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Joséphine Pagnier, le présent et l'avenir du saut à ski français

Pour l'hiver 2019-2020 qui s'annonce, il n'y a qu'une seule athlète en équipe de France féminine "A" de saut à ski : Joséphine Pagnier, 17 ans.  La Coupe du monde, et les JOJ de Lausanne 2020 en janvier, à domicile à Prémanon, sont à son programme. Entretien croisé avec la jeune championne et Damien Maitre, l'entraîneur en chef du groupe féminin.


Damien Maitre, pouvez-vous nous décrire les qualités de Joséphine ?

Joséphine a de vraies qualités techniques. Elle a une très bonne capacité à voler. Mentalement, elle est très costaud et elle sait être compétitive. Elle a un gabarit de sauteuse à ski, elle est faite pour ce sport. Ce qui lui a permis de se révéler cette saison, c'est sa capacité à se prendre en mains et à être maître de son projet. Malgré son jeune âge, elle est totalement au centre de son projet, elle a compris qu'elle en était la pièce maîtresse, elle n'attend pas les autres pour avancer.

Elle se donne les moyens de réussir. C'est ce qui fait la différence en ce moment.

Joséphine, peut-on dire que vous avez grandi au pied du tremplin de Chaux-Neuve ?

Oui. J'habitais à un kilomètre, dans le village de Chaux-Neuve, et mon papa travaille comme responsable du site de saut à ski, donc j'y étais très souvent. Je ne me souviens même plus de la première fois où j'y suis allée, ni même de la première fois où j'ai sauté. J'ai d'abord fait beaucoup de ski de fond et de ski alpin ; j'ai vraiment commencé le saut vers l'âge de 7 ou 8 ans. C'est tout de suite devenu une passion. Au début quand on est petit, on s'amuse à remonter, c'est assez ludique et il y a vraiment une belle ambiance

Comment envisagez-vous votre carrière sportive ?

Je pense aller le plus loin possible, en me faisant plaisir. J'ai gagné des épreuves de l'Alpen Cup

en 2017, mais les plus grands moments de ma jeune carrière, c'est d'avoir pu débuter en Coupe du monde lors de l'hiver 2018-2019. On acquiert bien plus d'expérience lorsque l'on découvre le très haut niveau. C'est cela qui me passionne en fait, courir en Coupe du monde, aux championnats du monde et aux Jeux Olympiques.  

Josephine Pagnier Lausanne 2020

Vous voilà prête pour les JOJ de Lausanne 2020 !

Les JOJ sont une étape importante dans ma carrière, je vais pouvoir acquérir encore plus d'expérience ; participer à un grand événement comme celui-là va être impressionnant. C'est sympa que les compétitions se disputent à Prémanon, j'ai la chance d'habiter à 45 minutes du tremplin. Mais que ce soit à Prémanon ou ailleurs, ce sont de toutes façons les JOJ et c'est vraiment cool. Nous nous sommes entraînées plusieurs fois sur le tremplin des Tuffes, il est super. Je dirais toutefois que ce n'est pas parce que le tremplin est bien que l'on va bien sauter. Les résultats dépendent de nous, pas du tremplin !


Damien Maitre, comment préparez-vous votre athlète ?

Notre démarche ne concerne pas seulement Lausanne 2020, elle est centrée sur la pérennité. Joséphine, qui est aujourd'hui notre meilleure athlète, a l'ambition de faire une belle carrière. Les JOJ seront une étape, une expérience. Que ce soit la Coupe du monde ou une épreuve d'un jour comme celle-là, notre obsession, c'est l'obligation de moyens plus que les résultats : se donner les moyens d'être performant. Je ne connais pas toutes les filles qui seront là, mais il y aura notamment la championne du monde junior russe Anna Shpyneva. Le niveau sera élevé, nous le savons. Au lieu de nous concentrer sur le niveau des autres et sur les performances de Joséphine par rapport aux autres, nous préférons nous focaliser sur ce que nous avons à faire et sur les moyens que nous mettons en œuvre. L'objectif pour les JOJ, ce sera de tout mettre en œuvre pour qu'elle puisse donner le meilleur d'elle-même, et surtout qu'elle apprenne, qu'elle puisse en retirer quelque chose.

Joséphine, qu'attendez-vous de votre participation aux JOJ de 2020 ?

Mon objectif à 17 ans, c'est d'avoir une carrière assez longue en obtenant des résultats significatifs. Lausanne 2020, c'est pour moi une étape. Ma vie ne se jouera pas là-dessus.

Je m'attends à une super ambiance, j'ai hâte de voir la façon dont ce sera organisé. Le village olympique par exemple… ce sera quelque chose de totalement nouveau pour moi. Quand à mes résultats, ils dépendront de la façon dont je me ferai plaisir ; ils suivront.


Et vous, Damien Maitre,  quelles sont vos attentes ?

Aujourd'hui, je m'occupe du groupe féminin qui évolue en Coupe du monde, mais avant, j'étais responsable des jeunes. Je suis allé aux JOJ d'Innsbruck en 2012 et de Lillehammer en 2016. J'ai vu des médaillés qui n'ont pas forcément été performants après cela ; il y en a en revanche qui ne sont pas montés sur le podium mais qui se sont illustrés au plus haut niveau ensuite ; et j'ai vu des médaillés qui ont réussi au niveau supérieur. Pour être honnête, ce qui importe le plus, c'est la façon dont on aborde l'événement et ce que l'on en retire. Quoiqu'il se passe, il faudra en tirer des enseignements pour continuer à avancer. Dans la préparation, notre mission, c'est de donner les moyens d'être les meilleurs possibles. Joséphine va vivre une super expérience.

Avec le travail qu'elle réalise, elle peut se projeter vers les Jeux de Beijing 2022, et avoir cette expérience deux ans plus tôt, avec un événement comme celui-là ; c'est une super opportunité, une vraie chance qu'il va falloir saisir. Le village, les règles olympiques, la pression, ce sont des choses qui ne se passent qu'aux Jeux, il faut donc se donner les moyens d'être le plus performant possible et malgré tout d'apprendre, avec un œil sur 2022, voire 2026, parce qu'elle est encore très jeune !


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