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PyeongChang 2018

L'imperturbable gardienne de but, Maddie Rooney, revient pour nous sur le 'meilleur match' de PyeongChang 2018

Quand on pense au plus grand moment de l'histoire du hockey sur glace féminin aux États-Unis – la lutte pour une médaille d'or olympique contre un adversaire féroce, le Canada – on pense à toute la pression qui reposait sur les épaules de la gardienne de but, Maddie Rooney, âgée de 20 ans à l'époque. La gardienne de but originaire du Minnesota est aussitôt après devenue une héroïne, et elle espère que ce n'est que le début d'un renouveau pour l'équipe américaine.

 

Les États-Unis auraient pu être pardonnés d'avoir participé avec un certain pessimisme à la finale féminine de hockey sur glace aux Jeux Olympiques d'hiver de PyeongChang 2018. Le Canada avait en effet remporté les quatre médailles d'or précédentes de l'épreuve et, au cours des dernières rencontres, il avait largement dominé ses adversaires du sud de la frontière. Les Canadiens avaient également battu les États-Unis lors du tour préliminaire : en bref, le pronostic n'était pas bon.


"Nous avons fait une tournée contre le Canada avant les Jeux Olympiques et nous les avons joués six fois", a déclaré Maddie Rooney, la gardienne de but des États-Unis. "Nous avons perdu les cinq derniers matchs d'affilée. Puis, nous avons perdu ce match dans le tour préliminaire, aussi. Mais pour être honnête, nous sommes restées positives."

"Nous avons essayé de disputer ce match à notre avantage. Nous avons en effet pensé : "Vous ne pouvez pas battre une équipe dix fois d'affilée". Nous avions en tête que peut-être c'était à nous de finalement l'emporter. Le Canada et les États-Unis se connaissent très bien car les deux pays se rencontrent souvent et nous savions que c'était possible. Lors de chaque rencontre entre nos équipes, celles-ci sont à 100 %. C'est un hockey très intense, très physique et intelligent. Nous savons comment les Canadiennes jouent et nous avons attendu le bon moment pour saisir notre chance."

L'occasion s'est présentée au moment le plus opportun : en finale. Après que le match s'est terminé sur le score de 2à 2 dans le temps réglementaire et que la prolongation n'a pas permis de marquer, le match a continué avec une séance de tirs au but. Tous les regards se sont alors soudainement tournés vers les gardiennes de but, dont Maddie Rooney, qui n'avait que 20 ans à l'époque.

Getty Images

"La finale a été si spectaculaire que je m'en souviens de manière floue", confie Maddie Rooney. "On ne pense jamais qu'un match pour la médaille d'or va faire l'objet de cris. Tout le monde me demande ce que j'ai ressenti à ce moment-là, mais je ne peux pas vraiment le décrire. Je me souviens juste d'avoir ressenti toute l'énergie de mes coéquipières sur le banc. J'aimais l'idée que le sort soit entre mes mains. Ce dernier arrêt, en tant que gardienne de but, vous devez vous attendre à l'inattendu et essayer de réagir à tout ce qui vous arrive dessus."

"Vous devez être talentueuse sur le plan technique et savoir réagir rapidement – mais aussi savoir garder son calme sur la glace. Si quelqu'un réussit à marquer, il faut être assez forte mentalement pour pouvoir rebondir. Après avoir fait ce dernier arrêt, tout le monde est venu avec moi en courant. C'était vraiment intense."

Le match était si passionnant qu'il a plus tard remporté le ESPY Award 2018 du "meilleur match", premier devant le Super Bowl, les World Series et plusieurs autres rendez-vous sportifs.


"C'était fantastique et l'année qui a suivi a été dingue", a indiqué Maddie Rooney, laquelle est désormais de retour en tant que gardienne pour l'équipe de son université, les Minnesota-Duluth Bulldogs. "Nous avons été très présentes dans les médias après cela, nous sommes allées à la cérémonie de remise des ESPY Awards, aux matchs de la NHL, c'était vraiment génial. Mais c'est grâce à notre travail sans relâche. À l'approche des Jeux, nous étions convaincues que nous pouvions gagner. Nous nous faisions toutes confiance. Tout le monde avait le même objectif et nous avons simplement œuvré ensemble pour l'atteindre. L'équipe était si bien préparée. Pendant les huit mois qui ont précédé les Jeux Olympiques, nous avons patiné tous les jours. Sur la glace, nous avons travaillé, en dehors de la patinoire, nous avons étudié le jeu. Une telle préparation a joué en notre faveur."

Maddie Rooney a vécu une première expérience olympique très agréable. "C'était impressionnant de voir les Coréens jouer ensemble [la République de Corée et la République populaire démocratique de Corée], et on pouvait vraiment sentir l'atmosphère d'amitié et le sentiment d'unité qui régnaient autour des Jeux", a-t-elle souligné.

"Tout était si bien organisé et les installations étaient superbes. J'ai aussi aimé voir d'autres sports. Je connais beaucoup de membres de l'équipe de curling, car ils viennent aussi de Duluth, alors je suis allée les voir [l'équipe masculine américaine] remporter l'or, ce qui était sympa. Il y a un bon esprit d'amitié entre les différents sports."

Getty Images

Elle se réjouit à l'idée de défendre le titre à Beijing en 2022 et se dit prête à endurer à nouveau la souffrance si c'est ce qu'il faut pour gagner.

"Je n'avais que sept mois lorsque les États-Unis ont remporté leur dernière médaille d'or en hockey féminin [à Nagano 1998, lorsque le hockey sur glace féminin a fait son entrée dans le programme olympique], donc c'est arrivé au bon moment", nous a confié Maddie Rooney. "Cela a vraiment été important pour le hockey féminin ici. Je suis impatiente de voir la suite. Il existe un stéréotype selon lequel les gardiens de but sont un peu fous, et que se prendre des tirs de palets dans la tête est un peu bizarre. Cela peut effectivement faire mal suivant l'endroit où le palet vous frappe, mais j'y suis habituée. C'est très amusant et j'espère que ce n'est que le début pour moi."

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