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2016 Getty Images
Date
28 mai 2018
Tags
Actualités Olympiques , Rio 2016 , Singapour , Natation
Actualités Olympiques

Joseph Schooling bouscule la hiérarchie des bassins pour remporter la première médaille d’or olympique de Singapour

En remportant la toute première médaille d’or olympique de Singapour au 100 m papillon aux Jeux de Rio 2016, Joseph Schooling a atteint le statut de superstar. Son exploit est d’autant plus prodigieux qu’il est monté sur la plus haute marche du podium aux dépens de Michael Phelps et ses 28 médailles d’or !

Lorsque Joseph Schooling a rencontré son héros d'enfance à l'âge de 13 ans, il pouvait difficilement imaginer que huit ans plus tard, il priverait le meilleur olympien de l'histoire de sa cinquième médaille d'or à Rio.

C'est pourtant ce qui s'est produit. Le 12 août 2016, le jeune Singapourien de 21 ans s'impose en signant un nouveau record olympique de 50 sec 39, devançant Phelps de 75 centièmes alors que le Sud-Africain Chad le Clos termine troisième.

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Du sang olympique dans les veines

Né en 1995 avec du sang olympique dans les veines - son grand-oncle a été le premier athlète de Singapour à participer aux Jeux Olympiques en 1948, Joseph est encouragé à laisser libre cours à son amour pour la natation dès son plus jeune âge par des parents qui ont eux-mêmes fait carrière dans le sport.

Il commence à connaître le succès dès l'âge de quatre ans, et à huit ans, il réveille son père pour qu'il le conduise à l'entraînement à 4h30 du matin.

Grâce à l'intervention paternelle, Joseph Schooling va même plus tard pouvoir reporter son service militaire obligatoire de deux ans, ce qui lui permettra de continuer à progresser dans le bassin sans interruption.

À 13 ans, Joseph Schooling déménage en Floride pour s'entraîner avec Sergio Lopez, entraîneur de classe mondiale. Pourtant, il le reconnaît, sa première année va épouser une courbe d'apprentissage difficile : "J'étais un peu pourri gâté à Singapour quand j'étais gosse, je n'ai jamais eu de contraintes… Le réveil a été brutal." Heureusement, son rêve de Jeux Olympiques l'aide à surmonter la tentation de tout plaquer pour rentrer chez lui.

Encore adolescent, il se qualifie pour les Jeux de Londres 2012 après avoir remporté le 200 m papillon aux Jeux d'Asie du Sud-Est de 2011. Mais en Angleterre, il vit un cauchemar et manque les demi-finales après avoir perdu temporairement sa concentration, en raison d'un bonnet et de lunettes non conformes qu'il a dû changer juste avant le départ de sa série. Cela a une incidence sérieuse sur sa confiance et il va mettre environ six mois à s'en remettre.

"Cela a été probablement l'une des expériences les plus horribles de ma vie, se souvient-il. Je ne voulais plus nager."

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Remise du compteur à zéro

Rétrospectivement cependant, le jeune olympien considère aujourd'hui cet incident comme une expérience positive.

"Je suis content que ce soit arrivé. Cela m'a fait mûrir, en tant qu'athlète et en tant que personne. C'est le genre de revers dont on a parfois besoin pour découvrir qui on est réellement, analyse-t-il. Si on veut vraiment y arriver, il faut oublier tout ce qui s'est passé et aller de l'avant. Le compteur se remet à zéro tous les quatre ans."

Sa détermination retrouvée, il se fixe pour objectif une médaille à Rio. Quand ses parents lui disent qu'ils le regarderont chez eux devant la télé, il répond : "Maman, je vais monter sur le podium. Tu ne viens pas ? !"

Le pays tout entier va s'arrêter pour regarder Joseph Schooling assurer sa victoire et à son retour, il est accueilli comme une star de cinéma. À son arrivée, l'aéroport déborde de fans et on fait la fête dans les rues. En son honneur, une orchidée est même baptisée la Dendrobium Joseph Schooling.

"L'accueil dont j'ai bénéficié à mon retour m'a procuré une sensation encore plus forte que la victoire, dit-il. Auparavant, la culture du sport n'existait pas à Singapour et voir cette lueur d'espoir pour la scène sportive du pays, je pense que cela a sensibilisé beaucoup de gens."

Aujourd'hui étudiant à l'Université du Texas et entraîné par Eddie Reese, qui a dirigé l'équipe olympique des États-Unis à deux reprises, Joseph Schooling sera l'objet de toutes les attentions à Tokyo 2020. Eddie Reese est d'ailleurs persuadé que le Singapourien peut réaliser des choses encore plus grandes : "Il est loin d'être aussi rapide qu'il le peut", prédit l'Américain.

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