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Getty Images / Clive Rose

Lara Teixeira prête à faire des vagues devant son public


Lara Teixeira a débuté la natation synchronisée à l'âge de 8 ans. Deux ans plus tard, elle représentait déjà son pays, le Brésil. À 28 ans, elle s'apprête à disputer ses troisièmes Jeux Olympiques cet été. Devant un public où sa famille et ses amis figureront en bonne place, la jeune femme entend tout faire pour accéder enfin à sa première finale.

« Quand j'étais enfant, j'étais fascinée par la beauté de la natation synchronisée, raconte Lara Teixeira. Dans mon club, je faisais déjà de la natation, de la gymnastique et de la danse. Entre les cours, j'allais observer les leçons de natation synchronisée. J'adorais la musique et les mouvements. À 8 ans, je me suis dit que je nageais suffisamment bien pour essayer. Cette discipline regroupait un peu tous les autres sports que je pratiquais : natation, gymnastique et danse. Ça m'a aidé à comprendre les gestes et la technique. À 10 ans, j'étais en équipe nationale. C'est à partir de ce moment que j'ai commencé à envisager de faire carrière. »

Lara ne cache pas son admiration pour Camille Mourão, la star incontestée de la natation synchronisée lors de ses jeunes années. La jeune Brésilienne a commencé à marcher sur ses traces en 2007, à l'âge de 20 ans. Lara a fait ses grands débuts cette année-là aux Jeux Panaméricains, au Centre aquatique Maria Lenk de Rio, site qui accueillera la compétition olympique l’été prochain. « C'était la première fois que je vivais quelque chose d'aussi fort, poursuit Lara, qui s'était adjugé la médaille de bronze. Le bruit qui venait des gradins était si fort que j'ai failli pleurer. C'est l'un des moments les plus intenses et les plus excitants de ma carrière. Ce jour-là, j'ai compris pourquoi tout le monde disait que les supporters brésiliens étaient différents des autres. »

L'année suivante, Lara a participé pour la première fois aux Jeux Olympiques, à Pékin. De son propre aveu, sans doute n'était-elle pas tout à fait prête. Pourtant, cette expérience lui a donné la ferme conviction d'avoir sa place au plus haut niveau. « Je ne m'étais pas suffisamment entraînée durant le cycle olympique. J'ai commencé à travailler avec ma partenaire Naiara un an avant les Jeux. Mais c'était tout de même quelque chose. J'ai vraiment eu le sentiment de pouvoir me mesurer aux meilleures spécialistes de la planète. Je pensais que l'avenir m'appartenait. »

Pour commémorer l'occasion, la jeune femme s'est fait tatouer les anneaux olympiques sur l'épaule ! « Quand on participe pour la première fois aux Jeux Olympiques, on prend conscience d'appartenir à une petite élite qui a la chance de réaliser l'un de ses rêves. On voudrait que ça dure le plus longtemps possible. C'est pour ça que j'ai fait réaliser ce tatouage ; pour que ce moment dure toujours. »

Al Bello/Getty Images

Quatre ans plus tard, Lara a replongé dans la piscine olympique mais, cette fois, elle a abordé la compétition dans un tout autre état d'esprit. « Londres 2012 était complètement différent pour moi. J'étais au sommet de ma forme physique et mentale. Nous avons donné le maximum et nous avons fini à 0,3 point d'une place en finale. Mais j'ai tout de même eu le sentiment que nous pouvions faire mieux. Alors, j'ai décidé de tenter à nouveau ma chance cette année. »

Lara n'a rien perdu de son enthousiasme à la perspective de croiser quelques-uns des plus grands sportifs de la planète sur la scène olympique. « Quand je suis arrivée à Pékin en 2008, j'étais très timide. Je me disais sans arrêt : 'Allez, tu es une athlète comme les autres. Tu n'es pas là pour demander des photos.' Mais un beau jour, j'ai vu des sportifs se battre pour poser avec l'ancien basketteur chinois Yao Ming. En fait, ça n'avait rien d'exceptionnel. Ça arrive tout le temps aux Jeux Olympiques. À Londres, j'ai pris plein de photos. J'ai croisé le nageur américain Michael Phelps et je lui ai demandé s'il voulait bien poser avec moi. J'ai juste été déçue de rater Rafael Nadal. Si je le vois à Rio, je ne laisserai pas passer l'occasion de le photographier ! »

Sa passion pour les Jeux Olympiques a fait d'elle une candidate toute désignée pour le poste d'ambassadrice des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Nanjing 2014. À l'en croire, cette expérience a ravivé son enthousiasme et nourri ses propres ambitions. « Je ne m'y attendais vraiment pas, mais j'ai pris beaucoup de plaisir là-bas. J'ai retrouvé l'esprit olympique et l'énergie de tous ces jeunes a réveillé quelque chose en moi. Il fallait mettre en avant l'esprit sportif et sa détermination, donner le bon exemple aux communautés. Je crois que nous avons rempli notre contrat. Je n'étais plus en équipe du Brésil à ce moment-là et je pense sincèrement que les JOJ m'ont convaincue de revenir et de me battre pour gagner ma place à Rio. J'ai 28 ans maintenant, ce qui est relativement âgé pour la natation synchronisée, mais ce que j'ai vécu à Nanjing m'a poussée à prendre part à mes troisièmes Jeux Olympiques. »

Son désir de replonger dans le bassin olympique a été renforcé par le retour de l'une de ses idoles, l'Espagnole Gemma Mengual. Mère de deux enfants, la jeune femme a décidé de sortir de sa retraite pour participer à Rio 2016. « Elle est incroyable. J'adore ses chorégraphies », s'exclame Lara.

Al Bello/Getty Images

La chorégraphie du Brésil a également su séduire notre héroïne. « Le programme technique se fera sur le thème de la moto, avec une musique inspirée du hard rock. Le programme libre devrait faire régner une ambiance de carnaval et de samba dans la piscine. Je crois que le contraste sera saisissant. »

Quoi qu'il arrive, Lara ne manquera pas de soutien : bon nombre de ses amis et de ses proches feront le court déplacement depuis Campos, sa ville natale, pour l'encourager depuis les tribunes. « Nager devant mon public va me donner encore plus d'énergie. Je ne ressens plus la pression, j'ai l'habitude maintenant. La différence, c'est que ma famille et mes amis seront présents pour m'encourager. Ils ont déjà acheté leurs billets et ils vont louer un bus pour venir de Campos. Ça va être de la folie ! »

« J'espère inscrire mon nom dans les annales de la natation synchronisée brésilienne. Si nous atteignons la finale, je crois que ce sera un tournant important pour notre discipline au Brésil. »

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