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Date
03 août 2012
Tags
Londres 2012 , Actu CIO

Jessica Ennis, l’acier de Sheffield

La scène est prête pour la britannique Jessica Ennis qui a fait ses débuts olympiques à domicile. Tom Pountney, de la Revue Olympique découvre comment la championne du monde d’heptathlon de Sheffield s’est forgé un mental d’acier pour gagner l’or à Londre

Jessica Ennis avait dix ans lorsque l’heptathlonienne britannique Denise Lewis a concouru aux Jeux Olympiques à Atlanta en 1996. Cet été là, elle a gagné une paire de chaussures d’entraînement grâce à ses résultats au camp d’athlétisme de la piste aux étoiles à Sheffield. Elle y a aussi rencontré Toni Minichiello, l’entraîneur qui la suit depuis 15 ans.

Sa mère, assistante sociale, a grandi près de Sheffield tandis que son père, peintre décorateur, vient de la Jamaïque. Ni l’un ni l’autre n’était doué en athlétisme, mais du haut de ses 1,62 m, leur fille n’a jamais vraiment compté sur la physiologie génétique pour réussir.



Quatre ans plus tard, Jessica Ennis regardait Denise Lewis, enveloppée de bandages, remporter l’or de l’heptathlon olympique dans le 800 m à Sydney, alors même que, blessée au tendon d’Achille, elle était près de se retirer avant le javelot.

Trouver la force

«Être heptathlonienne c’est être forte et au meilleur de votre forme», explique Jessica Ennis, 25 ans et de 15 cm plus petite que l’Ukrainienne Nataliya Dobrynska, championne olympique en titre. «Et mentalement aussi. Vous avez beaucoup de hauts et de bas. Parfois, et en dépit des blessures, vous devez trouver la force de réagir et de surmonter la douleur.»

En mai 2008, à 22 ans, elle s’est presque vu retirer cette possibilité, entravée dès le premier jour de l’Hypo Meeting de Götzis en Autriche, par une triple fracture au pied droit. Le docteur de l’équipe a déclaré qu’elle n’avait plus aucune chance de concourir. Dévastée, Ennis dut se retirer de la compétition et des Jeux Olympiques qui suivaient à Beijing la même année.

Après 12 mois de repos, cette diplômée en psychologie est revenue à la charge avec son meilleur temps au 800 m et le nombre total de points le plus élevé, ayant changé de pied d’appel au saut en longueur. À peine quatre mois plus tard à Berlin, elle remportait les Championnats du monde de 2009, exorcisant ainsi les démons de Götzis, en réalisant son meilleur lancer de poids et son meilleur temps au 200 m, accomplissant ainsi un retour exceptionnel.



Aujourd’hui, avec l’or des Championnats d’Europe de 2010 à Barcelone, Jessica Ennis a obtenu un meilleur résultat, à seulement huit points du record britannique d’heptathlon vieux de 11 ans qui ne tient plus qu’à un fil. «C’est fabuleux d’être si près du record, reconnaît-elle. Mais avant tout, je souhaite réaliser de bonnes performances et gagner des médailles.»

"Un grand rôle à jouer en 2012"

«Avoir raté Beijing me restera à l’esprit, avoue-t-elle. Mais des Jeux chez moi, on ne peut rêver mieux.» Et le public britannique soutient sa fille en or. «Évidemment cela rajoute de la pression mais je n’en faisais pas partie il y a quatre ans, c’est donc appréciable d’avoir un grand rôle à jouer en 2012 et c’est d’autant plus spécial que les Jeux sont ici en Grande-Bretagne

Les rudes exigences de son épreuve rendent la saison très longue et toute éventualité possible. «L’heptathlon est un défi permanent. Vous n’avez la possibilité de concourir que deux fois par an. C’est donc une compétition rare qui ajoute énormément de pression à ces deux jours. C’est plein de hauts et de bas et la marge d’erreur est tellement grande: j’adore ça!»

Une allure en sprint est de classe mondiale

La force mentale avec laquelle elle surmonte la pression, les blessures et les désavantages physiques la propulse sur le dessus du panier et même si elle admet que les lancers demeurent son point faible, ils s’améliorent. Son allure en sprint est de classe mondiale comme elle l’a démontré dans le 60 m haies en battant l’Américaine Lolo Jones, double championne du monde en salle.

Une incitation pour les jeunes du pays tout entier

Toute jeune, Jessica Ennis a attrapé le virus olympique. Aujourd’hui l’espoir de médaille d’or espère que les Jeux à Londres seront une incitation pour les jeunes du pays tout entier à pratiquer un sport.  «À Sheffield, il y a plein d’enfants qui viennent ici [à l’Institut anglais du sport] et qui veulent participer aux Jeux Olympiques. Il y a des groupes d’entraînement et des stages d’été pour les plus jeunes. C’est positif d’avoir les Jeux chez nous, cela peut leur donner de l’inspiration. Ils peuvent être l’avenir de l’athlétisme.»

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