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Femmes dans le sport

Lauréats du Trophée “Femme et Sport” du CIO : Que sont-ils devenus ?

En prélude à la remise des Trophées “Femme et Sport” 2019 du CIO, voyons ce que deux anciens lauréats du trophée mondial ont fait depuis.

Birgitta Kervinen n’a jamais choisi la voie de la facilité dans la vie, alors lorsque ses dizaines d’années passées au service de l’égalité des sexes dans le sport ont été reconnues par le CIO en 2017, la Finlandaise n’allait pas se reposer sur ses lauriers.

“J’ai commencé à réfléchir dans l’avion pour Lausanne [où elle s’est rendue pour recevoir son prix]. Je me suis dit que j’aimerais faire quelque chose de spécial avec cette contribution financière”, a expliqué Birgitta Kervinen à olympic.org. “Je savais que je voulais changer le leadership international parce qu’il ne reflète pas la vraie femme sportive. Il est toujours dominé par les hommes, vieux jeu, et encore sombre à bien des égards.”

Birgitta Kervinen a donc lancé un programme éducatif – avec l’aide du CIO, des Comités Olympiques Européens et du Comité National Olympique de Finlande – afin de former des jeunes dirigeants à devenir des défenseurs de l’égalité des sexes dans le sport. Le programme New Leaders (nouveaux dirigeants) a sélectionné 30 jeunes professionnels du sport provenant de 26 pays et leur donne les outils pour faire bouger les choses au niveau national.

 

Ces jeunes partagent leurs expériences et acquièrent de nouvelles compétences essentielles grâce à trois ateliers – à Vilnius, Lituanie (janvier 2019), à Dublin, Irlande (avril) et à Bakou, Azerbaïdjan (juillet) – avant une conférence de clôture à Helsinki, Finlande, en novembre.

“Je n’ai pas reçu beaucoup de soutien dans ma carrière de dirigeante sportive. Le mentorat n’existait pas vraiment quand j’ai commencé. Alors j’ai appris à la dure, en commettant des erreurs”, a indiqué Birgitta Kervinen. “J’ai pensé que ce serait formidable si nous pouvions créer quelque chose ensemble. L’objectif principal est de changer la donne en matière de leadership [sportif en Europe].”

Un des éléments clés qu’elle essaie d’enseigner à ces jeunes est l’importance de se faire entendre pour amener le changement. Elle n’a jamais eu peur de froisser les esprits.

Getty Images - Ranked first for Oceania: Ms Lauren Jackson – Australia (2018)

“Je suis très souvent vue comme une "femme difficile"”, dit-elle. “Des dizaines de fois je me suis retrouvée toute seule parce que je n’ai pas voulu faire de compromis qui auraient sacrifié mes valeurs. J’ai été rabaissée; je me suis heurtée à l’opposition, j’ai même subi des pressions lorsque je défendais mes propres valeurs; mais je sais que ça en valait la peine.”

“Si vous avez des opinions et que voulez changer les décisions, vous devez bien entendu lancer un débat difficile. Je veux que ces jeunes dirigeants se lèvent et réagissent dans leurs pays et qu’ils disent : "Non, ce n’est pas comme ça qu’on se comporte." Je ne veux pas qu’ils restent assis là, en silence, d’abord dans leurs pays et ensuite sur la scène internationale.”

Un autre message essentiel que Birgitta Kervinen cherche à faire passer est l’importance que les femmes et les hommes travaillent ensemble pour accroître l’égalité. Parmi ces 30 nouveaux dirigeants, 19 sont des femmes et 11 des hommes, car lorsque Birgitta a vu à quel point les instances décisionnelles sportives étaient dominées par les hommes, elle a compris que le changement ne pouvait se faire que si les deux sexes étaient représentés.

Getty Images - Ranked first for Africa: Ms Rachel Muthoga - Kenya (2018)

Elle met en avant les recommandations du CIO en matière d’égalité des sexes ainsi que l’Agenda olympique 2020 comme feuilles de route en faveur d’un changement positif, mais ajoute qu’il reste encore beaucoup à faire dans le monde. Elle espère que ces nouveaux dirigeants accéléreront le rythme du changement : “C’est ce que nous espérons tous, mais nous savons que ce ne sera pas facile. Ils comprendront qu’eux-mêmes doivent être actifs; ils doivent changer les comportements au niveau national.”

Birgitta Kervinen a parcouru un long chemin. Elle a été élevée dans une “famille très pauvre” dans la Finlande de l’après-guerre où l’on ne mangeait pas toujours à sa faim. Elle a commencé à apprendre à être une dirigeante sportive à 12 ans lors d’un camp d’été, puis elle a été élue au sein des instances dirigeantes de l’Organisation sportive des travailleurs finlandais, de la Fédération des sports finlandais et de l’Organisation sportive européenne non-gouvernementale.

Getty Images - Ranked first for the Americas: Ms Chandra Crawford - Canada (2018)

Le trophée décerné par le CIO en 2017 a récompensé ses qualités de dirigeante avec son projet visant à accroître le nombre de femmes entraîneurs. Alors que signifie cette reconnaissance pour elle ? “J’ai ressenti de la joie et de la gratitude. J’étais très honorée. Mes efforts avaient finalement un sens. C’était le moment où de "personne" je suis devenue "quelqu’un".”

En 2015, le Comité National Olympique de Nouvelle-Zélande a reçu le Trophée mondial "Femme et Sport" du CIO en reconnaissance de ses efforts en faveur de l’égalité des sexes dans le sport, notamment grâce à une forte représentation féminine au sein de sa commission exécutive, parmi ses cadres et dans sa délégation olympique.

Il a utilisé la subvention qu’il a reçue grâce à ce trophée pour créer une académie qui aide les femmes athlètes du pays à assumer des rôles de dirigeantes sportives lorsque leur carrière dans la compétition touche à sa fin. “Ce programme d’académie est un formidable héritage du Trophée "Femme et Sport" du CIO”, a déclaré la secrétaire générale du CNO néozélandais, Kereyn Smith, une des rares femmes à occuper un poste de dirigeante au sein du Mouvement olympique.

Getty Images - Ranked first for Asia: Ms Samar Nassar - Jordan (2018)

“C’était un projet passionnant et qui a manifestement eu un fort impact. Le but est vraiment d’aider les jeunes femmes à faire la transition et à occuper des postes de dirigeantes, de leur fournir les compétences, les connaissances et les réseaux nécessaires pour pouvoir faire leur chemin dans leur nouvelle vie.”

Kereyn Smith indique que cette Académie pour les femmes dirigeantes sportives (Women´s Sport Leadership Academy) peut jouer un rôle important en corrigeant le déséquilibre entre les sexes qu’elle constate lorsqu’elle assiste à des forums internationaux sur le leadership sportif. Comme Birgitta Kervinen, elle précise qu’“il y a encore beaucoup à faire”, mais elle est inspirée par la nouvelle génération de dirigeantes sportives qui est en train d’arriver.

“Je pense qu’en tant qu’organisation chef de file, nous avons la responsabilité de soutenir et de promouvoir les femmes à des postes de direction. On peut faire encore tellement de choses”, ajoute-t-elle. “Je suis absolument certaine que ces femmes qui participent à notre programme de leadership seront des figures de proue au sein du Mouvement olympique.”

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