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Actualités Olympiques

La kayakiste Birgit Fischer, détentrice de multiples records, dévoile les secrets de sa réussite

La kayakiste Birgit Fischer a remporté sa première médaille d'or olympique à l'âge de 18 ans. Vingt-quatre ans plus tard, à l'âge de 42 ans, elle remporte sa huitième médaille. L'Allemande, détentrice de multiples records, est sans conteste l'une des plus grandes athlètes de tous les temps et son histoire mérite d'être entendue.

"Depuis le début, en 1968, (elle avait six ans la première fois qu'elle est montée à bord d'un kayak) jusqu'à aujourd'hui, j'ai toujours pris beaucoup de plaisir à faire évoluer des bateaux sur l'eau, parfois à vive allure et parfois très lentement", a plaisanté Birgit Fischer, avant de concéder qu'elle était rarement allée lentement.

Le nombre impressionnant de records enregistrés par cette femme, aujourd'hui âgée de 57 ans, au cours d'une carrière qui s'est étendue sur six éditions des Jeux Olympiques et auréolée de 12 médailles olympiques, quatre médailles en argent pour accompagner les huit d'or, fait tourner la tête. Tout d'abord, elle est la seule championne olympique à avoir remporté des médailles d'or à 24 ans d'intervalle. Elle s'impose ensuite comme l'athlète olympique allemande la plus couronnée de tous les temps (notamment avec ses victoires en tant que représentante de l'Allemagne de l'Est) et elle occupe la deuxième place, derrière la gymnaste Larisa Latynina, sur la liste des athlètes féminines les plus décorées de l'histoire des Jeux Olympiques d'été. Enfin, à ce jour, elle est à la fois la pagayeuse la plus jeune et la plus âgée à avoir remporté une médaille d'or olympique.

Et dire qu'elle n'a pas participé aux Jeux Olympiques de Los Angeles 1984, en tant que multiple championne du monde en titre, en raison de la décision de l'Allemagne de l'Est de boycotter l'événement.

"Je vois mon succès dans le sport de haut niveau comme étant dû à un bon timing et à un entraînement intelligent", a déclaré Birgit Fischer. Cela peut paraître particulièrement modeste, mais c'est le second point de cette simple équation qui donne un indice quant au succès et à la longévité sans précédent de l'athlète allemande.

"J'ai pris soin de moi et j'ai adapté mon entraînement à mon âge, aux étapes de ma vie et à mon environnement, encore et encore", a indiqué Birgit Fischer. "Il était primordial que je ne pratique jamais le sport en tant que 'professionnelle'".

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C'est à ce moment-là que Birgit Fischer, qui a remporté toutes ses médailles d'or sur 500 m, sur des catégories de kayaks K1 à K4, lâche sa bombe. De 1992 jusqu'à sa deuxième retraite, définitive cette fois, l'athlète originaire de Potsdam n'a pas eu d'entraîneur.

"Je me suis entraînée sans groupe et sans entraîneur, il était important que je sois en mesure de répartir mon temps et de hiérarchiser mes points forts correctement", a-t-elle expliqué.

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Il n'est peut-être pas surprenant d'entendre une athlète d'élite particulièrement accomplie avouer une telle détermination, mais Birgit Fischer ne s'est jamais réellement concentrée sur cette question au cours de sa carrière remarquable.

"En plus de remporter des médailles, j'ai également élevé deux enfants et obtenu deux diplômes", a-t-elle confié avec un sourire.

La naissance de son deuxième enfant s'est accompagnée d'une pause de trois ans, prise après avoir remporté l'or aux 500 m sur K2 et K4, et l'argent dans le 500 m en K1 aux Jeux Olympiques de Séoul 1988. Mais une fois remontée à bord d'un kayak, à temps pour préparer les JO de Barcelone 1992, elle en est à peine sortie au cours des huit années suivantes.

