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Jayna Hefford, l'enfant chérie du hockey sur glace continue de faire progresser son sport

hefford ice hockey canada 2010 Getty Images
Il a suffi d'une première médaille d'argent à Jayna Hefford à la toute première finale de hockey sur glace féminin aux Jeux de Nagano en 1998 pour la pousser, elle et son équipe, à décrocher quatre médailles d'or consécutives. Aujourd'hui commissaire de la ligue canadienne de hockey féminin, la joueuse la plus décorée de l'histoire consacre désormais son temps à faire progresser ce sport... 


Jayna Hefford était là dès le début et elle est restée au sommet pendant 16 ans avant de tirer sa révérence. L'athlète a joué un rôle crucial dans l'image et la perception de son sport. C'est bien de cela, et non pas de la collection record des médailles qu'elle a récoltées au fil de sa carrière, dont elle est la plus fière :

"Ces premières années ont vraiment été révélatrices, car très peu de personnes à travers le monde savaient que les femmes jouaient au hockey, même ici en Amérique du Nord", explique-t-elle en référence aux Jeux Olympiques d'hiver de Nagano 1998 qui ont accueilli le hockey sur glace féminin pour la première fois.

"Aujourd'hui, ce sport occupe une place très importante dans la culture canadienne, et plus généralement en Amérique du Nord. Cette impression d'avoir joué un rôle dans l'évolution d'un sport, de l'avoir aidé à rayonner et à s'imposer est formidable."

Beaucoup de choses ont changé depuis que Jayna Hefford, alors âgée de 20 ans, glissait pour la première fois sur la patinoire de Nagano aux côtés de ses coéquipières. Leur air ébahi semble à présent bien lointain. Les pionnières olympiques ont savouré cette occasion d'enfin pouvoir s'entraîner correctement et ont rapidement prouvé ce dont elles étaient capables.

hefford ice hockey canada Getty Images

"L'évolution des matchs d'une édition des Jeux Olympiques à l'autre était considérable", remarque-t-elle. "Tous les quatre ans, les matchs gagnaient en rapidité et les joueuses devenaient plus imposantes, plus fortes et plus habiles. Lors des dernières éditions auxquelles j'ai participé, les programmes d'entraînement et tous les préparatifs étaient clairement devenus plus intenses."

Trois facteurs ont poussé Jayna Hefford à continuer, même quand son rôle de pionnière est devenu compliqué à endosser. Le premier est assez simple : elle avait une chance que beaucoup d'autres s'étaient vu refuser.

"Avant ma génération, de très nombreuses femmes n'ont jamais eu le droit de jouer, ou alors elles devaient payer pour jouer, et elles n'ont pas eu l'occasion de participer à des Jeux Olympiques", explique Jayna Hefford, originaire de l'Ontario.


Sa deuxième source de motivation, commune à de nombreux grands athlètes, était sa ferme volonté de "toujours se lancer des défis et s'améliorer".

Enfin, elle souhaitait réparer et effacer un événement de son palmarès : la défaite 3-1 du Canada, pourtant donné favori, contre les États-Unis lors de la finale de 1998. 

"Malheureusement, le hockey est un sport où l'on perd une médaille d'or, pas où l'on gagne une médaille d'argent. Nous étions assez déçues. Cette défaite m'a sans aucun doute poussée à me dépasser pour les Jeux Olympiques suivants."

Jayna Hefford n'a jamais laissé cette douleur ressurgir. Aux Jeux Olympiques suivants, à Salt Lake City en 2002, elle marque le but décisif contre les États-Unis en finale et décroche l'or. Elle triomphe à nouveau à Turin en 2006 et à domicile à Vancouver en 2010 devant une foule en liesse. Elle ne quittera pas la première marche du podium, même à Sotchi en 2014, après une victoire presque inespérée. Avec deux points de retard, à seulement quatre minutes de la fin du match, l'équipe de Jayna Hefford réussit à reprendre le dessus et à décrocher un quatrième titre olympique consécutif. C'est la première fois qu'un but est marqué en prolongations lors d'une finale olympique féminine.

hefford ice hockey canada Getty Images

"C'est difficile de choisir un moment [préféré], il y en a plusieurs qui me viennent à l'esprit", confie Jayna Hefford. "Chaque édition des Jeux Olympiques a ses particularités. On se retrouve avec un groupe de personnes différentes et de nouveaux défis à relever en équipe. Je garde un doux souvenir des cinq équipes dont j'ai fait partie. Nous avons vécu beaucoup de choses ensemble."

En outre, Jayna Hefford, une joueuse remarquable dès ses jeunes débuts, n'a jamais été dérangée par la pression toujours plus forte exercée sur elle et ses coéquipières, telle Hayley Wickenheiser, tout au long de leur parcours exceptionnel.

Nous avons toujours considéré cette pression comme une force, et non pas comme un poids. Jayna Hefford

"Au Canada, on s'attend toujours à gagner l'or. Les autres couleurs n'existent pas en hockey", confie-t-elle dans un sourire. "Nous avons appris à faire avec cette pression. Je me suis toujours dit que c'était positif, car ça voulait dire que ça avait de l'importance dans le cœur du public. S'il s'attendt à ce que l'on gagne, c'est que notre victoire comptait pour lui. "

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Hors du terrain, les moments forts ont été nombreux : jouer aux côtés du héros de son enfance, Wayne Gretzky, lors de ses premiers Jeux ou encore rencontrer le Canadien Brian Orser, double médaillé d'argent olympique en patinage artistique. Pourtant, ce qu'elle retire avant tout de son expérience olympique est simple :

"Le plus important, ce sont les personnes qui se tiennent à vos côtés. On a la chance de faire plein de choses incroyables, de voyager à travers le monde, de vivre dans le village olympique, de rencontrer tous les athlètes... Mais en fin de compte, on est presque exclusivement avec nos coéquipières. En quatre ans, on passe par beaucoup de moments difficiles et par beaucoup de moments extraordinaires avec elles. Nous apprenons à travailler en équipe et à nous respecter mutuellement."

"Tout le monde est différent, mais nous trouvons une façon d'atteindre ensemble un objectif commun. J'en reviens toujours à mes coéquipières. C'est ce qui me manque le plus et ce pour quoi je suis la plus reconnaissante."

hefford ice hockey canada Getty Images

Mère de trois enfants, Jayna Hefford a raccroché ses patins de compétition à la fin de l'année 2014. Cependant, elle n'a jamais cessé d'œuvrer pour son sport. En effet, après avoir pris sa retraite de joueuse, elle est devenue entraîneure, avant d'endosser le rôle de commissaire de la ligue de hockey professionnel féminin. Elle est également consultante pour l'Association des joueuses professionnelles de hockey.

"Les Jeux Olympiques sont l'apogée de notre sport, mais ils n'ont lieu qu'une fois tous les quatre ans. C'est pourquoi nous nous devons de mettre en avant les joueuses de hockey entre chaque édition", explique-t-elle. "Les Jeux ont prouvé que le hockey féminin avait de l'importance, que le public appréciait ce sport et qu'il voulait le regarder. L'audience est très élevée dans de nombreux pays."

Et de conclure : "Il faut réussir à maintenir cette dynamique entre chaque édition des Jeux Olympiques."

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