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Buenos Aires 2018

La tradition tunisienne des combats ludiques porte ses fruits pour Mariem Khlifi

Dans l'enfance de la judoka médaillée d'argent, la lutte était un moyen d'égaler les garçons et représentait un cours sursis dans un pays secoué par la violence de la révolution.


Pour la Tunisienne Mariem Khlifi, la route du podium en judo aux Jeux Olympiques de la Jeunesse a commencé il y a longtemps dans les rues poussiéreuses de Kairouan, une ville du nord de la Tunisie. C’est là que Khlifi, qui a remporté la médaille d’argent dans la catégorie -63 kg, a découvert pour la première fois son aptitude à pratiquer le judo grâce aux combats ludiques caractéristiques de la jeunesse tunisienne.

"Pour les enfants tunisiens, les filles ne sont pas des filles", a expliqué Khlifi. "Elles adorent se battre avec des garçons, jouer avec eux, être des égales. Nous pensons que si nous faisons des choses comme les garçons, nous pouvons être comme les garçons. Les combats ludiques sont donc courants, c’est quelque chose que nous faisons quand nous sommes tout petits".

"Nous allions chez nos voisins ou dans la rue, jouions avec les autres enfants et finissions par nous battre. Pas à coups de poing, mais toujours de la lutte. Nous nous blessions souvent les uns les autres, ce qui causait des problèmes, car cela pouvait rendre les parents vraiment furieux à la fin, mais c’est cool, c’est comme ça que nous sommes. Quand j'étais petite, je combattais beaucoup et je causais beaucoup de problèmes. ”

Ces jeux constituant à combattre ont souvent représenté un léger soulagement face à la réelle violence qui a éclaté dans les rues de Kairouan suite à la révolution du Printemps Aabe (appelée dans un premier temps révolution du jasmin en Tunisie), laquelle a débuté fin 2010, alors que Khlifi n'avait que neuf ans. "Pendant la révolution, à Kairouan, des gens pillaient les magasins, des maisons et des voitures étaient brûlées. Mais c'était comme ça dans chaque ville. Nous avions peur mais nous avons essayé de continuer à vivre normalement. Les pires choses se sont passées dans le sud de la Tunisie."

Mariem Khlifi, Houda Miled (Alex D Addese / IOC)

Comme sa coach et compatriote Houda Miled des années plus tôt, l'appétence à combattre de Khlifi l'a automatiquement dirigée vers le judo. "A Kairouan, le football est le sport le plus populaire, mais ensuite, le judo occupe la deuxième place, au-dessus de la natation, du tennis, etc.", a expliqué Houda Miled. "D'autres sports de combat, comme la lutte ou la boxe, n'existent pas vraiment à Kairouan. Par conséquent, si vous vous battez très souvent lorsque vous êtes jeune, vos parents vous diront automatiquement: 'OK, tu vas faire du judo.' Pour cette raison, il y a toujours eu beaucoup de filles qui se sont mises au judo en ville, et c'est pourquoi nous avons beaucoup de championnes"

Khlifi espère un jour imiter sa coach, qui a remporté une médaille aux Championnats du monde de judo en 2009. Aux JOJ de Buenos Aires, Mariem a été battue sur ippon par la Hongroise Szofi Ozbas lors du match pour la médaille d’or. Mais il y a un réel espoir de la voir évoluer au plus haut niveau chez les seniors.  "Mariem peut devenir championne du monde", a affirmé Houda Miled. "Mais elle a besoin de plus d'expérience et de combattre plus de filles venues d'Europe et d'ailleurs pour apprendre d'elles."

Dans les autres épreuves sur le tatami pavillon Asie du parc olympique de la jeunesse, le Roumain Adrian Sulca a remporté la médaille d’or dans la catégorie -81 kg hommes -81 kg, tandis que la Russe Irena Khubulova a triomphé dans la catégorie -52 kg femmes.

Jeux Olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires 2018

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