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L’incroyable parcours de Cliff Meidl, rescapé d’un grave accident et porte-drapeau de son pays

Le kayakiste Cliff Meidl, spécialiste du sprint, a surmonté un accident qui a failli lui coûter la vie dans sa jeunesse, avant de représenter les États-Unis aux Jeux Olympiques de 1996 et 2000. En 2000 à Sydney, il a porté le drapeau de son pays lors de la cérémonie d’ouverture, un moment dont il est particulièrement fier.

Ma présence à la cérémonie d’ouverture d’Atlanta en 1996 est assez incroyable. Je me revois marcher vers l’entrée du stade et j’avais l’impression que tout se déroulait au ralenti. Il y avait des milliers et des milliers de gens dans les tribunes, et comme nous étions chez nous, ils hurlaient tous « USA, USA » ! Je me souviens avoir éprouvé comme un sentiment de déjà-vu. Quand j’étais gamin, je rêvais souvent que je disputais des compétitions dans de grands stades, mais je n’aurais jamais imaginé que ce serait lors d’un événement aussi gigantesque que les Jeux Olympiques, ni que ce serait en kayak sprint. Donc, le fait de pouvoir défiler lors de la cérémonie d’ouverture d’Atlanta et d’être gagné par la fièvre olympique était exceptionnel.

Mon parcours jusqu’aux Jeux Olympiques s’apparente d’ailleurs plutôt à des montagnes russes. Quand j’étais jeune, j’étais coureur, mais en 1986, alors que je travaillais sur un chantier, j’ai été victime d’un grave accident. Je suis entré en contact avec trois câbles électriques sous tension en utilisant un marteau-piqueur et j’ai été gravement électrocuté, à tel point que mon cœur s’est arrêté. En outre, j’ai subi de graves brûlures électriques et des plaies de sortie sur plus de 15 % du corps, ainsi que des lésions importantes aux deux genoux. Près d’un tiers des compartiments de mes genoux ont été désintégrés et au vu de mes graves lésions aux deux jambes, les médecins ont pensé m’amputer. Heureusement, le docteur Malcolm Lesavoy, un chirurgien plastique du Centre médical d’UCLA, a mis au point une procédure innovante et il a pu sauver mes jambes. C’était malgré tout un énorme coup dur, car j’avais eu une enfance extrêmement sportive. C’était comme si tout ça m’était retiré d'un coup.

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Ma guérison a demandé énormément de temps et un processus de réadaptation très lourd. Bien entendu, pendant cette période, il ne m’est jamais arrivé de penser aux Jeux Olympiques. Durant ma convalescence, j’ai dû accepter tout ce qui m’était arrivé physiquement. C’est pour cette raison que j’ai avancé et que je me suis inscrit dans un petit club de canoë dans le cadre de ma rééducation : la structure et le sport me convenaient parfaitement. Il n’était question que d’intégration et cet esprit de camaraderie m’a aidé à me requinquer pour retrouver une meilleure qualité de vie. Pagayer, c’était idéal pour moi. Dans ce sport, on se sert surtout du haut du corps et moi, j’étais assez limité au niveau des jambes à la suite de mon accident. Alors aller finalement aux Jeux Olympiques après avoir traversé une telle épreuve, c’était irréel. J’avais du mal à croire que j’étais en train de participer aux Jeux Olympiques et que mon rêve s’était réalisé.

Je me souviens de la transmission de la flamme à la ville hôte suivante, Sydney, à la fin de la cérémonie de clôture d’Atlanta. C’est à ce moment-là que la réalité m’a explosé au visage et que j’ai vraiment pensé à viser d’autres Jeux Olympiques. J’ai donc pris une photo du logo de Sydney 2000 et quand je suis rentré chez moi, je l’ai accrochée à un mur. Je la regardais tous les jours et je me répétais : mon objectif est de participer aux Jeux Olympiques de Sydney.

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Beaucoup de choses peuvent arriver en quatre ans, mais ce cycle olympique s’est déroulé relativement sans encombre et j’ai donc été retenu dans l’équipe pour les Jeux de 2000. Quelques jours avant le départ pour l’Australie, mon capitaine, qui revenait d’une réunion avec l’équipe américaine, m’a dit : « Tu ne le croiras jamais, mais tu as été choisi pour porter le drapeau lors de la cérémonie d’ouverture. » Je suis effectivement resté incrédule et j’ai pensé d’abord qu’il plaisantait. Mais ensuite, tout s’est enchaîné.

C’était tellement exceptionnel d'être sélectionné comme porte-drapeau. Je suis très fier d’être américain et le fait d’avoir été choisi par mes pairs m’a procuré une sensation fantastique. Lors de ma préparation, avant de pénétrer dans le stade, j’étais on ne peut plus nerveux. Si vous pensez que ce n’est pas bon d’être tendu avant une compétition, vous auriez dû me voir avant la cérémonie d’ouverture !

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Alors que nous attendions notre tour pour défiler dans le stade, un officiel s’est mis à crier, « L’équipe américaine, tenez-vous prêts ». Je me suis dit que quoi qu’il arrive, je ne devais pas trébucher. Mon cœur battait à tout rompre tellement j’étais fier et heureux. Je voyais l’écran de télévision géant et tout à coup, les caméras se sont braquées sur l’équipe américaine. J’ai alors pris une grande respiration et j’ai regardé derrière moi. Et la seule chose que j’ai vue, c’était une marée rouge, blanche et bleue qui s’étalait sur près de 300 mètres. C’est à ce moment-là que toutes mes émotions sont remontées à la surface.

Je marchais et je faisais flotter le drapeau, c’était une expérience extraordinaire. Porter le drapeau est l’un des moments les plus marquants de ma vie. Aujourd’hui, lorsque j’assiste à diverses cérémonies, beaucoup d’athlètes sont présentés comme des champions olympiques alors que moi j’ai droit à un « porte-drapeau olympique ». C’est un honneur exceptionnel et ça donne l’impression extraordinaire d’appartenir à une caste unique d’olympiens. Peu de participants aux Jeux ont été porte-drapeaux lors d’une cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques et c’est assez merveilleux d’en faire partie.

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