skip to content
Los Angeles 1932

La légende de Babe Didrikson

Entre le 31 juillet et le 7 août 1932, la championne polyvalente Mildred "Babe" Didrikson remporte trois médailles agrémentées de trois records aux Jeux de Los Angeles : l'or au lancer du javelot et au 80 m haies, et l'argent en saut en hauteur avec la même marque de 1,65 m que celle qui l'a devancée pour une barre effacée jugée non valide. Une collection de médailles olympiques inédite et jamais reproduite, précédant une extraordinaire carrière amateur puis professionnelle en golf !


Née dans une famille d'immigrés norvégiens le 26 juin 2011 à Port Arthur (Texas), sixième enfant sur sept de ses parents Hannah et Ole Didriksen (le nom sera changé en Didrikson), Mildred Ella gagnera dès ses plus jeunes années le surnom de "Babe", en référence à l'un des plus grands joueurs de baseball de l'histoire, Babe Ruth, après avoir frappé cinq home-runs dans une partie de jeunes ! Écolière moyenne, elle montre des talents sportifs dans un nombre incroyable de sports : basketball, athlétisme, golf, baseball, tennis, natation, plongeon, boxe, volleyball, handball, bowling, billard, patinage et cyclisme.

À la sortie du lycée, elle travaille pour une compagnie d'assurances de Dallas et joue pour l'équipe de basket amateur des Golden Cyclones qui est parrainée par ses employeurs. Les Golden Cyclones, groupe féminin, sont affiliées à l'AAU (Union Athlétique Amateur) et pratiquent également l'athlétisme et le softball. Babe Didrikson est leur star et leur permet de gagner le championnat national en 1931. L'athlète polyvalente dispute ainsi seule, en leur nom, les Championnats 1932 en juillet à Evanston (Illinois) qui servent de qualification pour les Jeux de Los Angeles.

getty images

Attention les yeux ! Pour les épreuves olympiques, elle s'impose au saut en hauteur, au 80 m haies et au javelot. Pour les autres, elle est la première en saut en longueur, au lancer du poids et au lancer du baseball (record à 82,95 m). En trois heures, elle dispute en tout huit épreuves sur dix et remporte six d'entre elles. Qualifiée pour cinq épreuves olympiques, elle ne pourra qu'en disputer trois au Mémorial Coliseum pendant les Jeux, puisque c'est la limite pour les femmes à l'époque.

Une collection de médailles olympiques inédite

Sa première épreuve aux Jeux est le lancer du javelot, le 31 juillet 1932. C'est la première fois que le javelot féminin est au programme olympique. Au premier essai, Babe Didrikson atteint 43,69 m. Cette marque ne sera pas battue durant le concours. Elle devance deux Allemandes : Ellen Braumüller (43,50 m) et Tilly Fleischer (43,01 m). La fantastique sportive polyvalente américaine est donc la première championne olympique de la discipline.

getty images

Le 3 août, elle remporte sa série du 80 m haies en 11.8, record du monde. Le lendemain, la finale est extrêmement serrée. Sur les couloirs 1 et 2, elle est aux côtés de sa compatriote Evelyne Hall. Celle-ci est légèrement en avance sur les premières haies, mais Babe Didrikson revient vite à sa hauteur. Le match est d'une intensité folle, indécis jusqu'aux ultimes foulées. Babe Didrikson parvient à "casser" la première. Le temps étant mesuré au dixième de seconde, elles sont toutes deux chronométrées en 11.7, record du monde. Mais la médaille d'or est clairement pour elle.

Elle aurait pu également gagner le concours du saut en hauteur mais… ce dimanche 7 août, Babe Didrikson se mesure à sa compatriote Jean Shiley. Les deux femmes se retrouvent seules à égalité en franchissant 1,65 m, record du monde. Elles échouent ensuite à 1,67 m. Pour les départager, elles doivent effectuer un saut de barrage supplémentaire à la même hauteur. Elle efface la barre, mais les juges estiment qu'elle l'a passée la tête en avant, ce qui est interdit à l'époque, et ne valident pas le saut. Ce sera une médaille d'argent, Jean Shiley étant sacrée championne olympique avec la même marque de 1,65 m. Babe Didrikson fera remarquer qu'elle a sauté de la même manière durant la totalité du concours. Et les analyses prouveront que les juges n'avaient pas forcément vu juste. La collection des médailles de Babe Didrikson aux Jeux de 1932, haies, lancers, sauts, est inédite et ne sera jamais reproduite.

getty images

Babe Didrikson devient la reine du golf !

Après ses exploits olympiques, elle tourne aux États-Unis avec une équipe de basketball appelée "Babe Didrikson all-American" et joue aussi au baseball avant de se mettre au golf où elle aura une carrière en tout point fantastique. En effet, elle démarre en tant qu'amateur et remporte son premier tournoi en 1935, le "Texas Women's Invitational". Mais l'USGA (United States Golf Association) la considère comme une professionnelle après ses gains en basketball et en baseball.

En 1938, elle rencontre le lutteur George Zaharias et l'épouse, devenant "Mildred Ella Didrikson Zaharias". Elle est requalifiée amateur en 1943 et remporte 17 tournois dont "l'U.S. Women’s Amateur Championship" et le "Women’s British Amateur Championship", première Américaine à s'imposer dans ce tournoi européen. Elle devient définitivement professionnelle en 1947. Et c'est un festival ! Elle est à l'origine de la création de la Ladies Professional Golf Association (LPGA) en 1950 et remporte pas moins de 41 tournois, dont treize d'affilée. En 1953, on lui diagnostique un cancer du côlon. Elle est opérée et remporte l'année suivante son 10e tournoi majeur, l'US Open. Sa maladie récidive. Elle est toujours la numéro un mondiale lorsque qu'elle décède à 45 ans le 27 septembre 1956.

getty images

Babe Didrikson a été déclarée athlète de l'année en 1932, 1945, 1946, 1947, 1950 et 1954 par les journalistes réunis par l'Associated Press. La même agence la consacre meilleure athlète féminine de la première moitié du XXe siècle en 1999, tandis que le magazine Sports Illustrated lui décerne tout simplement le titre d'athlète du siècle. Dans la ville de Beaumont, Texas, où elle a grandi se trouve un musée à sa gloire, le "Babe Didrikson Zaharias Museum & Visitor Center". Des timbres à son effigie, des parcours de golf à son nom, des films, des documentaires, des livres, des rues, voies et avenues entretiennent sa mémoire aux États-Unis.

Il est clair qu'aucune athlète n'a réalisé autant d'exploits et évolué à un si haut niveau dans autant de sports. Un modèle, une icône, une légende éternelle.

back to top En