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Date
02 nov. 2017
Tags
Tokyo 2020 , Actualités Olympiques

L’Australien "Mister Baseball" veut encore plus de gloire olympique

En Australie, Jon Deeble est surnommé "Mister Baseball". Rien d’étonnant pour cet homme qui, durant plus de trente ans, a été joueur, entraîneur, recruteur et manager dans ce sport. Lanceur lors de la toute première victoire australienne aux Jeux Olympiques et entraîneur national lorsque les Aussies ont décroché une médaille d’argent historique aux Jeux d’Athènes 2004, il pourrait revendiquer en toute légitimité d’avoir « Olympique » en second prénom. Jon Deeble est la personne idéale pour donner son avis sur le retour du baseball au programme olympique à Tokyo en 2020.

« Les Jeux Olympiques sont le nec plus ultra du sport, » dit Jon Deeble. « Demandez aux gars qui étaient là en 2004, ceux qui jouaient dans les ligues majeures. Ils vous diront que les Jeux Olympiques, c’est ce qui les a emballés le plus. Aucun doute là-dessus. »

« Cela vaut aussi pour les Américains, qui ont gagné en 2000 [aux Jeux Olympiques de Sydney]. À les entendre, les Jeux Olympiques sont tout aussi importants que de jouer dans une ligue majeure. »

Il est incontestable que des récits extraordinaires dignes d’Hollywood, comme la marche de l’Australie vers la finale en 2004, ont permis au baseball d’épouser naturellement les idéaux olympiques.

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Une équipe d’amateurs – parmi lesquels, notamment, un coach de fitness personnel qui a fait toute sa carrière à Sydney sur la plage de Bondi Beach et un vendeur d’accessoires pour salles de bain – a résisté aux grands de la discipline et a été à deux doigts de tous les terrasser.

« Nous avons perdu les deux premiers matches et on pensait que c’était reparti comme à Sydney (aux jeux de 2000, l’Australie avait terminé avant-dernière), dit l’entraîneur. Mais tout le mérite des joueurs, c’est d’avoir aligné six victoires consécutives et d’avoir battu le Japon deux fois en trois jours. »

Si Jon Deeble, modeste, met cela sur le compte du talent, de la foi et du travail du réputé psychologue du sport australien Phil Jauncey, les joueurs ont toujours vanté haut et fort les efforts considérables de leur entraîneur. Non seulement Jon Deeble et son staff ont changé la mentalité de l’équipe en lui permettant de battre la sélection japonaise, mais ils ont également élaboré un remarquable réseau de dénicheurs de talents, malgré un manque crucial de ressources.

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C’est ce mélange de détermination et de fierté qui rendent le baseball international si attractif. Jon Deeble estime que certains foyers de baseball peu connus, en Europe de l’Ouest et en Amérique latine, seront vraisemblablement les principaux adversaires de l’Australie pour le gain de l’un des cinq billets qualificatifs pour les Jeux de Tokyo 2020.

« Regardez le dernier WBC (World Baseball Classic) : les Japonais ont dépensé des millions pour leur préparation, tout comme Taïwan et la République de Corée. Nous disposions d’un budget de 40 000 AUD, souligne Jon Deeble, et ça ne nous a pas empêchés de les affronter en égaux. »

L’équipe d’Australie actuelle est un formidable clin d’œil au passé. Plus de la moitié des joueurs, en effet, ont toujours un emploi à côté, et pourtant ils rivalisent avec des joueurs de la Ligue majeure de baseball (MLB), qui cumulent des contrats de plusieurs millions de dollars comme Warwick Saupold (Tigres de Detroit), Peter Moylan (Royals de Kansas City) et Liam Hendriks (Athletics d’Oakland).

Les joueurs talentueux issus du vivier australien, un système dirigé par l’infatigable Deeble, n’en finissent pas de faire des envieux.

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« Nous avons 100 jeunes à l’université (bénéficiant de bourses baseball), 40 à 50 dans les ligues mineures et quatre dans les ligues majeures, dit Jon Deeble. Nous avons quelques bras vraiment bien armés qui vont émerger. »

Outre ses fonctions d’entraîneur en chef de l’Australie, Jon Deeble, 55 ans, dirige également les académies australiennes de MLB. Bien que ces rôles soient réellement bénévoles, la charge de travail, elle, est « presque à plein temps ».

« Il y a toujours quelque chose à faire, trouver des lieux pour pouvoir jouer, essayer de travailler avec différents pays, organiser les académies pour les jeunes, parler aux joueurs et les suivre, aller en repérage et autres », dit Jon, qui vit de son emploi de superviseur-recruteur de la zone pacifique pour les Dodgers de Los Angeles, une équipe de MLB.

Il arrive tant bien que mal à tout concilier et sa magie commence à payer : l’Australie a terminé deuxième des derniers championnats du monde des moins de 23 ans, alors que les moins de 18 ans ont terminé cinquièmes de leur compétition mondiale en 2017.

« L’objectif, c’est de voir des jeunes Australiens pratiquer le baseball et pour nous, de grimper le plus haut possible. Le summum, c’est quand nos jeunes joueurs signent des contrats professionnels dans des ligues majeures. Rien n’est plus beau. »

Naturellement, et plutôt à juste titre, Jon Deeble met en avant le travail colossal de ses pairs entraîneurs et managers dans l’obtention de ces résultats, mais il est difficile de ne pas se demander où en serait le baseball australien sans lui.

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Issu d’un père joueur au talent exceptionnel et d’une mère qui a représenté l’Australie en netball, en softball et en baseball, Jon Deeble est pratiquement né batte et gant en mains. Lanceur gaucher, il a propulsé son pays vers sa première victoire olympique face au Canada, en 1988 aux Jeux de Séoul..

Par la suite, il a passé 16 ans comme recruteur pour les Red Sox de Boston, et on lui doit d’avoir hissé des pépites comme Daisuke Matsuzaka et Hideki Okajima dans des ligues majeures.

Il faudrait être fou pour parier contre ses chances de conduire une autre équipe de sans-grade sur le podium olympique dans trois ans. Ce n’est pas un hasard s’il est encore surnommé affectueusement « l’ennemi public numéro un » par la communauté du baseball japonais, lui qui a fomenté ces victoires monstrueuses contre le Pays du soleil levant, il y a treize ans.

« Le baseball se porte toujours aussi bien en Australie », dit Jon Deeble. « Nous n’avons pas battu le Japon depuis 2004, c’est vrai, mais on ne sait jamais. »

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