skip to content

La star suisse Corinne Suter retrouve enfin le plaisir de skier avant Beijing 2022

Tout a changé pour la skieuse alpine Corinne Suter il y a 18 mois. Deux médailles-surprises aux Championnats du monde 2019 lui ont permis de souffler et de dire enfin adieu à son anxiété. La voilà à présent libre de laisser son talent s'exprimer pleinement.


La Suissesse Corinne Suter semble merveilleusement à l'aise. Cela paraît peut-être évident pour une championne de Coupe du monde en descente et en super-G, mais cette jeune femme a grandi avec un poids sur les épaules, celui d'être qualifiée de "future grande star" du ski alpin dans un pays où ce sport est vénéré. 

La double championne du monde junior de 2014 aura eu besoin d'un certain temps pour réussir à transposer ses compétences indiscutables sur le circuit senior, plus compétitif. Toutefois, remporter l'argent en descente face à l'idole de son enfance, Lindsey Vonn, aux Championnats du monde 2019 de la Fédération Internationale de Ski (FIS) à Åre en Suède, marque une victoire indéniable.

"Depuis, le ski m'amuse bien plus", dit-elle en riant. La skieuse a également remporté le bronze au super-G lors de ces championnats.

"C'est marrant, je ne me sens pas différente, parce que je n'avais pas besoin de gagner des médailles pour savoir que j'étais capable de skier aussi vite, mais ça m'a enlevé beaucoup de pression. Ces victoires m'ont permis d'avoir plus confiance en moi."

Getty Images

Un bon équilibre mental est clairement essentiel pour une athlète qui descend les montagnes à plus de 120 km/h. Corinne Suter a bataillé pendant des années, mais son esprit est enfin libre et les skis ont répondu à l'appel.

"Je ne réfléchis plus autant qu'avant, explique-t-elle. Par exemple, pendant une inspection de la piste, je vais [sur la piste] et je visualise le parcours trois ou quatre fois dans ma tête. Je me remémore la piste avant de me rendre sur la ligne de départ. Avant, je me repassais le parcours en boucle et je ne savais pas si j'allais y arriver. Maintenant, quand je suis sur la ligne de départ, je sais que je vais faire de mon mieux.

C'est également important dans l'aire d'arrivée. Même si mon temps n'est pas bon, je sais que j'ai fait de mon mieux et que j'ai montré de quoi j'étais capable. Cela me convient très bien comme mode de pensée, car avant, je me disais à chaque fois : 'Non, je peux mieux faire'."

Les résultats sont probants. En janvier 2020, la jeune femme de 26 ans a remporté son premier titre de Coupe du monde en descente à Altenmarkt, en Autriche. Cette victoire s'est inscrite peu de temps après deux podiums aux épreuves d'ouverture de descente et super-G de la saison à Lake Louise, au Canada.

Getty Images

Et ce n'était que le début ! Quatre semaines après son premier titre en descente, la Suissesse a remporté l'or pour la première fois en Coupe du monde au super-G. À la fin anticipée de la saison due à la pandémie de COVID-19, elle devenait la première skieuse suisse en 31 ans à remporter deux prestigieux globes de cristal de la FIS en une seule et même saison. Elle est également la première Suissesse à gagner l'épreuve de descente de la Coupe du monde en 29 ans.

Ces résultats brillants ont incité Michelle Gisin, sa compatriote et championne du combiné aux Jeux Olympiques d'hiver de PyeongChang 2018, à déclarer aux journalistes à Altenmarkt qu'elle était "impressionnée" par Corinne Suter.

"Je ne le savais pas, s'exclame Corinne Suter en riant. Je l'apprécie beaucoup, comme tous mes coéquipiers et coéquipières. Quand on s'entraîne ensemble, il est important de passer de bons moments ensemble en dehors des pistes, et pas seulement sur les skis. Je ris beaucoup avec Michelle, que ce soit autour d'une table ou sur les pistes. Je m'amuse toujours avec elle."

Il fait bon de faire partie de l'équipe féminine suisse de ski alpin. En effet, à PyeongChang en 2018, l'équipe a remporté une médaille d'or (Michelle Gisin au combiné), une d'argent (Wendy Holdener au slalom), une de bronze (Wendy Holdener au combiné), et une autre d'or à l'épreuve inaugurale par équipes mixtes.

Ces réussites ont redonné du mordant à Corinne Suter, quelque chose qui lui faisait, selon elle, défaut depuis son expérience compliquée à PyeongChang. En effet, la spécialiste de la vitesse n'était pas parvenue à s'imposer comme choix numéro un avant les Jeux et elle avait dû passer des épreuves de qualification internes quotidiennes pour savoir si elle allait pouvoir concourir ou non. Elle avait réussi à se qualifier pour la descente et le super-G et avait terminé respectivement sixième et 17e. Elle ne souhaite en aucun cas répéter cette expérience.

 

"Je veux évidemment me faciliter la tâche pour les prochains Jeux et me qualifier plus tôt afin de pouvoir bien me concentrer sur la course, comme je le fais depuis deux ans", déclare-t-elle, avant d'en dire plus sur ses nouvelles attentes.

"Ma préparation sera différente. Elle est déjà plus intense. Nous nous concentrons davantage sur mon matériel de ski, mes chaussures, mes skis... Je travaille beaucoup plus sur moi-même également. J'ai bien sûr un peu revu mes objectifs."

Des changements techniques ont accompagné la montée en puissance de Corinne Suter et de sa confiance en elle cette dernière année et demie. Elle a aujourd'hui clairement toutes ses chances de remporter des médailles aux Jeux de Beijing 2022.

Getty Images


"J'essaye de ne pas me concentrer sur mes faiblesses, mais plutôt d'en apprendre plus sur les différentes tactiques, dévoile-t-elle. J'analyse toujours mes courses avec mes entraîneurs et nous essayons de déterminer dans quels cas je peux juste laisser mes skis glisser et dans quels cas il est important que je prenne un peu plus d'élan."

Si la Suissesse réussit à accompagner sa coéquipière Michelle Gisin en quête de gloire olympique, elle marchera alors également sur les pas de son ancienne et brillante rivale Lindsey Vonn. Elle en rêve d'aussi loin qu'elle s'en souvienne :

"Quand j'étais petite, j'avais plein de posters et de photos d'elle dans ma chambre. Je ne manquais jamais ses passages à la télévision. Je me souviens de la première fois où nous nous sommes entraînées ensemble. Je ne pourrais pas décrire ce que j'ai ressenti la première fois que je me suis retrouvée face à elle. J'étais très stressée, confie-t-elle à propos de Lindsey Vonn, triple médaillée olympique.

C'était particulier de finir devant elle pour sa dernière course [la descente aux Championnats du monde 2019]."

back to top En