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L'adolescente réfugiée Chajen Dang Yien part en quête de gloire et fait campagne pour la paix

chajen © UNHCR/Tony Karumba
Chajen Dang Yien a échappé au conflit au Soudan du Sud et a passé des années loin de sa famille dans un camp de réfugiés kenyan. Aujourd'hui, elle aspire à un avenir meilleur grâce au journalisme, à la défense des droits et au 800 m lors des Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

Chajen Dang Yien a toujours été rapide, mais elle a compris que les choses avaient véritablement changé pour elle dans le camp de réfugiés kenyan où elle a grandi.

J'étais l'une des enfants les plus rapides du camp et j'étais souvent poursuivie par les autres enfants, alors je devais être rapide",

"Nous avions l'habitude de jouer et de faire du sport à notre école, et nous organisions tout le temps des compétitions. J'ai fait de l'athlétisme et du volleyball.  Finalement, j'ai participé à quelques compétitions et sélections, et j'ai obtenu de bons résultats. On m'a proposé une place au Centre Tegla Loroupe pour la paix, et je l'ai acceptée. Cette décision a changé ma vie."

Chajen Dang Yien, qui a aujourd'hui 19 ans, est devenue réfugiée à l'âge de huit ans, fuyant le Soudan du Sud déchiré par la guerre. L'expérience a été difficile et ce qu'elle n'a pu oublier, c'est d'avoir été séparée de sa famille.  

Chajen IOC

Et d'ajouter : "Je me souviens que le conflit a commencé et que je me suis enfuie. Mais je ne sais pas vraiment comment je suis arrivée au Kenya. Je sais que j'étais avec beaucoup d'autres enfants, et séparée de ma mère. Mais après quelques années dans le camp, ma mère m'a retrouvée. C'était très émouvant d'être enfin réunies. J'avais dix ans. Je n'arrivais pas à y croire, je ne savais pas qu'elle allait bien."

"Mais la vie dans le camp était vraiment difficile. Nous vivions avec des Somaliens, des Éthiopiens. L'endroit n'était pas toujours très sûr et on ne pouvait pas toujours aller à l'école."

Mais ses capacités athlétiques – Chajen Dang Yien est une prodige du 800 m – lui ont rapidement permis de trouver une place au centre pour la paix, lequel est un tremplin pour de nombreux athlètes réfugiés talentueux. Ainsi que Chajen Dang Yien l'a indiqué : "Vivre ici est formidable, j'aime vraiment ça. Cela m'a vraiment changée en tant qu'athlète et en tant que personne. J'ai appris que les réfugiés sont comme n'importe quelle autre personne. Je suis en contact avec beaucoup d'autres nationalités. J'ai appris à m'entendre avec ces personnes. J'ai appris des choses qui, je pense, me permettront d'aider mes parents. Il règne un très bon esprit ici."


Le fait d'avoir suivi l'équipe olympique des réfugiés aux Jeux Olympiques de Rio 2016 a nourri son ambition. "J'ai les athlètes réfugiés à la télévision et j'ai pensé qu'ils montraient beaucoup au monde", a confié Chajen Dang Yien. "Ils ont montré que les réfugiés peuvent tout faire. Ils peuvent avoir un impact.

Ils ont montré que si vous essayez quelque chose, vous pouvez réussir, que rien ne peut vous arrêter.

Les suivre a été une formidable source de motivation et de joie au centre."


Chajen Dang Yien se concentre à présent sur deux objectifs : la qualification pour les Jeux de Tokyo 2020 en tant que membre de l'équipe olympique des réfugiés et la promotion de la paix par le sport.

"Aller à Tokyo aurait un grand impact", précise-t-elle. "Je me sentirais tellement bien, je serais vraiment très heureuse. Cette participation peut changer ma vie, elle peut changer la vie de ma famille. J'adorerais courir le 800 m là-bas. Mon entraînement se passe bien, même s'il a été affecté par la pandémie de COVID-19. Nous nous sommes principalement entraînés tout seuls. Mais je me sens bien."

"Défendre la paix est aussi très important pour moi. Quand nous sommes dans les écoles, j'aime parler de moi aux élèves et essayer de leur tenir un discours motivant. Je leur dis de se concentrer sur ce qu'ils font, et que le fait d'être à l'école et d'apprendre est une bénédiction.

Le sport peut changer la vie de tout un chacun. Il peut vous aider dans tout ce que vous faites dans la vie – à l'école et après. Il peut changer des vies."

"Il est également essentiel que les femmes puissent pratiquer un sport. En Afrique, on a l'habitude de dire que si vous éduquez une femme dans un village, vous éduquez tout le village. C'est ce que nous pouvons faire avec le sport." 

chajen IOC

Chajen Dang Yien, qui aime lire, voyager et échanger, aimerait bien devenir journaliste. Elle a certainement vécu assez d'expériences dans sa vie pour apporter un éclairage passionnant dans ses futurs articles.   

Et de conclure : "Je conseillerais à tous les réfugiés de ne rien craindre, de ne pas être découragés par la vie qu'ils mènent. Ils devraient continuer car ils peuvent réussir. Si vous voulez quelque chose, vous pouvez y arriver en travaillant dur, et faire quelque chose de grand demain." L'avenir de Chajen Dang Yien, qui débutera - espérons-le - aux Jeux de Tokyo 2020, semble des plus prometteurs.

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