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Date
17 juil. 1908
Tags
Londres 1908

La longue marche de Larner vers la gloire

Deux autres épreuves ont figuré uniquement aux Jeux de Londres 1908 : deux épreuves de marche, sur 3 500 m et sur 10 miles, se sont déroulées à la mi-juillet. Elles ont été remportées toutes deux par le Britannique George Larner.


George Larner se tourne sur le tard vers l’athlétisme. Il est policier et a 28 ans lorsqu’il commence à marcher en compétition, en 1903. Il en récolte tout de suite les fruits : en 1904, il gagne les titres du deux miles et du sept miles de l’AAA (Amateur Athletics Association), la Fédération britannique de l’époque – et les conserve en 1905. Durant cette période, il établit même un record du monde du deux miles qui restera debout durant 39 ans. Ensuite, alors qu’il n’est pas sûr de continuer faute de pouvoir concilier au mieux cette activité annexe avec son emploi, il se voit accorder par la police un congé prolongé pour pouvoir continuer sa pratique sportive. Il effectue donc une pause de deux ans à partir de 1906, pour être certain d’être au sommet de sa forme au moment des Jeux de 1908.

Certains journalistes l’ont déjà repéré, notamment en raison de sa foulée de près d’1,50 m et de son attitude droite, remarquable par son usage modéré des bras. Il semble marcher à l’économie, mais en réalité, Larner est un formidable compétiteur, assidu à l’entraînement, comme il le montre en gagnant à nouveau le titre du deux miles, peu de temps avant d’être appelé en sélection olympique.

La première épreuve du programme est le 3 500 m marche, le 14 juillet, et Larner sait que son principal adversaire sera son coéquipier britannique Ernest Webb. Cela se confirme dès le début, chacun gagnant confortablement sa série pour se qualifier pour la finale que Larner, dossard numéro cinq, va finalement remporter avec 12 secondes d’avance. Larner, âgé alors de 23 ans, ne pouvait rêver de débuts plus enthousiasmants aux Jeux, mais le 10 miles va encore plus frapper les imaginations. L’épreuve a lieu les 16 et 17 juillet. La première série est remportée par Webb, mais les trois autres Anglais en lice se livrent à un arrangement pour terminer tous trois à la deuxième place ex aequo, les quatre premiers gagnant leur place pour la finale. Parmi eux figure Ernest, le jeune frère, moins connu, de Larner. Ce dernier dispute une série plus « propre », même si, de manière surprenante étant donné la distance, elle est tout aussi serrée que la première. Il relègue Ralph Harrison à cinq mètres et un peu plus de deux secondes, et va donc retrouver Webb une fois de plus en tête-à-tête le lendemain.

George Larner et Webb se détachent dans le premier mile, et effectuent essentiellement une course à deux jusqu’à l’arrivée. Larner passe au huitième mile en moins d’une heure et au neuvième, les deux hommes évoluent largement sous le record de la distance. Finalement, Larner s’impose avec près de 300 mètres d’avance en 1h15’57’’4, améliorant le meilleur temps absolu de l’épreuve d’une minute et quarante-et-une secondes. Personne ne le battra avant 26 ans !
« Le dix miles marche a été incontestablement l’une des meilleures surprises des Jeux, dit le rapport officiel en signe d’approbation. Webb et Larner ont marché sans l’ombre d’une seule action douteuse, de la manière la plus sportive qui soit. »

On ne reverra cependant plus l’épreuve sur la scène olympique, pas plus que Larner qui se retirera après les Jeux. Il effectue un bref retour en 1911 pour gagner le titre britannique du sept miles, mais ne participera pas aux Jeux de Stockholm 1912, laissant Web concourir et remporter l’argent. Il laissera par la suite sa plume s’exprimer, écrivant Le manuel de la marche de Larner, et fera autorité sur le sujet : à ce moment-là, il n’était que le deuxième athlète britannique à avoir gagné deux médailles d’or lors des mêmes Jeux Olympiques.

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