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IOC/OIS
Buenos Aires 2018

Judo : une démonstration d’universalité

La première journée des épreuves de judo de Buenos Aires 2018 a été marquée par un fait peu commun : les douze médaillés appartiennent en effet à douze pays différents, dont l’Inde et Tababi Thangjam, qui a dû ruser face à sa famille pour pratiquer un sport « réservé aux garçons ».

Deux épreuves hommes et une épreuve femmes figuraient au programme de la première journée de judo des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires 2018 qui s’est déroulée au Pavillon Asia.

Chez les hommes, dans la catégorie des moins de 55kg, le Biélorusse Artsiom Kolosau (BLR) a remporté l’or en battant le Mongol Temuujin Ganburged. Kolosau a dû batailler lors de ces JOJ pour essayer de suivre les conseils de son entraîneur, c’est-à-dire rester joyeux et détendu pendant la compétition.

« Comme vous pouvez le voir, je suis quelqu’un de très sérieux au quotidien », a-t-il déclaré. « Je ne fais du judo que depuis quatre ans. Je n’ai que 17 ans et gagner cette médaille est donc un rêve."

L’Ukrainien Oleh Veredyba et l’Autrichien Daniel Leutgeb se sont partagé la médaille de bronze.

Chez les moins de 66kg, l’Azéri Vugar Talibov (AZE) a remporté l’or devant le Russe Abrek Naguchev, alors que le bronze est revenu à l’Espagnol Javier Pena et au Dominicain Antonio Tornal.

Du côté féminin, la médaille d’or de la catégorie des moins de 44 kg est revenue à la Vénézuélienne Maria Gimenez qui a battu en finale la surprenante Indienne Tababi Thangjam.

 

Cette dernière a ainsi été récompensée après des années de disputes et d’entraînement en secret pour vaincre l’opposition de sa famille.

En grandissant, Tababi Thangjam a risqué régulièrement la colère de ses parents pour améliorer sa technique dans un sport dont ils répétaient qu’il était "réservé aux garçons".

« Je me suis entraînée en secret sans leur dire », a confié Tababi, âgée de 16 ans. « Quand ils l’ont découvert, ils m’ont dit que je n’avais pas le droit. Ils m’ont demandé pourquoi je faisais du judo au risque de me blesser et que je ferais mieux d’étudier ou de faire autre chose. »

« Parfois, ils ont essayé de m’empêcher d’y aller, mais je me suis toujours sauvée. Ça les a mis en colère, mais j’adorais ça (le judo), surtout l’esprit de combattant. »

Tababi Thangjam est une combattante née. Elle a régulièrement participé à des bagarres dans la rue, mais manquant de force, elle devait toujours s’incliner.

MARIA GIMENEZ (VEN) et TABABI THANGJAM (IND) (CIO/OIS)

« J’étais un garçon manqué, je me battais toujours avec les garçons, mais j’étais vraiment frustrée d’être si faible », dit Tababi. « Les garçons se moquaient de moi et même les filles me battaient toujours. »

« Mais le judo a changé ma vie. Je suis devenue plus forte et tout à coup, tout le monde m’a respectée. Personne n’osait plus me défier, même les garçons plus grands. »

Sa réussite dans ce sport a fini par convaincre sa famille. Après avoir remporté des médailles dans de nombreuses compétitions internationales, y compris l’or aux Championnats asiatiques cadets de judo en 2017, Tababi Thangjam bénéficie maintenant de leur appui total.

Pour son entraîneur, Chingkheinganbi Huirem, ancienne championne d’Inde, l’histoire de Thangjam présente des parallèles avec sa propre éducation.

« J’ai moi aussi dû fuir mes parents pour faire du judo », dit-elle. « C’est courant dans de nombreuses régions pauvres de l’Inde. En tant qu’entraîneurs, nous devons convaincre (les parents) que c’est bon pour les filles, que cela leur apprend l’autodéfense et le respect de soi. Mais quand ils voient le succès de filles comme Tababi, tous les parents veulent que leur fille devienne comme elle. »

KIMY BRAVO BLANCO (CUB) et AVIER PENA INSAUSTI (ESP) (CIO/OIS)

Certains des moments les plus émouvants sont cependant dus à la Kosovare Erza Muminoviq, qui a remporté le bronze, tout comme la Croate Ana Puljiz. Il s’agissait de la première médaille du Kosovo lors de Jeux Olympiques de la Jeunesse d’été, puisque le pays n’a été reconnu comme membre du Comité International Olympique (CIO) qu’en 2014.

« C’est si émouvant que je ne trouve pas les mots pour le décrire », a déclaré Erza Muminoviq. « Cette médaille ressemble à une victoire. Nous avons remporté une médaille d’or olympique lors de notre première participation en judo à Rio, ce qui était énorme, et maintenant j’ai pu gagner une médaille olympique. Je pense que ce sera très important chez nous. »

C’est aussi l’avis de Memli Krasniqi, membre du Comité National Olympique du Kosovo : « Nous sommes un petit pays, mais nous avons un grand cœur », a-t-il souligné. « Le judo est le sport le plus important chez nous. Tous les combats d’Erza ont été retransmis en direct aujourd’hui et beaucoup de téléspectateurs étaient devant leur écran. »

Jeux Olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires 2018

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