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Date
03 août 1952
Tags
Helsinki 1952

Kono, un poids léger en or massif

L’Américain Tommy Kono était un enfant malade qui souffrait d’asthme. Ses parents, d’ascendance japonaise, vont essayer de le soigner via des cures traditionnelles, mais rien ne semble marcher.


Comme si son enfance n’était pas assez compliquée, sa famille a été déplacée vers un centre de détention durant la Seconde Guerre mondiale et a dû abandonner son domicile californien. Et pourtant, c'est dans les conditions désertiques du camp de Tule Lake qu'il va trouver quelque réconfort là où les autres ne verront que la misère.

Tout d’abord, la sécheresse de l'air du désert est une aubaine pour son asthme. Ensuite, il découvre l’amour de l’haltérophilie. C’est un sport populaire que certaines personnes pratiquent dans le camp, et il devient rapidement évident que Kono présente certaines dispositions pour la discipline, malgré sa silhouette frêle.

Il ne participe à sa première compétition qu’en 1948, et encore uniquement parce qu’il se trouve être sur place. Ils ne sont que deux dans sa catégorie et il se classe second, mais il apprécie néanmoins l’expérience. Il la poursuit en participant à des compétitions locales et améliore progressivement ses résultats.

Il garde de son enfance une volonté de vaincre extrêmement forte, et une grande force mentale. Il développe également une grande technique et une faculté d’adaptation rarement, voire jamais, égalée. Kono est ainsi capable de faire changer son poids en modifiant son régime alimentaire, et il peut donc passer rapidement d’une catégorie à l'autre sans perdre apparemment de force.

Il est incorporé dans l’armée américaine, mais au vu son potentiel sportif, au lieu de partir pour la guerre de Corée, on l’envoie aux sélections olympiques américaines où il décroche son billet pour la Finlande.

À Helsinki, Tommy Kono concourt chez les légers. Sa préparation n’est pas idéale, puisqu’il est victime d'une intoxication alimentaire peu avant l’épreuve, mais il récupère et prend part à la finale. Kono se démarque du plateau, avec sa paire de chaussures de sécurité et ses lunettes, mais il est également remarqué pour ses performances exceptionnelles. Il bat en effet le record du monde à l’arraché et établit un nouveau record olympique du total.

Kono sera à nouveau champion olympique en 1956 à Melbourne chez les mi-lourds, avant de redescendre chez les moyens en 1960 à Rome, où il obtient la médaille d’argent. Il deviendra également un entraîneur respectable et beaucoup le considèrent comme le meilleur haltérophile américain de l’histoire.

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