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Helsinki 1952

La légende du onze d'or hongrois naît aux Jeux d'Helsinki en 1952

Sacrée championne olympique dans un tournoi qui a commencé aujourd'hui il y a 67 ans à Helsinki, l'équipe de football de Hongrie reste connue comme le "onze d'or" qui a révolutionné son sport, introduisant des notions de permutation de poste et de disposition tactique donnant naissance à ce qu'on a appelé le "football total". Leur parcours étincelant sur tous les terrains d'Europe s'achève par une défaite inattendue à Berne en finale de la Coupe du monde de la FIFA 1954 face à l'Allemagne de l'Ouest.


Ils se nomment József Bozsik, Zoltán Czibor, Gyula Grosics, Nándor Hidegkuti, Sándor Kocsis et Ferenc Puskás, ils sont les joueurs clés d'une équipe de légende et portent pour certains des surnoms évocateurs comme "Tête d'or" pour Kocsis, "le Grand Maître " pour Hidegkuti, "la Panthère noire" pour le gardien de but Grosics et "le Major galopant" pour le capitaine Puskás. Ils forment au début des années 1950 la meilleure équipe de football de la planète, un onze qui révolutionne le jeu et qui se révèle au monde lors des Jeux Olympiques de 1952 à Helsinki. C'est là que l'équipe gagne pour l'histoire le surnom de "onze d'or", avec les variantes "Magyars Magiques", "Magyars magnifiques" ou encore "Merveilleux Magyars".

Cette équipe est guidée par Gustav Sebes, à la fois technicien et manager du Honved de Budapest et de l'équipe nationale qui parvient à convaincre l'autoritaire pouvoir politique hongrois alors sous domination soviétique d'engager une équipe aux Jeux Olympiques en arguant de son potentiel. "Il y avait de grandes équipes en ce temps-là : l'URSS, l'Autriche, la Suède, la Yougoslavie, l'Italie… mais j'étais convaincu que nous avions un groupe capable de rivaliser avec n'importe qui", a-t-il confié à la FIFA.


Adieu le "WM", bonjour le 4-2-4

À l'époque, la disposition tactique généralement observée était celle du "WM" : À l'avant, sont disposés deux ailiers et un avant-centre, les pointes inférieures du W sont constituées par deux "inter". Plus bas, les pointes supérieures du M sont occupées par deux "demi", et la défense est à trois avec deux latéraux et un arrière central. Officiant au club de Budapest Honved où évoluent beaucoup d'internationaux hongrois, Gustav Sebes conçoit un plan tactique où les joueurs peuvent permuter leur rôle, dans une formation qui se présente en 2-3-3-2 évoluant en 4-2-4, le précurseur du 4-4-2 connu de nos jours. Balayant tout sur son passage entre 1950 et 1956, le onze d'or hongrois totalise 42 victoires, sept matches nuls et une seule défaite… sur laquelle nous reviendrons.

Comme l'a expliqué Ferenc Puskás : "Nous formions déjà une bonne équipe mais c'est au cours des Jeux à Helsinki que nous avons vraiment trouvé notre style. Nous avons, en quelque sorte, inventé l'ancêtre du football total des Néerlandais. Nous étions libres de nos déplacements et quand nous avions le ballon, tout le monde participait au jeu, les défenseurs comme les attaquants". En bref, "quand nous attaquions, chacun attaquait, et en défense c'était pareil."

Le 15 juillet 1952, dans le stade de Turku pour la phase éliminatoire du tournoi olympique réunissant 25 équipes, la Hongrie démarre doucement en battant la Roumanie 2-1 avec des buts de Zoltán Czibor (21') et Sándor Kocsis (73'). Puis elle prend son envol, en battant l'Italie 3-0 en huitièmes de finale (avec un doublé de Péter Palotás), puis en atomisant la Turquie 7-1 en quarts de finale (Kocsis et Puskás y vont chacun de leur doublé) et la Suède 6-0 en demi-finale (Puskás ouvre le score à la première minute et Kocsis signe un nouveau doublé).

IOC

Médaille d'or et retour triomphal

Le 2 août, devant les 59 000 spectateurs du stade olympique d'Helsinki, les "Magyars Magiques" affrontent la Yougoslavie en finale. Bien que dominatrice, l'équipe dirigée par Gustav Sebes se heurte aux parades du gardien Vladimir Beara et les deux équipes sont encore à égalité à 20 minutes du coup de sifflet final. C'est alors que Ferenc Puskás déclenche une frappe imparable du pied gauche pour donner l'avantage à son équipe. À la 88e minute, Zoltán Czibor s'infiltre côté gauche et donne plus d'ampleur à la victoire hongroise. "Je ne m'étais jamais senti aussi soulagé", a indiqué Gustav Sebes à la FIFA, "Nous avions rempli notre mission et nous l'avons fait avec la manière. Tout à coup, nous étions devenus les idoles des foules. Ces Jeux Olympiques nous ont permis de nous faire un nom."

"Nous sommes rentrés en train", a pour sa part relaté Ferenc Puskás. "À partir de Prague, nous nous arrêtions à chaque station pour que le public puisse nous saluer. Nous avons assisté à des scènes incroyables à la gare Keleti de Budapest. Les rues étaient noires de monde ! Plus de 100 000 personnes étaient venues faire la fête avec nous. Nous étions fous de joie. C'était notre première grande victoire et nous étions si jeunes…"

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L'exploit de Wembley et le miracle de Berne

Une autre victoire du onze d'or hongrois va marquer l'histoire du football : le 25 novembre 1953 dans le stade de Wembley où l'équipe d'Angleterre n'a jamais perdu, les 110 000 spectateurs massés dans les gradins assistent à un véritable festival des "Magyars Magiques" qui virevoltent, mènent déjà 4-1 à la mi-temps et l'emportent devant les "Three Lions" sur un score de tennis, 6-3 ! Un succès qui retentit bruyamment dans toute l'Europe et au-delà.

Arrive la Coupe du monde 1954 disputée en Suisse. Rien ne résiste aux champions olympiques au premier tour, dans la poule II, ils écrasent la République de Corée 9-0 puis l'Allemagne de l'Ouest 8-3. En quarts de finale, ils éliminent le Brésil 4-2. En demi-finales, ils sont à égalité 2-2 à la fin du temps réglementaire avec l'Uruguay revenu au score dans les dernières minutes, mais un doublé de Kocsis en prolongations met fin aux espoirs sud-américains. C'est certain, la bande à Puskás va couronner son parcours par un titre mondial succédant à l'or olympique. L'Allemagne de l'Ouest qu'ils retrouvent en finale à Berne le 4 juillet 1954 ne va pas faire un pli. Et pourtant… cette dernière s'impose 3-2 avec le but vainqueur marqué par Helmut Rahn à six minutes du terme. Cette victoire restera connue comme "le miracle de Berne". Elle met d'une certaine manière un point final à la légende du onze d'or hongrois.

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