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2016 Getty Images

L’équipe olympique de réfugiés, symbole d’espoir

Une nouvelle page d’histoire a été écrite aux Jeux de Rio 2016 avec la participation de la première équipe olympique des réfugiés jamais constituée, attirant ainsi l’attention sur l’amplitude de la crise mondiale des réfugiés. David Burnett, photographe du CIO, a accompagné les 10 athlètes durant leur remarquable séjour à Rio.

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) définit le réfugié comme «quelqu’un qui a été forcé de fuir son pays pour cause de persécution, guerre ou violence». Dans le monde d’aujourd’hui, les bouleversements sur pratiquement tous les continents ont forcé des millions de personnes à abandonner leur domicile. Durant les années 70 et 80, dans le cadre de mon travail de reporter photographe, je me suis rendu dans un certain nombre de camps de réfugiés en Asie et en Afrique, en espérant que mes photographies, d’une manière certes minime, pourraient raconter leur histoire.

Abandonner sa maison est probablement la décision la plus difficile qu’on doive prendre. Très peu de camps de réfugiés procurent plus que le strict nécessaire en termes de logements et de subsistance. C’est une réelle épreuve pour les réfugiés à bien des niveaux. Pour le plus grand nombre, l’éducation des enfants est pratiquement toujours victime du manque de ressources.

Pourtant j’ai constamment trouvé une résilience parmi les réfugiés qui dément les circonstances et souvent ceux qui se retrouvent dans les situations les plus dramatiques révèlent une force qui dépasse de beaucoup ce qu’on attendrait dans de telles situations. Ainsi, cet été, avec le soutien accordé par le CIO à une équipe olympique des réfugiés, nous avons vu 10 personnes, chacune ayant fui conflits et autres difficultés, bénéficier de la possibilité de s’entraîner, de vivre et de concourir en tant qu’athlète olympique. Le fait qu’aucun de ces athlètes n’a gagné de médaille est anecdotique par rapport à l’engagement et à l’entrain du groupe. En regardant les coureurs de fond fouler la piste ou les nageurs plonger dans le bassin, on ne pouvait qu’être frappé par cette adhésion au dur labeur indispensable au succès de tout athlète.

Le premier jour à la piscine d’entraînement, j’ai passé deux heures avec Yusra Mardini et Rami Anis, deux nageurs syriens. Gagneraient-ils des médailles ou établiraient-ils de nouveaux records? Peut-être pas, mais il n’y avait pas d’équivalent dans tout ce que j’ai vu à Rio sur n’importe quel site, en terme de détermination à travailler des heures durant dans le bassin. Les coureurs aussi arrivaient avec une seule idée en tête, typique de ce qu’on attend d’un olympien. Parfois, l’épreuve elle-même et la dévotion au sport, la course, le judo ou la natation, est le test.

Des jours, des mois et même des années de préparation, telle est la règle, non l’exception. Le concept d’Olympisme exprime la fusion de l’esprit, de la volonté et du corps, et ces athlètes réfugiés ont en tout point excellé mais d’abord et avant tout, en cette période d’adversité, de leur propre humanité.



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