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Katoatau 2016 Getty Images
Date
17 août 2016
Tags
Rio 2016 , Actu CIO , Haltérophilie , Kiribati

L'idole des foules David Katoatau explique que ses danses portent un message sérieux

David Katoatau, haltérophile des iles Kiribati, est devenu le chouchou du public et une sensation sur Internet par la grâce de ses danses sur le plateau à chaque fois qu’il soulève une barre.

David Katoatau a vu la maison qu’il avait construite pour ses parents être totalement détruite par un cyclone il y a quelques années. Il a alors créé une danse, qu’il a effectuée une première fois devant le public ravi des Jeux du Commonwealth en 2014, où il a remporté le premier titre des Kiribati. Une danse qui porte une importante signification, puisque Katoatau cherche à éveiller les consciences sur le changement climatique qui met  en danger l’existence même de son archipel du Pacifique Sud. 


Getty Images

Le 16 août, pour sa compétition à Rio 2016, Katoatau a reçu plus d’encouragements que n’importe quel autre haltérophile, y compris le concurrent brésilien, durant tout le concours des 105 kg dans le groupe B. Il a aussi créé la sensation lors de la Cérémonie d’ouverture, où, porte-drapeau des Kiribati, il a dansé devant le public du Maracana. 

Les Iles Kiribati, à cheval sur l’équateur, souffrent d’une terrible érosion côtière allant de leurs plages jusqu'à l’intérieur des terres, comme l’indique leur gouvernement. Des scientifiques ont prédit que la montée des eaux aura des effets catastrophiques sur les 21 iles habitées du territoire. 

« La plupart des gens ne savent pas où se situent les Kiribati », dit David Katoatau, 32 ans. « Je veux que les gens en sachent plus sur nous, alors j’utilise mon haltérophilie et mes danses pour alerter le monde ». 

Katoatau Getty Images

« J’ai écrit une lettre ouverte au monde l’année dernière, pour informer les gens à propos de toutes les habitations perdues à cause de la montée du niveau des eaux de l’océan. Je ne sais pas combien d’années il faudra pour que nous soyons engloutis. Nous n’avons pas les ressources pour nous sauver. »

David Katoatau explique également que lui et les autres athlètes manquent même de la plus rudimentaire des installations pour pouvoir s’entraîner. « Il n’y avait pas de gymnase quand j’ai commencé à m’entraîner. Il n’y a toujours pas de gymnase aujourd’hui. J’ai travaillé sur la page, sous le soleil brûlant. La barre devenait trop chaude à toucher, il me fallait m’entraîner à six heures du matin. »

Katoatau Getty Images

Katoatau a intégré l’Institut d’Océanie d’haltérophilie aux Fidji quand il avait 16 ans, et il est entrainé par l’Australien Sam Coffa depuis lors. Aujourd’hui, il vit et s’entraîne à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie française, dans le Pacifique Sud. 

15e pour ses débuts à Beijing en 2008, il a terminé 6e dans le groupe B à Rio 2016 avec un total de 349 kg, 1 kg de plus que lors de sa victoire aux Jeux du Commonwealth 2014. Il a réussi ses cinq premières tentatives, mais a manqué la dernière. Il a alors embrassé la barre et s’est mis à danser sur le plateau, ardemment encouragé par le public. « Je danserai encore cette nuit », a-t-il dit. 

Portant son regard vers l'avenir, David Katoatau a déjà en poche son diplôme d’entraineur et il a bien l’intention d’aider les autres à suivre ses traces, quand sa carrière sportive s’arrêtera. Mais pour l’instant, son objectif majeur est d’aller défendre son titre aux Jeux du Commonwealth 2018. 


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