skip to content
Date
07 avr. 1896
Tags
Athènes 1896 , Grande-Bretagne , Haltérophilie
Athènes 1896

L'Écossais Elliot fait lever le public grec

Baptisé du nom de la ville de Tasmanie où il a été prétendument conçu, Launceston Elliot est né en Inde, passe la moitié de sa vie adulte en Angleterre, mais reste toujours Ecossais de cœur. Son grand-père, qui est né dans une famille importante de la région des Scottish Borders (les Marches écossaises) et qui est un descendant du comte de Minto, a été gouverneur de Madras, en Inde, là où est né Launceston en 1874.


Après être retourné en Grande-Bretagne à l’adolescence, en 1887, pour ses études, il commence à s’entraîner sous la houlette de l’haltérophile allemand Eugen Sandow, considéré comme le père du culturisme moderne. À 16 ans, il participe à ses premiers Championnats de Grande-Bretagne d’haltérophilie, et trois après, il décroche le titre national.

En 1896, Elliott accompagne le petit groupe de sportifs britanniques qui vogue vers la Grèce pour participer aux premiers Jeux Olympiques. Bien qu’il soit avant tout haltérophile, il choisit également de s’aligner en athlétisme dans le 100 m, épreuve d’ouverture des Jeux. Il termine quatrième de la seconde série et est bien entendu éliminé, mais dès le lendemain, il met sa déception de côté pour le début des épreuves d’haltérophilie.

L’épreuve du lever à deux bras est la première. Lawrence Levy, compatriote d’Elliott qui s’est retiré prématurément à cause d’un différend portant sur l’utilisation d’haltères ou de barres, a rejoint le prince héritier de Grèce au sein du panel des juges.

Dans le même temps, Elliott se fraie facilement un passage jusqu’à la finale, où il est opposé au Danois Viggo Jensen. Les deux hommes soulèvent 110 kg, mais le prince héritier décide d’attribuer l’or à Jensen qui a soulevé la charge de manière plus nette, alors qu’Elliott a semblé à la peine. Mais Levy suggère que puisque tous deux ont soulevé le même poids, il faudrait leur donner l’occasion d’essayer de soulever une charge plus lourde. On rajoute donc des disques aux 110 kg déjà en place et les deux hommes tentent de soulever le tout.

Après une nouvelle réclamation signée Levy, qui estime que la tentative de Jensen n’était pas valable, on décide de conserver le résultat initial et le titre revient donc au Danois, alors qu’Elliott doit se contenter de la deuxième place.

La finale du lever à un bras suit, avec un nouveau tête-à-tête entre le Danois et l’Écossais.

Jensen s’est blessé à l’épaule lors de son dernier essai à deux bras et ne peut rivaliser avec Elliott, qui a soulevé 71 kg et qui permet à la Grande-Bretagne d’avoir son premier champion olympique.

Elliott n’a pourtant pas l’intention de s’endormir sur ses lauriers. Il va en effet participer au grimper de corde à 14 m où il termine dernier, et à la lutte gréco-romaine où il proteste si fort après avoir perdu son premier combat qu’il doit quitter le stade sous bonne escorte. Cela ne l’empêche pas de conquérir le cœur et l’esprit du public athénien, à tel point que le bel Écossais hérite d’une demande en mariage « de la part d’une admiratrice haut placée ».

Aux Jeux de 1900 à Paris, loin d’être abattu par le retrait de l’haltérophilie, sa discipline de prédilection, du programme, il se tourne vers le lancer du disque, sans cependant monter sur le podium.

En 1905, Elliott se lance dans une carrière au music-hall et effectue le tour du monde avec un spectacle laissant une large place à divers numéros de force. Dans l’un d’eux, il porte sur ses épaules une barre métallique sur laquelle un cycliste et un vélo sont suspendus à chaque extrémité. Il commence ensuite à tourner et à aller de plus en plus vite, jusqu’à ce que les vélos et les cyclistes se retrouvent à l’horizontale.

Il prendra sa retraite peu après la Première Guerre mondiale, puis finira par retourner en Australie où il mourra en 1930.

back to top En