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IOC/Ubald Rutar
Date
24 févr. 2017
Tags
Lillehammer 2016 , Actualités Olympiques , Mongolie , JOJ

L'ambitieuse star mongole des JOJ au régime scolaire

Le skieur de fond Ochirsukh Adiyabaatar est aujourd’hui à mi-parcours d’une semi-retraite, voulue, du sport qu’il aime. À l’initiative de sa mère, le jeune homme de 18 ans a accepté de se concentrer sur ses études avant de retourner sur les pistes l’an prochain, les spatules gorgées de revanche, pour tenter de se qualifier pour les Jeux Olympiques.


Un an après avoir représenté son pays aux Jeux Olympiques de la Jeunesse, Ochirsukh Adiyabaatar négocie l’équilibre délicat mais crucial entre ses études et son sport de prédilection. C’est un paramètre que beaucoup des 1 067 athlètes ayant concouru à Lillehammer doivent sans doute gérer.

IOC/Ubald Rutar

« Depuis les JOJ, ma mère veut que je mette le paquet dans mes études. Elle pense que c’est très important pour mon avenir », dit Ochirsukh qui a terminé 41e du 10 km en ski de fond aux JOJ. « Cette année, j’ai donc pris une année blanche afin de me consacrer à mes études. »

Le jeune Mongol, qui rêve de participer un jour aux Jeux Olympiques, commence d’ailleurs à porter un regard mature sur cette pause. « Ma mère a raison. Même si j’ai envie de skier, je dois penser à mes études. Même si je poursuis ma carrière d’athlète et que je participe à de nombreuses compétitions, qu’est-ce que je ferai lorsque ce sera fini ? Pour postuler à un emploi, il faut avoir une formation, dit-il. Elle veut donc que je sois studieux et après, je pourrai skier autant que je veux. »

En conséquence, Ochirsukh ne s’entraîne cette saison que le week-end et il ne dispute que des compétitions ayant lieu en Mongolie. Cela ne nuit pas trop à sa forme, puisqu’une cinquième place récente dans une compétition seniors l’incite à penser qu’il a peut-être même progressé.

IOC/Ubald Rutar

Pourtant, tout naturellement, il éprouve un pincement au cœur lorsqu’il voit des concurrents des JOJ arpenter les pistes à plein temps. « Sur Facebook, ils disent des choses du genre "Je viens d’effectuer 50 km à l’entraînement et je suis prêt pour la compétition". Ça me rend un peu jaloux, dit Ochirsukh. J’ai vraiment envie de les affronter. Je veux me rendre compte de leur progression et m’évaluer par rapport à eux. Ça me rend triste. Je veux skier, mais à présent, je ne peux pas. »

Ochirsukh, qui veut devenir ingénieur en électricité lorsqu’il aura assouvi ses ambitions sportives, a compris qu’il devait privilégier ses études cette année afin de pouvoir concrétiser sa deuxième carrière. « À vrai dire, c’est dur. Quand j’étais au lycée, j’ai pratiquement tout misé sur le ski et l’entraînement, et mes études sont totalement passées au second plan. Et aujourd’hui que j’essaye d’étudier, j’ai besoin des connaissances qu’on apprend au lycée », dit-il.

Selon les termes de l’accord qu’il a passé avec sa mère, Ochirsukh rejoindra ses compatriotes skieurs de fond l’an prochain à Oulan-Bator, la capitale. Il conciliera alors études et entraînement intensif.

IOC/Arnaud Meylan

L’adolescent est préoccupé de temps à autre par cette mise à l’écart, tandis que ses adversaires « n’en finissent pas de s’améliorer ». Ochirsukh sait cependant qu’il a lui-même une sacrée marge de progression. « Je suis persuadé que je peux participer aux vrais Jeux Olympiques. Je sens que je peux aller plus loin. Je n’ai pas encore atteint mes limites. Peut-être que dans trois ou quatre ans, je serai meilleur, peut-être que je pourrai skier plus vite et participer à davantage de compétitions, dit-il. Il faut simplement que j’attende jusqu’à l’an prochain. »

À l’occasion, le skieur mongol se remémore même qu’il y a de bons côtés lorsqu’on est à mi-temps. « Je ne suis plus au régime », reconnaît-il après avoir beaucoup attiré l’attention, l’an dernier à Lillehammer, pour avoir révélé qu’il suivait un régime végétarien strict, à base de carottes. « Je profite du moment et je mange beaucoup de viande. La nourriture traditionnelle mongole contient beaucoup de viande », rit-il.

Il apprécie également d’autres plaisirs. Il aime partir en montagne avec ses amis étudiants et leur apprendre à skier. Et il peut également puiser dans une mine de souvenirs particuliers. « À partir du moment où je suis arrivé, j’ai rencontré beaucoup d’athlètes et j’ai participé à beaucoup d’événements. C’est dur de choisir parmi ces souvenirs. Si je devais n’en retenir qu’un, je pense que la course a constitué ma meilleure expérience. Le champion olympique [de la jeunesse] était là, à deux pas, je skiais avec lui et maintenant, je le connais », dit Ochirsukh.

Une excellente motivation pour le jour où cet étudiant retournera sur les pistes, à temps plein cette fois.

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