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PyeongChang 2018

Le bobsleigh vu de l'intérieur

Quelles sont les conditions à réunir pour réussir en bobsleigh, que l'on soit le pilote qui guide son engin à une vitesse affolante entre de véritables murs de glace, ou les pousseurs qui doivent être forts à la poussée et aérodynamiques ensuite ? À PyeongChang 2018 comme cette année, Francesco Friedrich et ses équipiers ont trouvé la bonne recette…

 


En 2019, le pilote allemand, double champion olympique à PyeongChang 2018, Francesco Friedrich gagne tout. Huit étapes de la Coupe du monde, en bob à deux, de Sigulda le 8 décembre 2018 à Calgary le 23 février 2019, huit victoires, et en bob à quatre, quatre victoires et sept podiums. Il s'impose dans les deux classements. Lors des Mondiaux IBSF en mars sur la piste olympique de Whistler (Canada), il gagne son cinquième titre planétaire à deux avec Thorsten Margis, et son deuxième titre consécutif à quatre avec les mêmes équipiers qu'aux Jeux : Margis, Candy Bauer et Martin Grothkopp.

Mais revenons un an en arrière avec les compétitions olympiques au centre de glisse d'Alpensia,  suivies de l'intérieur du premier au dernier jour par Olympic Channel. Normuns Kotans, le responsable du site à PyeongChang, disait justement : "Il est intéressant de voir que ce n'est pas forcément le meilleur pilote ou le meilleur pousseur, ou encore celui qui a le meilleur équipement qui gagne. Il faut une combinaison de tout ça. Il n'est pas facile de réunir tous ces éléments et il y a la chance aussi". Il apparaît que Francesco Friedrich a trouvé la bonne recette !

Getty Images

Aux Jeux, on ne voit pas que les acteurs traditionnels du circuit mondial annuel. Les athlètes australiens, brésiliens ou les Nigérianes et les Jamaïcaines, notamment, sont présents pour tenter de progresser, tout comme les Chinois qui se préparent à une belle échéance à la maison quatre ans plus tard.

Un pilote de bobsleigh est comme un musicien, ou un chef d'orchestre qui doit exécuter sa partition à la perfection avec des notions de tempo, de précision et de travail en équipe. Les pilotes utilisent la technique de la visualisation pour apprendre les virages par cœur, et les répètent inlassablement dans leur tête, avec également les gestes qui dessinent chaque courbe pour que le rendu soit le meilleur possible une fois l'engin lancé sur la glace.

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Dans le même ordre d'idées, l'ancienne médaillée d'argent olympique Shauna Rohbock, qui entraîne l'équipe du Brésil, explique : "Avant la course, les pousseurs sont les plus survoltés. Le pilote est plus calme. Mais quand il pousse, il doit passer du rock'n'roll à la musique classique parce qu'il faut être électrique au départ puis relax ensuite. Le reste doit se dérouler comme une danse sur la piste."

L'équipe féminine du Nigeria, qui participe pour la première fois aux Jeux, s'améliore au fil des descentes, mais termine dernière de sa compétition. Cela n'empêche par Akuoma Omeoga d'expliquer : "Difficile de traduire cette expérience par les mots. On représente non seulement le Nigeria, mais toutes les femmes africaines," et la pilote Seun Adigun d'ajouter : "Être une olympienne, cela veut dire dévouement et résilience, amitié et honneur, confiance et loyauté et tout ce qui peut servir à atteindre et à personnifier l'excellence."

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Quant au jeune pilote chinois Shao Yijun, 26e sur 30 concurrents dans l'épreuve de bob à quatre, ses entraîneurs Heath Spencer et Manuel Machata sont convaincus au vu des progrès effectués en l'espace de deux années, qu'il sera bientôt parmi les meilleurs du monde. "Pour moi, le bobsleigh, c'est la course, la vitesse, l'adrénaline qui monte, la camaraderie qui existe dans l'équipe, la compétition, l'amitié en dehors de la piste avec les autres pays," dit Heath Spencer. "Dans quatre ans, ils seront au top. Ils sont géniaux, jeunes, enthousiastes, ils veulent apprendre."

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À PyeongChang 2018, les compétitions s'achèvent avec les deux dernières manches du bob à quatre, le jour de la cérémonie de clôture. Derrière Friedrich et son équipe, le bob mené par Nico Walter termine co-médaillé d'argent avec le quatuor de la République de Corée emmené par Yun-jong Won. Dans le bob de Walter, figure un "ancêtre", l'athlète de 39 ans Kevin Kuske qui pousse pour la dernière fois de sa carrière. Sa médaille d'argent est sa sixième aux Jeux depuis 2002, pour un total de quatre titres. Il devient le bobeur le plus décoré des 94 ans d'histoire des Jeux Olympiques d'hiver.

 
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