"Je voulais savoir si je pouvais à nouveau gagner et j'y suis arrivée", a-t-elle déclaré. "Alors, j'ai simplement continué. J'ai aimé gagner, en individuel (K1) et par équipe (K4). Par conséquent, pourquoi aurais-je dû m'arrêter tant que je gagnais de l'or ? Cela n'avait aucun sens à mes yeux. Et j'ai pris beaucoup de plaisir lors de ces compétitions."

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Parallèlement à son succès olympique, Birgit Fischer semblait invincible sur la scène internationale, remportant 27 titres de championne du monde, parmi lesquels une déferlante de trophées sur 500 m (K1, K2, K4), à cinq reprises. Mais les Jeux Olympiques sont restés sa priorité, l'attrait de la compétition ultime s'étant avéré irrésistible en 2003.

La jeune femme, âgée de 42 ans à l'époque, et qui avait pris sa retraite après avoir remporté une double médaille d'or dans les catégories K2 et K4 sur 500 m aux Jeux Olympiques de Sydney 2000, profitait de la vie d'ex-pagayeuse lorsqu'une équipe de télévision, réalisant un documentaire, s'est présentée à sa porte. Naturellement, l'équipe a demandé à celle qui était alors l'une des plus grands athlètes olympiques que l'Allemagne ait jamais connue, de monter dans un kayak pour quelques prises de vue. Birgit Fischer a accepté. Mais dès lors qu'elle a ressenti le frisson de glisser à nouveau sur l'eau, elle n'a pas été capable d'arrêter de cogiter.

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"Je voulais voir si j'étais capable d'être encore rapide à 42 ans", a-t-elle confié en riant. "Je voulais me lancer un défi une fois de plus. Je voulais savoir comment et si mon programme d'entraînement pouvait me conduire au succès. J'ai toujours aimé le grand sentiment de liberté sur l'eau, sentir la nature directement en-dessous de vous, l'association de l'eau, de la puissance, de la dynamique et de la technologie."

Une fois qu'elle a fait savoir qu'elle était à la recherche d'une place pour les Jeux Olympiques d'Athènes 2004, la direction de l'équipe allemande de kayak l'a intégrée dans l'équipe K4. En son absence, la Hongrie avait dominé la discipline, remportant quatre titres consécutifs aux Championnats du monde. Tous les yeux étaient tournés vers les deux équipes lorsque les Jeux Olympiques d'Athènes 2004 ont débuté.

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Les équipes hongroise et allemande ont toutes deux survolé les éliminatoires et se sont affrontées en finale, face à un public parfaitement conscient de ce qui était en jeu. L'équipe hongroise a fait la course en tête dès le départ, mais avec ce qui s'apparente aujourd'hui à une situation inéluctable, l'équipe allemande, emmenée par Birgit Fischer, a comblé l'écart, mètre après mètre, et a finalement raflé l'or avec une avance de 0,2 seconde.

"L'équipe hongroise a toujours été ma plus grande rivale tout au long de ma carrière. Il s'agissait d'athlètes excellentes, amusantes et toujours de bonne humeur", a précisé Birgit Fischer. "Elles étaient toujours loyales. Nous avions une haute estime les unes pour les autres."

La huitième médaille d'or a clôturé une carrière extraordinaire, une carrière qui ne sera probablement jamais égalée. Mais pour tous ceux qui auraient envie d'essayer, Birgit Fischer a quelques conseils qui méritent d'être écoutés.

"N'oubliez jamais qu'il existe une vie en dehors du kayak", a recommandé Birgit Fischer aux athlètes olympiques en devenir. "Faites les choses comme vous les sentez. Ne vous contentez pas d'écouter votre entraîneur, mais écoutez-vous toujours. Pensez à vos entraînements. Aimez-vous et prenez bien soin de vous. Faites preuve de beaucoup de respect envers votre équipe, car sans une équipe, vous ne pouvez pas gagner."

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