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Date
29 mai 2015
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Actu CIO

L’escrime démasquée

L’escrime est un sport qui puise ses racines dans l’antiquité, mais qui a évolué au fil des siècles pour bénéficier aujourd’hui de toute une série de technologies de pointe et d’équipements de sécurité, notamment d’un masque spécial. Nous vous emmenons en coulisse pour découvrir ce que recouvre exactement cet élément essentiel de l’équipement.


Le masque d’escrime a été inventé en 1780 par le maître d’armes français Nicolas Texier de la Boëssière, avec l’aide du Chevalier de Saint-George, escrimeur et duelliste renommé. Cela a constitué une avancée majeure pour le développement du sport, en réduisant considérablement le risque de blessures mortelles et en favorisant une réforme radicale des techniques et des stratégies. La Boëssière, membre influent de l’Académie française des armes, a préconisé que les escrimeurs n’avancent ni ne reculent lors de leurs assauts, estimant qu’ils devaient finir exactement là où ils avaient commencé. Son masque a facilité une telle approche.

À ce stade, l’escrime existait déjà sous une forme ou sous une autre depuis près de 3 000 ans. La trace des premiers assauts de compétition a été retrouvée dans l’Égypte ancienne, au XIIe siècle av. J-C, puis plus tard, chez les Romains. Toutefois, il a fallu attendre le XVe siècle pour que le sport soit codifié, avec l’apparition de guildes d’escrime dans toute l’Europe et la publication en Espagne du premier manuel codifiant les règles et les techniques, par Diego de Valera en 1471.

Un siècle plus tard, le maître d’armes français Henry de Saint-Didier publie le premier traité d’escrime français. Cet ouvrage recommande l’utilisation d’une épée sans dague et entame la classification de nombreuses attaques et parades, peu après que les maîtres d’armes italiens Vigiani et Grassi ont ajouté la fente au catalogue des techniques reconnues.

Jusqu’alors, la rapière constituait l’arme de prédilection, mais au milieu du XVIIe siècle, le fleuret va lui être préféré pour l’entraînement. Au début du XVIIIe siècle, l’épée, beaucoup plus légère, est consacrée principale arme de duel en Europe, bien que les Hongrois aient adopté le sabre – la troisième arme de l’escrime moderne – comme arme nationale. Ils vont d’ailleurs par la suite dominer totalement cette arme jusqu’au milieu du XXe siècle.

Le virage vers l’escrime sportive, plutôt que comme discipline d’entraînement militaire, commence à partir du milieu du XVIIIe siècle sous l’impulsion du maître d’armes italien Domenico Angelo. Ce dernier crée en 1763 une académie d’escrime, l’école des armes d’Angelo, à Londres dans le district de Soho où il enseigne l’art de l’habileté à l’épée aux membres de l’aristocratie. L’école d’Angelo reste influente durant les trois générations suivantes et son livre fondateur, L’École des armes, publié l’année de l’ouverture de son académie, est le premier à mettre l’accent sur les bienfaits physiques et sportifs de l’escrime.

Cent vingt-trois ans vont s’écouler avant que l’escrime ne compte parmi les sports figurant au programme des premiers Jeux Olympiques de l’ère moderne, en 1896 à Athènes. Trois épreuves vont être disputées au Zappéion, au cœur de la capitale grecque : le fleuret, le sabre et le « fleuret maîtres d’armes » (l’épreuve d’épée sera annulée et n’effectuera ses débuts olympiques que quatre ans plus tard à Paris), marqués par la domination des tireurs grecs et français.

©IOC / Albert Meyer

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