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La vie est un apprentissage constant pour la jeune médaillée d'or coréenne Choi Min-jeong

Choi Min-jeong Getty Images
La flamboyante dynastie coréenne du patinage de vitesse sur piste courte est entre de bonnes mains, à en juger par la forme de Choi Min-jeong, qui a surmonté les déceptions vécues au début des Jeux Olympiques d'hiver de PyeongChang 2018 pour repartir finalement avec deux médailles d'or et un regain de confiance qui lui fait souhaiter encore plus de succès en ce début 2020.


Alors qu'elle n'était encore qu'une adolescente en compétition devant une foule de compatriotes lors de ses premiers Jeux Olympiques, Choi Min-jeong a appris à surmonter une extrême nervosité et à accepter la déception de la disqualification pour finalement triompher et en ressortir encore plus forte et déterminée.

Aujourd'hui âgée de 21 ans, elle peut voir PyeongChang comme une leçon de plus que lui enseigne ce sport, ainsi qu'elle l'a expliqué la veille des premiers Championnats ISU des quatre continents de piste courte à Montréal début janvier, où elle a décroché la totalité des cinq médailles d'or.

"Quand j'avais six ans, mon père m'a conseillé de faire du patin à glace comme hobby", a-t-elle déclaré. "Dès que j'ai enfilé les patins, je me suis sentie bien. J'ai rejoint un club local quand j'avais huit ans et c'est là que tout a commencé. Mes parents m'ont toujours soutenue. Ma mère et ma sœur s'y sont mises aussi, mais elles ont rangé leurs patins quand elles ont réalisé qu'elles ne pouvaient pas rivaliser avec moi."

Choi Min-jeong Getty Images

Elle s'est alors inspirée de sa compatriote Jin Sun-yu, triple médaillée d'or olympique en 2006 et triple championne du monde. Comme Choi, Jin Sun-yu excelle sur les longues distances, et ses performances à Turin ont fait forte impression sur la jeune fille.

"Le 1 500 m est aussi ma distance préférée, car l'endurance est ma force. Le patinage n'est pas uniquement physique, mais pour moi, l'instinct naturel que j'ai acquis passe au second plan par rapport à la rigueur des entraînements. Je ne suis pas grande et je n'ai pas un pouvoir explosif, j'ai donc dû travailler et travailler ma vitesse dès le début.



"Je ne sais pas si j'ai un talent 'naturel'. Ce n'est qu'à l'âge de 17 ans et au lycée que j'ai compris que je pouvais vraiment y parvenir. C'est à ce moment-là que j'ai intégré l'équipe nationale et que je me suis dit que je pouvais passer au niveau supérieur."

Cette déclaration d'une grande modestie est représentative de cette jeune femme qui à ce stade avait déjà décroché sa première médaille d'or junior 500 m à Erzurum, en Turquie, en 2014, repartant avec le bronze au classement général.

Choi Min-jeong Getty Images

Ses records montrent une progression relativement harmonieuse jusqu'au top niveau, Choi Min-jeong faisant mordre la poussière à ses adversaires aux 1 000 m et 3 000 m, et remportant un premier titre mondial à Moscou en 2015 et de nouveau à Séoul un an plus tard. Mais l'histoire ne s'arrête pas là, car la véritable championne était encore en devenir.

"Passer à un échelon supérieur a été vraiment dur. C'était un environnement très différent, mais je m'estimais très chanceuse d'être arrivée là où j'en étais et je voulais tirer le maximum de chaque opportunité. Je n'ai jamais eu de secret. Je me suis fixé des objectifs de taille et me suis efforcée de les atteindre, c'est de là que vient mon succès."

Getty Images

À l'approche de ses débuts olympiques à PyeongChang, Choi Min-jeong a connu une année 2017 difficile. Donnée grande favorite aux Championnats du monde de Rotterdam, elle en est repartie sans une seule médaille individuelle. Cela a recentré ses efforts.

"J'ai travaillé comme une acharnée pour les Championnats du monde de 2017 et je n'ai tout simplement pas réussi à obtenir les résultats que je voulais. C'était incroyablement frustrant, mais cela voulait dire aussi que je devais aborder l'année olympique dans un autre état d'esprit. Comme au poker, je savais que je devais faire tapis. J'avais confiance en mes compétences, ce dont j'avais besoin, c'était d'apprécier la course.

Choi Min-jeong Getty Images

"J'étais vraiment nerveuse sur cette première ligne de départ, je n'arrive même pas à trouver les mots pour décrire cette nervosité. Mais je suis quelqu'un de nerveux d'une manière générale. Je savais que mon corps était en pleine forme, mais j'étais quand même plus nerveuse que d'habitude."

La Britannique Elise Christie avait établi un record olympique dans une série de short-track au 500 m, le record fut pulvérisé par Choi Min-jeong. Elles étaient les deux grandes favorites de la finale, malheureusement aucune d'elles ne devait monter sur le podium : Christie fit une chute et Choi Min-jeong fut pénalisée pour interférence, terminant deuxième.


"La pénalité a été difficile à encaisser, mais je suis encore plus fière d'avoir pu surmonter la déception et gagner l'or au 1 500 m. Je mets tout cela sur le compte de ce que j'ai appris lors des championnats du monde de 2017, où rien ne s'est déroulé correctement et qui fut une expérience très négative."

Choi Min-jeong a ensuite aidé son équipe à remporter l'or au relais 3 000 m, une victoire décrochée haut la main (avec plus de huit secondes d'avance).

Choi Min-jeong Getty Images

La République de Corée rafle les médailles des championnats du monde depuis si longtemps qu'il est surprenant qu'elle n'ait toujours pas de championne olympique au 500 m. Compte tenu de sa forme actuelle, Choi Min-jeong est fort susceptible de rectifier cette anomalie à Beijing 2022.

"Je ne considère rien comme acquis. Je dois rester en forme et donner le meilleur de moi-même aux prochains championnats du monde. Ce que je sais, c'est que je vais me fixer comme objectif d'être plus rapide à Pékin qu'à PyeongChang. C'est mon objectif premier."

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