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Date
02 août 1952
Tags
Helsinki 1952

Konno monte sur le podium quatre à quatre

S’il existait des médailles récompensant la régularité dans le succès, alors Ford Konno aurait été un très sérieux candidat à ce podium. Sur l’ensemble de sa carrière olympique, il va disputer quatre épreuves en tout : trois à Helsinki et une à Melbourne, quatre ans plus tard. Et ces quatre épreuves lui rapportent quatre médailles, deux d’or et deux d’argent, alors qu’il établit deux records olympiques.


Konno n’a pas vraiment la carrure d’un nageur. Il mesure à peine 1,68m, mais, depuis son enfance, l’eau est son élément naturel. Né à Hawaï, il grandit à Honolulu avant de gagner l’université de l’Ohio, où il intègre à la fois l'équipe de natation et celle de plongeon.

Il se prépare pour les sélections olympiques américaines en retournant à Hawaï, où il utilise le seul bassin de 50m qu’il peut facilement atteindre : une piscine d’eau salée. Mais peu de temps après, il développe une infection des sinus qui affecte ses performances et qui lui permet tout juste de gagner sa place en équipe olympique américaine, après avoir terminé deuxième du 400m et troisième du 1500m.

Lorsque les Américains arrivent en Finlande, Konno s'est néanmoins rétabli et il est persuadé qu’il va atteindre son pic de forme. Sa première course est une série du 1500m, qu’il remporte d’une demi-longueur pour se qualifier pour la finale. Il est cependant clair que le Japonais Shiro Hashizume lui donnera du fil à retordre, puisqu’il a battu le record olympique lors de sa série.

De fait, Hashizume quitte son plot en trombe, mais Konno ne le lâche pas d’une semelle. Aux trois quarts de la distance, l’Hawaïen se hisse à son niveau, puis se porte lentement en tête alors que Hashizume semble fatigué. Konno augmente progressivement son avance jusqu’au mur qu’il touche pour la dernière fois en vainqueur, en battant le record olympique vieux de deux jours de son adversaire.

Il enchaîne avec le relais 4x200m nage libre, censé être une explication entre les États-Unis et le Japon. Les Japonais adoptent toutefois une tactique surprise, en plaçant leurs deux nageurs les plus rapides dans les deux premiers relais, ce qui leur permet de mener à mi-course. Mais Konno, qui s’élance dans le troisième relais, parvient à réduire le handicap de trois secondes à seulement 7 dixièmes, si bien que Jimmy McLane peut conduire les Américains vers la victoire et Konno décrocher une nouvelle médaille d’or.

Beaucoup s’attendent à le voir remporter une troisième médaille en or dans le 400m nage libre, mais il ne peut revenir sur le Français Jean Boiteux dans les dernières longueurs, malgré un nouveau sprint tardif dont il est coutumier.

Quatre ans plus tard, Konno gagnera une médaille d’argent avec le relais, bouclant ainsi son parcours olympique avec quatre médailles en quatre épreuves. La compétition de natation de 1952 lui apportera même une satisfaction supplémentaire : Konno épousera en effet plus tard sa partenaire Evelyn Kawamoto, elle-même double médaillée de bronze aux Jeux.

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