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Date
16 févr. 1984
Tags
Sarajevo 1984 , Ski alpin , États-Unis d'Amérique , Actu CIO

Johnson, héros non conventionnel, concrétise ses promesses dorées

À Sarajevo, Bill Johnson a dévalé la pente menant à la gloire olympique en devenant le premier skieur américain masculin à remporter une médaille d’or en ski alpin. Tout s’est d’ailleurs passé comme il l’avait prévu.


L’itinéraire de Johnson jusqu’au sommet du ski démarre alors qu’il est un adolescent agité. Il se procure une paire de skis et débute en compétition. En descendant les pentes du mont Hood, dans son Oregon natal, le jeune homme réalise alors qu’il tient là un moyen positif de canaliser son énergie.

Ce sont toutefois des petits démêlés avec la justice qui le placent véritablement dans le sillon de la gloire olympique à 17 ans. Reconnu coupable d’une tentative de vol de voiture, il tombe sur un juge compatissant qui reconnaît son talent et lui propose de choisir entre la prison et une école de ski. Fort judicieusement, Johnson opte pour cette dernière solution.

Deux ans plus tard, son talent et son courage dans l’épreuve pour kamikazes de la descente lui valent d’intégrer l’équipe américaine de ski et de faire ses débuts en Coupe du monde en 1983, avec une sixième place respectable à la clef. Sa cote grimpe ainsi au même rythme que son inébranlable confiance.

Lorsqu’il se présente à Sarajevo, Johnson clame à qui veut l’entendre que l’or lui est promis. Le jeune Américain déborde de confiance, d’autant plus qu’il a créé la sensation dans la course du Lauberhorn, en Coupe du monde, un mois plus tôt en Suisse.

Même si cette victoire est remarquable, le bilan de sa saison est mi-figue, mi-raisin et l’épreuve reste la chasse gardée des skieurs suisses et autrichiens. Et dans les médias, les détracteurs de Johnson ne se privent pas de critiquer son arrogance déplacée.

Lorsque la descente olympique a enfin lieu sur le Mont Bjelasnica, après trois reports pour cause de mauvais temps, Klammer, qui s’élance le troisième, perd rapidement tout espoir de bien figurer.

Johnson saisit alors sa chance et signe une descente fulgurante sur un parcours davantage taillé pour les monstres de la vitesse que pour les techniciens. Son chrono de 1’45’’59 est un soupçon plus rapide que celui de son rival le plus proche, le Suisse Peter Muller, et il décroche l’or.

Cette victoire miraculeuse assomme la hiérarchie bien établie du ski européen et fait grimper en flèche l’audience télévisée aux États-Unis. Klammer, qui a peut-être oublié son propre triomphe olympique stupéfiant, huit ans plus tôt à Innsbruck, qualifiera cela de « fiasco mineur ». Mais le sacre est bel et bien celui de Johnson.

Grâce à ce titre olympique et à deux victoires supplémentaires en Coupe du monde, à Whistler et Aspen, l’Américain bouclera sa saison à la troisième place.

L’exploit qu’il a réalisé à Sarajevo reste l’un des grands morceaux de bravoure du ski et la victoire de ce héros non conventionnel fournira son scénario à un film américain.

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