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La longue et douloureuse quête de l'or de Dan Jansen

Dan Jansen, un des meilleurs patineurs de vitesse de sa génération, a dû attendre de disputer ses quatrièmes Jeux olympiques, à Lillehammer en 1994, pour enfin gagner ce qu'il n'espérait plus : une médaille d'or. Auparavant, toutes ses tentatives sur 500 m et 1000 m s'étaient achevées sur d'énormes déceptions, mais aussi à Calgary en 1988, sur une terrible douleur personnelle.

Dan Jansen nait à West Allis (Wisconsin) le 17 juin 1965 dans une famille de 9 enfants. Il se met au patinage de vitesse inspiré par sa soeur Jane, de cinq ans plus âgée, et est déjà un des meilleurs patineurs de sa classe d'âge à 16 ans en signant un record du monde junior sur 500 m. Il dispute ses premiers Jeux d'hiver à 19 ans, à Sarajevo en 1984 où il termine 4e sur la même distance et 16e du 1000 m. 

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Quatre ans plus tard, il se présente aux Jeux de Calgary en champion du monde du sprint, et vainqueur la saison précédente des classements Coupe du monde du 500 m et du 1000 m.  Sa soeur Jane, atteinte d'une leucémie, est mourante. Avant de s'élancer en favori sur 500 m, il l'a une dernière fois au téléphone. "Je lui ai dit que j'allais gagner pour elle." Mais trois heures avant le départ de sa course, il apprend son décès. Il s'élance dans sa série et chute dans le premier virage. Il lui reste une chance de briller dans le 1000 m. Lors de cette course, alors qu'il n'a plus qu'un tour à parcourir, il est sur le rythme le plus rapide de tous les concurrents en lice. Mais il tombe à nouveau. 

Albertville 1992, première course à Lillehammer 1994 : toujours pas 

Toujours brillant sur le circuit international, Dan Jansen retente sa chance sur l'ovale d'Albertville lors des Jeux d'hiver de 1992. Là, il rate le podium du 500 m pour 2/10e de seconde et ne se classe que 26e du 1000 m. En dehors des Jeux Olympiques, son palmarès ne cesse de s'embellir, il sera en Coupe du monde de 103 podiums dont 46 victoires. Juste avant de disputer ses quatrièmes Jeux à Lillehammer 1994, il est à nouveau sacré champion du monde du sprint sur l'ovale de Calgary.  

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Dans le "Drakkar' de Hamar le 14 février 1994, sa femme et leur fille de 9 mois prénommée Jane son présents dans les gradins quand il se lance dans son quatrième 500 m olympique. Là, une petite erreur de patinage lui fait perdre quelques dixièmes de seconde et il termine l'épreuve au 8e rang !  "C'était une bonne chose d'avoir la petite Jane avec nous, car elle nous a ramenés à la réalité, au moment où on commençait à se sentir vraiment désolés pour nous-mêmes. Elle a fait les choses qui nous ont tous fait penser "Eh bien, c'est ça l'essentiel" a expliqué son épouse Robin Jansen. 

La délivrance, record du monde à la clé ! 

Et le 18 février, voilà sa… huitième course olympique, sa toute dernière chance, ses adieux aux Jeux : le 1000 m. "Quelque chose n'allait pas. Mes patins n'accrochaient pas la glace. Je ne me sentais pas solide et mes jambes flagellaient. Alors je me suis juste dit "Dans une minute et demie, c'en sera fini, tes Jeux seront terminés." J'étais en quelque sorte préparé au simple fait que je n'y arriverais jamais," a expliqué Dan Jansen à propos de sa quête de podium olympique. 

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Dan Jensen s'élance sur un rythme élevé : au bout de 200 m, il enregistre le 2e temps le plus rapide de tous les concurrents qui sont partis avant lui.  Aux 600 m, il est le plus rapide de tous. Dans le tour suivant, il dérape légèrement dans un virage. Robin est alors certaine qu'il va perdre les centièmes de la victoire et elle se prend la tête dans les mains. Finalement, Dan passe la ligne d'arrivée, le chrono s'affiche :  1:12.43, record du monde ! Le champion écarte les bras, soulagé. Il l'emporte enfin, devançant le Biélorusse Igor Zhelezovsky (1:12:72) et le Russe Sergey Klevchenya. 

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Sur le podium, la main sur le coeur, Dan Jansen raconte : "J'ai pensé à ce que je pouvais faire pour dire quelque chose à ma soeur Jane. Après l'hymne, je eu l'idée de lui donner un petit salut. Alors j'ai regardé vers le ciel et je l'ai saluée. Je lui avais dit que je gagnerai pour elle"… six années plus tôt. Sur cette victoire enfin obtenue lors de son ultime course olympique, il notera : "C'était plus qu'une course, plus qu'une victoire. J'en avais marre que les gens soient désolés pour moi. C'était sincère, mais je n'en pouvais plus de ces têtes qui me disaient 'nous sommes tellement désolés pour toi'. Maintenant, ils me disent qu'ils sont heureux et je préfère ça."

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