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Date
09 oct. 2014
Tags
Sydney 2000

L'admirable marathonienne Aguida Amaral gagne les ovations du public

Tout le monde ne parvient pas au sommet de l’Olympe en gagnant une course ou en montant sur le podium. Parfois, le seul fait de participer fait entrer certains athlètes dans la légende.


Aguida Amaral est de cette lignée-là. 43e du marathon de Sydney, elle a envoyé un puissant message de persévérance et de détermination. Aguida est originaire du Timor oriental, pays ravagé par 20 ans de guerre civile. En 1999, juste avant les Jeux de Sydney, elle fuit son pays et vit durant quelque temps dans un camp de réfugiés. Lorsqu’elle rentre finalement chez elle quelques semaines plus tard, sa maison a été mise à sac et incendiée.

Presque tous ses biens ont été détruits, y compris son unique paire de chaussures de sport. La course, cependant, fait partie d’elle-même et elle est déterminée à persévérer dans le sport et à essayer de concrétiser son rêve de participer aux Jeux Olympiques. Elle court donc pieds nus sur les routes et dans les champs. Et lorsque ses pieds commencent à la faire trop souffrir, elle prend alors la direction des plages locales pour fouler le sable mou.

Elle hérite alors d’une paire de tennis, cadeau du Comité olympique australien, et continue à courir chaque jour. Certes, ses chronos se situent à des années-lumière du meilleur niveau mondial, mais son défi est on ne peut plus clair : Aguida veut devenir la première athlète féminine de son pays à participer aux Jeux Olympiques.

Le Timor Oriental ne parvient pas à accéder à l’indépendance à temps pour pouvoir être officiellement reconnu par les instances olympiques, mais le CIO autorise néanmoins quatre athlètes timorais à participer aux Jeux, et Aguida en fait partie. Son acharnement a payé et, pour la deuxième fois de sa vie seulement, elle se retrouve sur la ligne de départ d’un marathon.

Ce jour-là, toutes les coureuses ne rallient pas l’arrivée. Huit d’entre elles abandonnent, mais Aguida, elle, boucle le parcours en un peu plus de trois heures. Lorsqu’elle franchit la ligne d’arrivée une première fois, elle s’arrête avant qu’un officiel ne lui rappelle qu’il lui reste un tour de piste à parcourir. Elle repart donc sous les clameurs du public de Sydney, debout dans les tribunes, l’un des moments les plus émouvants de toute la durée des Jeux.

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