Juan A. Gómez-Angulo, ministre des Sports
-                Víctor Sánchez, secrétaire général du CNO espagnol
-                Joaquin Agulla, chef de mission
-                Benjamin Fernández, médecin

 

6.      La délégation a été informée des résultats de l’analyse de laboratoire qui, selon le rapport de la commission d’enquête, sont les suivants :

L’analyse des deux échantillons (A et B) a révélé la présence de darbepoetin dans les urines de l’athlète. Le professeur Catlin, chef du laboratoire, a confirmé ces résultats. Il a décrit la méthode utilisée qui est celle couramment utilisée et reconnue pour la détection de l’EPO. Cette méthode permet également de détecter la présence de darbepoetin. Les résultats des analyses d’urine ont été confirmés par les résultats de l’analyse des prélèvements sanguins.

Selon le Prof. Catlin, la darbepoetin stimule la production de globules rouges et peut par conséquent augmenter la performance dans les sports d’endurance. Elle peut également être dangereuse pour la santé de l’athlète car elle augmente la viscosité du sang. Cette substance peut être aisément différenciée de l’EPO. Il s’agit d’une substance artificielle non produite naturellement par le corps humain. Par conséquent, sa présence dans les urines ne peut être que d’origine exogène.

Le Prof. Catlin a indiqué que la darbepoetin n’est pas inscrite, en tant que telle, dans le Code antidopage du Mouvement olympique mais il s’agit clairement d’une substance apparentée à l’EPO et elle est en conséquence interdite.

 

7.      D’après la commission d’enquête, la présence de darbepoetin dans les urines de l’athlète est confirmée sans le moindre doute par le rapport du laboratoire. La darbepoetin est une substance analogue à l’EPO. Elle a le même effet pharmacologique et possède une structure chimique similaire à celle de l’EPO, laquelle est une substance interdite conformément au Code antidopage du Mouvement olympique. La darbepoetin peut améliorer les performances et présente un risque pour la santé de l’athlète. En conséquence, elle est également interdite en application de l’article 2.1 du Chapitre II du Code antidopage du Mouvement olympique. La commission d’enquête en a conclu que Johann Muehlegg avait commis un délit de dopage en ayant eu recours à une substance interdite conformément aux articles 2.1 et 2.2 du Chapitre II du Code antidopage du Mouvement olympique  (Appendice A I E – actuelle liste des substances interdites par le CIO).

 

8.      La délégation (I) a nié qu’il y avait délit de dopage et a demandé que l’échantillon "B" soit analysé.

 

9.      Le président du CIO a désigné les cinq membres suivants de la commission exécutive pour former la commission disciplinaire :

 

-                Thomas Bach (président)
-                Richard Kevan Gosper
-                Marc Hodler
-                Ottavio Cinquanta
-                Gunilla Lindberg

 

10.  La commission disciplinaire a tenu une audience le 24 février 2002 au matin en présence de la délégation (ci-après “la délégation (D)) composée des personnes suivantes :

 

-                Johann Muehlegg, athlète
-                Juan A. Gómez-Angulo, ministre des Sports
-                Víctor Sánchez, secrétaire général du CNO espagnol
-                Joaquin Agulla, chef de mission
-                Benjamin Fernández, médecin

 

11.  La Fédération Internationale de Ski (FIS) était représentée à l’audience de la commission disciplinaire par son président, Gianfranco Kasper.

 

12.  L’Agence Mondiale Antidopage (AMA) était représentée à l’audience de la commission disciplinaire par David Howman, observateur.

         

13.  La délégation (D) a soulevé quelques questions sur la procédure et notamment à propos de la signature du rapport de la commission d’enquête mais elle a accepté de discuter des faits de la cause. La délégation (D) a avancé qu’il ne pouvait y avoir délit de dopage étant donné que la substance concernée, la darbepoetin (Aranesp=NESP), n’est ni sur la liste ni une substance apparentée. La délégation a contesté la validité de la méthode de détection. L’athlète a fait remarquer qu’il avait été contrôlé à plusieurs reprises, même pendant ces Jeux Olympiques, que ces contrôles avaient été négatifs et qu’il ne pouvait pas donner d’autres explications. Il a décrit le régime alimentaire qu’il suivait les jours précédant ses compétitions.

 

14.  Après avoir entendu la délégation (D) et les arguments développés par cette dernière, ainsi que le représentant de la Fédération Internationale de Ski, la commission disciplinaire s’est retirée pour délibérer.

 

15.  La commission disciplinaire a conclu que l’athlète avait commis un délit de dopage selon le Chapitre II, articles 2.1 et 2.2, du Code antidopage du Mouvement olympique.

 

16.  La commission disciplinaire a recommandé à la commission exécutive du CIO, conformément au Code antidopage du Mouvement olympique et à la Charte Olympique, de prononcer les sanctions suivantes :

 

-         disqualification de l’athlète de l’épreuve masculine de 50 km classique en ski de fond
-         retrait de la médaille et du diplôme
-         exclusion des XIXes Jeux Olympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake City.

 

17.  La commission exécutive du CIO a retenu les faits exposés et communiqués par la commission d’enquête.

 

18.  La commission exécutive du CIO a pris note ce jour des conclusions de la commission disciplinaire qui s’appuient, entre autres éléments, sur le rapport et l’audience de la commission d’enquête.

           
   

COMPTE TENU de ce qui précède, conformément à la Règle 25, paragraphe 2.2.1 de la Charte Olympique et des dispositions du Code antidopage du Mouvement olympique,

   

LA COMMISSION EXÉCUTIVE DU
COMITÉ INTERNATIONAL OLYMPIQUE

DÉCIDE :
1.      L’athlète Johann MUEHLEGG (Espagne), membre de l’équipe masculine de ski de fond, est :
(v)      disqualifié de l’épreuve masculine de 50 km classique en ski de fond
(vi)    exclu des XIXes Jeux Olympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake City,
conformément au Chapitre II, articles 2.1 et 2.2, du Code antidopage du Mouvement olympique,
2.      La Fédération Internationale de Ski est priée de modifier en conséquence les résultats de l’épreuve susmentionnée et de considérer toute autre mesure relevant de sa compétence.
3.      Le Comité Olympique Espagnol reçoit par la présente l’ordre de rendre au CIO, ce jour même à 17h00 au plus tard, la médaille et le diplôme remis à l’athlète en relation avec sa participation à l’épreuve susmentionnée.
4.      Cette décision entrera en vigueur immédiatement.

 

Salt Lake City, le 24 février 2002

 

Pour la commission exécutive du CIO
François CARRARD
Directeur général

 

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